Bilan

La biométrie entre en action à Lausanne

La startup OneVisage veut se passer des mots de passe que l’on connaît aujourd’hui. Reconnaissance faciale 3D ou encore principe de gamification, elle a de nombreuses idées.

Christophe Remillet, CEO, a fondé OneVisage en 2013, après avoir été hacké deux fois dans la même semaine.

Crédits: Onevisage

«Un système biométrique ne donne pas 100% de garantie. Si quelqu’un dit cela, c’est une erreur», affirme Christophe Remillet. Le CEO de la startup OneVisage s’active pour trouver des réponses aux questions de sécurisation de demain. Les personnes jonglent habituellement avec leurs mots de passe. Parfois, il faut des chiffres, des majuscules ou des caractères spéciaux. Pourtant, des brèches de données surviennent régulièrement. Des sites internet comme haveibeenpwned.com indiquent si une adresse mail a fuité sur des sites tiers. «De nombreux services affirment que tout est sécurisé, mais en réalité il y a une quinzaine de failles de données par jour.» Selon Swisscom, dans 51% des cas, un mot de passe faible en est la cause.

Une nouvelle manière de s’authentifier: reconnaître des objets dans un monde virtuel, dans un ordre précis. (Crédits: Onevisage)

Christophe Remillet a fondé sa startup après avoir été hacké deux fois dans la même semaine, en 2013. «On m’a piraté ma carte bancaire aux Etats-Unis, puis quelqu’un a pris le contrôle de mon e-mail», se souvient-il. OneVisage se concentre sur la biométrie faciale en trois dimensions. Un capteur recrée le visage en 3D puis le convertit en modèle mathématique crypté, ledit modèle étant stocké sur le téléphone, laptop ou tout autre médium que l’utilisateur peut contrôler. Lors de l’authentification, la technologie Premier Face de OneVisage compare en temps réel le modèle mathématique capturé avec le modèle stocké sur l’appareil. La technologie peut aussi être intégrée dans des solutions plus avancées en la combinant avec d’autres facteurs d’authentification. «On peut, par exemple, vérifier qu’il s’agit de la bonne personne à son poste de travail et autoriser uniquement les accès qui lui sont accrédités», explique Christophe Remillet.

Au contraire d’Apple et de son Face ID, Premier Face de OneVisage se positionne en brique technologique universelle. «A l’instar des solutions biométriques des fabricants d’appareils mobiles, nous ne faisons pas d’analyse de vos données privées et ne les partageons pas avec des parties tierces comme les annonceurs publicitaires!», affirme le patron. «Quelques banques sont tombées dans le piège de la facilité et ont décidé d’utiliser un service sans se poser les questions d’utilisation des données, d’indépendance technologique, de contrôle du modèle économique et des responsabilités engagées d’un point de vue juridique. Pourtant, certaines informations sont très sensibles», observe le CEO. S’assurer que seules les bonnes personnes puissent les consulter est primordial. «C’est bien entendu une question de niveau de risque et de coût supportable pour la fraude.»

Réinventer le mot de passe

OneVisage travaille actuellement sur une nouvelle manière de rentrer son mot de passe. La zone de texte s’en irait pour laisser place à un monde virtuel en trois dimensions. «Cela peut être Times Square ou le centre-ville de Tokyo.» Là, les utilisateurs devraient sélectionner une suite d’objets dans le bon ordre pour s’authentifier. Dans sa version de démonstration, OneVisage compte actuellement 2000 combinaisons pour un objet. L’objectif est de monter ce chiffre à un million d’objets secrets possibles par ce monde virtuel 3D. «Je ne vais pas lâcher mes équipes techniques tant qu’en moins de 5 secondes il ne sera pas possible d’avoir un niveau de sécurité équivalent à un code pin de 12 caractères», plaisante le Lausannois.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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