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L'internet des objets réunit PME, startups et leaders suisses

L'internet des objets s'annonce comme une des prochaines étapes de la vague numérique. Mais de la collecte des données à la sécurisation des objets en passant par la diffusion de ces technologies dans des applications toujours plus inattendues, quels sont les enjeux? Décryptage en amont du rendez-vous BusinessIn du 10 avril à Neuchâtel.
Crédits: DR

L’enceinte connectée fait son entrée dans de nombreux foyers ces derniers mois. En interrogeant l’assistant personnel, Alexa, Siri ou autre, l’utilisateur peut connaître son stock d’oeufs au frigo, lancer une vidéo sur son téléviseur ou régler son alarme. Des usages du quotidien. Mais si les objets connectés allaient bien au-delà et s’aventuraient dans les moindres recoins de la société? C’est ainsi que Felco Motion, une PME de la région de Neuchâtel, travaille sur un concept de sécateur connecté, à destination notamment des viticulteurs. «On sent que nos clients attendent cela. On peut imaginer un service global avec hardware et software, pour aider la prise de décision du viticulteur. Nous avons un SAV en ligne, mais on veut aller plus loin», explique Stéphane Poggi, responsable de la « petite soeur » du groupe Felco, spécialisé dans l’outillage.

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Si Felco Motion a notamment travaillé avec les étudiants et enseignants du master en innovation pluridisciplinaire de la HES-SO, Stéphane Poggi reconnaît que « les startups ont naturellement des liens plus étroits et plus forts avec les grands groupes qui les repèrent très tôt pour s’approprier leurs innovations, alors que les PME, qui auraient tout autant besoin de ces idées neuves, manquent de connexions avec les jeunes pousses ». Un constat que partage Yann-Amaël Aubert, de BrainIT, jeune startup dans le domaine de la collecte et de la valorisation des données: «Les PME n’ont pas toujours les moyens d’investir dans la R&D sur des secteurs qui ne sont pas le core business, ou d’intégrer les données qu’elles collectent dans des plateformes de plus en plus complexes. Avec BrainIT, on veut offrir cette flexibilité et ces compétences dont les PME ont besoin mais sans en avoir toujours les moyens ».

Des leaders mondiaux pour apporter leur expertise

D’où l’intérêt pour ces deux entreprises de prendre part à des rendez-vous qui cherchent à connecter les PME, moteur de l’économie suisse, et ces pépites de l’innovation qui fleurissent dans l’environnement des écoles, campus et laboratoires du pays. Ainsi est née la démarche BusinessIn, initiée par Suzanne Hraba-Renevey et Alexis Moeckli: «Notre démarche s’inscrit dans la stratégie InnoSuisse qui vise à renforcer les liens PME-startups. Nous avons intégré des pépites de l’innovation suisse et locale à nos rendez-vous, et au Latenium de Neuchâtel le 10 avril il s’agira notamment de faire un focus sur l’internet des objets (IoT)», confie Suzanne Hraba-Renevey.

«Certaines innovations sont parfois inattendues: qui aurait pensé à un sécateur connecté? Ce n’est pas forcément l’objet auquel on s’attend quand on parle IoT. Mais certaines de ces innovations constituent aussi des success-stories sur le plan humain aussi. Et cela permet aussi de voir les connexions PME-HES», ajoute Alexis Moeckli.

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Pas question cependant d’exclure des acteurs de plus grande taille, des leaders mondiaux comme la Suisse en compte un grand nombre. Ainsi, le 10 avril, c’est Kudelski qui viendra apporter son expertise en matière de sécurisation des données dans le cadre de l’IoT.

«La valeur ajoutée générée par les objets connectés dépend directement du type et de la quantité d’objets déployé, ainsi que des nouveaux scénarios d’utilisation. Les PME et les startups contribuent directement à cette évolution et démultiplient la diversité, selon leurs secteurs d’activités. Plus de 99% des entreprises suisses étant des PME, il est logique de répondre à leurs besoins. Kudelski met à disposition des solutions de sécurité IoT qui permettent aux entreprises de se concentrer sur leur métier tout en ayant la possibilité de maitriser les risques sécuritaires associé à l’hyper-connectivité, afin de garantir la pérennité de leur business», précise à ce sujet Jean-Michel Puiatti, senior vice president IoT security Kudelski Group.

Collecte, transmission, sécurisation: les défis des données

Cependant, cette tendance à intégrer de la connectivité dans l’ensemble des objets n’est pas sans défis. «Les entreprises comprennent bien l’augmentation du risque associé au objets connectés mais manquent de compétences, notamment dans le domaine de la sécurité des systèmes embarqués connectés, ainsi que de moyens pour aborder ces nouveaux problèmes de manière efficace. A cela s’ajoute le manque de talents disponibles dans ce domaine sur le marché de l'emploi, qui rends le recours à un expert externe souvent incontournable pour une PME ou une startup», ajoute Jean-Michel Puiatti. Un enjeu bien mesuré par les entreprises du secteur. «Nous exportons 90% des outils qu’on produit: il faut tenir compte des différentes législations, s’adapter et trouver des expertises par marché pour appréhender l’usage et la protection des données. Autre enjeu: le flux de transmission et le stockage des données. On va devoir assurer à nos clients que leurs données sont stockées de manière sécurisée et rassurantes/accessibles pour les détenteurs/clients», détaille Stéphane Poggi.

Et l’une des phases cruciales concerne la collecte et le transfert des données. Pour cela, BrainIT a mis au point une solution: «Du côté de la donnée, nous avons développé un module capable de chercher les informations sur n’importe quel appareil, peu importe le type de système, puis de transformer la donnée en information utile et facile à transférer en n’importe quel format au système du client », développe Yann-Amaël Aubert. D’où des potentiels notables dans de nombreux secteurs pour cette jeune pousse déjà active dans la logistique et la maintenance d’appareils de production.

Pour faciliter ces échanges et renforcer les passerelles, BusinessIn se veut global avec des pitchs d’entrepreneurs, mais aussi des jeunes pousses plus avancées. «Nous voulons des startups qui viennent avec des produits déjà disponibles sur le marché. Dans ce domaine de l’IoT, l’un des enjeux majeurs réside dans la capacité des objets connectés à traiter les données sur place, sans générer de flux énormes avec le cloud ou un serveur… Et puis il y a la suite de l’IoT: le big data et ses enjeux de stockage, de tri, de sécurisation et d’utilisation», évoque Alexis Moeckli, en évoquant le rendez-vous BusinessIn du 10 avril à Neuchâtel.

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Objets connectés: enjeux et opportunités, événement BusinessIn le 10 avril de 16h à 20h au Latenium de Neuchâtel. Informations et inscriptions sur le site de BusinessIn.

 

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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