Bilan

L'iPhone 6: atouts et faiblesses en dix rumeurs

Le 9 septembre, Tim Cook, CEO d'Apple, devrait lever le voile sur l'iPhone 6. Les rumeurs s'amplifient. Mais que révèlent-elles sur le nouveau smartphone: des atouts ou des faiblesses?

Une image de ce à quoi pourrait ressembler l'iPhone 6 selon un designer qui a pris en compte les principales rumeurs.

Crédits: Image: Steve Hemmerstoffer

Dans moins de trois semaines, l'iPhone 6 sera dévoilé au monde entier par Tim Cook, CEO d'Apple. Rarement la présentation d'un produit aura suscité autant d'attentes auprès du grand public. Depuis près d'un an, les rumeurs se succèdent: taille, forme, matériaux, fonctionnalités, longévité de la batterie, système de rechargement, prix, mémoire vive,... tout est sujet à supputations de la part des internautes et autres fans de la marque à la pomme.

Au fil de l'été, des annonces et des signatures de contrat entre Apple et ses habituels fournisseurs ont donné corps à certains bruits. Des documents ayant «fuité» semblent valider certaines hypothèses. Mais la sortie de cette sixième génération du smartphone imaginé par Steve Jobs soulève aussi quelques questions sur le plan du business. Alors qu'Apple régnait en maître incontesté sur ce secteur depuis la sortie du premier iPhone jusqu'à la commercialisation du «4», les concurrents, notamment asiatiques, ont pris leur envol depuis, mettant fin au leadership.

250 millions d'iPhones vendus depuis 2007

Et surtout, avec près de 250 millions d'iPhones vendus à travers la planète depuis 2007, certains observateurs se demandent si la nouvelle génération peut encore trouver un marché. Le succès des versions «5» et «5s» notamment conduit à s'interroger sur la volonté des détenteurs de changer d'appareil, et donc au rythme de renouvellement du parc.

A travers les rumeurs les plus solides, voici dix arguments en faveur et en défaveur d'un succès commercial du nouvel appareil. Alors, l'iPhone 6 sera-t-il un grand succès commercial?

1. NON, sa batterie est toujours faible. Selon des commandes et des contrats de fournisseurs d'Apple, les batteries devraient être plus endurantes. Certaines rumeurs évoquent 1810mAH pour le modèle à 4,7 pouces et même 2500 mAH pour le modèle à 5,5 pouces, contre 1560 mAH pour l'iPhone 5. Cependant, ces performances revues à la hausse sont aussi prévues pour accompagner un OS toujours plus gourmand en énergie, et surtout des écrans plus grands que ceux des modèles commercialisés actuellement, donc plus énergivores. En l'absence d'une surprise lors de la keynote du 9 septembre, l'iPhone ne devrait pas casser son image de smartphone à l'autonomie décevante.

2. OUI, il devrait y avoir deux modèles de tailles différentes pour ratisser plus large. Apple est-il menacé de schizophrénie? Steve Jobs avait toujours estimé que la taille idéale pour un smartphone était de 3,5 pouces. C'est pour cela notamment qu'il avait maintenu des iPhone de taille modeste tout en explorant les écrans de plus grande taille avec l'iPad. Depuis sa disparition, Apple a certes revu à la hausse la taille des téléphones, mais sans rivaliser avec Samsung, LG, Nokia et autres Huawei: aucun modèle n'a dépassé les 4 pouces pour le moment. Pour l'iPhone 6, Apple pourrait donc vouloir à la fois rester fidèle au mentor avec un «petit» modèle à 4,7 pouces (tout de même), mais aussi défier les autres constructeurs avec un grand modèle à 5,5 pouces. Une double offre sous le même nom d'iPhone 6 afin de ratisser plus large. Mais les concurrents ont déjà anticipé ce format revu à la hausse... et s'en moquent comme Samsung dans ce clip de pub.

3. NON, le grand format est trop proche de l'iPad. Alors certes, l'iPhone 6 grand format pourra concurrencer les smartphones de la concurrence avec un écran plus grand. Mais avec un iPad Mini à 7,2 pouces actuellement dans le commerce, les deux appareils ne risquent-ils pas de se télescoper, voire de se cannibaliser sur le marché? L'iPhone 6 fait entrer Apple dans l'univers des phablettes, mais certains détenteurs d'un iPad Mini équipé d'une carte SIM avaient déjà le sentiment d'y être. Ce sont eux qui pourraient être tentés de renoncer au nouveau smartphone. Et Apple, qui avait jusque-là pris soin de toujours bien distinguer ses appareils (smartphones, tablettes, laptop) prend le risque de brouiller sa communication.

4. OUI, l'écran est à l'épreuve de tous les chocs. Les rumeurs sur l'écran en saphir semblent se confirmer: le contrat passé entre Apple et la société GT Advanced Technologies et qui a fuité au printemps semble correspondre à une innovation liée à l'iPhone 6. Si certains ont vu là un investissement lié à l'iWatch, notamment en raison du coût élevé, qui aurait représenté une dépense moindre pour les petits écrans d'une montre que pour ceux d'un smartphone, les derniers bruits accréditent l'idée d'un écran de saphir pour l'iPhone 6, et spécifiquement pour la version grand format. Un choix innovant car ce matériau très onéreux est quasiment incassable et inrayable: les multiples tracas des détenteurs de smartphones seraient résolus avec cette technologie. En dehors du diamant, (presque) plus rien ne pourrait endommager l'écran. Si toutefois il le matériau intègre une part importante de saphir (à défaut d'être du pur saphir). Seul bémol: il se pourrait que seule la version grand format soit équipée, l'iPhone 6 en petit format conserverait un écran traditionnel et serait donc privé d'un des principaux atouts de cette nouvelle génération...

5. NON, le prix reste parmi les plus élevés du marché. Quand Apple a dégainé son premier iPhone en 2007, le marché des smartphones était embryonnaire: seuls quelques modèles s'affrontaient pour une part de marché très réduite dans le monde des téléphones mobiles. Révolutionnaire à bien des égards, l'Phone pouvait être vendu très cher. En jouant sur la carte de l'ergonomie, d'une utilisation intuitive et d'un design léché, la marque à la pomme a toujours maintenu des prix élevés: la version low cost de l'iPhone 5, le «5c» coûte de 599 à 779 francs; la version la plus poussée du 5, le «5s» se chiffre entre 779 et 999 francs (selon la mémoire). Difficile d'imaginer qu'une version nouvelle et donc améliorée puisse ne pas être plus chère. Or, Apple ne détient plus le quasi-monopole de 2007, mais a vu la concurrence se renforcer et proposer des appareils performants dès 400 francs. Si Apple reste souvent loué pour les mêmes qualités (design, prise en main, unicité des produits), la différence de prix avec les autres modèles sur le marché pourrait détourner certains clients.

6. NON, car la concurrence a désormais de l'avance dans certains domaines. La recharge sans fil? Nokia et d'autres proposent cette technologie depuis longtemps. Un capteur ultra-puissant pour l'appareil photo? Samsung avance avec 13 Megapixels sur son Galaxy Note S4. La technologie sans contact? Le NFC équipe des appareils avant qu'Apple ne réplique avec son iBeacon sur ses propres terminaux. Contrairement aux années 2000 où, sous la houlette de Steve Jobs, Apple donnait le tempo de l'innovation technologique, les départements R&D des concurrents grillent régulièrement la firme de Cupertino. Or, rares sont les rumeurs d'innovations technologiques majeures qui ont une crédibilité réelle dans la nébuleuse qui entoure l'iPhone 6. Il faudrait une réelle surprise pour que Tim Cook relègue loin derrière lui les concurrents.

7. OUI, car avec le HealthKit, l'iPhone devient un smartphone avec suivi santé. C'est l'une des grandes nouveautés de 2014, amorcée avec l'arrivée d'iOS8 et qui sera généralisée avec l'iPhone 6: le HealthKit est imaginé par les ingénieurs de chez Apple comme un hub vers le suivi santé du XXIe siècle, comme une extension connectée du dossier médical. En lien avec une série d'objets connectés, l'iPhone et le HealtKit pourraient mesurer et enregistrer puis transmettre des données comme le poids, le pouls, la tension artérielle, à des professionnels de la santé. C'est en ce sens notamment que Tim Cook avait signé un accord avec un prestigieux établissement de santé américain en juin, la Mayo Clinic, très engagé dans l'innovation.

8. OUI, il intègre la connectique de demain. Le nouveau port USB, le Lightning, a été annoncé depuis plusieurs mois. Mais aucun appareil à visée grand public ne l'a encore adopté. L'iPhone 6 pourrait être le premier à proposer une connectique réversible. Une facilité ergonomique qu'Apple applique déjà avec ses chargeurs aussi bien smartphone et tablette que laptop. Alors, prime à l'avance? C'est fort possible vu que l'USB Lightning est appelé à devenir la connectique phare de demain.

9. NON, car les clients en attendent trop. Un écran incurvé envisagé puis abandonné? Une sortie avant l'été repoussée pour finaliser un produit révolutionnaire? Un système de commande vocale Siri laissé en l'état sans amélioration notable? A force de laisser fleurir les annonces sans les confirmer ou les nier (ce que font d'autres constructeurs), Apple a laissé des attentes se développer chez ses fans. Certains pourraient être déçus si certaines révolutions espérées n'étaient pas au rendez-vous et se reportaient sur d'autres smartphones chez Android et Windows Phone. Cette tendance ne toucherait évidemment pas les aficionados d'Apple, mais pourrait impacter les clients plus versatiles, ceux qui opteront «de préférence» pour un iPhone, mais iront voir ailleurs si un autre produit est présenté comme plus innovant ou plus performant...

10. OUI, car Apple affiche une confiance surprenante. Avec 250 millions d'iPhones vendus entre 2007 et mi-2014, le smartphone siglé d'une pomme bat des records à chaque sortie. Même les deuxièmes générations cartonnent: si le «5c» reste à la traine dans les pays développés, il a atteint de jolis scores de vente dans les pays émergents, et en Europe comme aux Etats-Unis le «5s» a dépassé les attentes initiales d'Apple. Or, pour l'iPhone 6, Apple aurait commandé des pièces pour un volume de 70 à 80 millions d'unités, soit le plus important volume jamais commandé pour un iPhone. Le redressement des ventes de l'iPhone au début de l'année 2014 et le contrat signé avec China Mobile, plus important opérateur de téléphonie mobile au monde, donnent du crédit aux prévisions de Tim Cook et de son équipe.

 

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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