Bilan

L'innovation boostée par les 100 millions du franc fort

Pour faire face au franc fort et soutenir les entreprises qui exportent, la Confédération avait alloué un crédit de 100 millions de francs en 2011. Trois ans après, un rapport salue l'utilisation de ces fonds en matière d'innovation.
  • Les entrepreneurs suisses ont pu se baser sur le crédit de 100 millions de francs pour déevlopper leurs activités.

    Crédits: Image: Eric Piermont/AFP
  • Le fonds de 100 millions de francs avait été alloué en 2011 afin d'aider les entreprises à faire face aux difficultées nées de la flambée du franc.

    Crédits: Image: Reuters
  • Les crédits sont prioritairement allés vers les PME exportatrices et innovantes.

    Crédits: Image: Reuters
  • Parmi les startups qui ont pu bénéficier du programme, les auteurs du rapport citent le projet InSphero (ici ses fondateurs).

    Crédits: Image: InSphero
  • Autre projet ayant bénéficié du programme de soutien: Jilion, né à Lausanne et dont voici les fondateurs.

    Crédits: Image: Nicolas Lieber

En 2011, le franc était passé en quelques mois de 1,40 franc pour 1 euro à la parité. Nombre de PME exportatrices avaient alors dû faire face à d'importantes difficultés. Via la Commission pour la technologie et l'innovation (CTI), le Conseil fédéral et le Parlement avaient débloqué un crédit de 100 millions de francs destiné à soutenir ces petites entreprises tournées vers les marchés internationaux. Près de trois ans après, un rapport vient d'être remis sur l'utilisation de ces fonds et l'efficacité de cette aide. C'est le centre d'études conjoncturelles KOF de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich qui a mené l'enquête.

Entre octobre et décembre 2011, 1050 dossiers de soutien avaient été déposés auprès de la CTI. Klara Sekanina, directrice de la CTI s'est rejoui de ce grand nombre de réponses: «Cela montre que les acteurs de l'innovation sont prêts à prendre des mesures lorsque des incitations appropriées sont proposées. Cela montre aussi que les acteurs suisses de l'innovation s'appuient sur les instruments mis en place par la CTI comme facteur de motivation». Au final, près d'un quart d'entre eux (245) ont pu obtenir une réponse positive et un soutien.

Relations entreprises/chercheurs plus intenses

Le ciblage des projets et des entreprises choisies a permis d'appuyer des acteurs clefs des échanges internationaux: les trois quarts des entreprises participant à des projets approuvés représentaient plus de 70% des exportations suisses, près des trois quarts étaient des PME, un tiers d'entre elles n'avait jamais été impliqué dans un projet cofinancé par le CTI, et 6% n'avaient jamais travaillé avec un établissement d'enseignement supérieur avant de s'engager dans cette voie. Acteurs installés et habitués à traiter avec des partenaires par-delà les frontières, mais aussi startups, avec des exemples phares comme les projets Insphero et Jilion.

 

L'étude menée par les experts du KOF sur l'efficacité de la mesure valide le choix de 2011: les projets innovants ont été stimulés et accélérés. Parmi eux, un certain nombre auraient été reportés voire annulés sans l'aide publique. Par rapport aux entreprises qui n'ont pas reçu d'aide dans le cadre du programme de la CTI, celles qui ont pu en bénéficier ont davantage misé sur l'innovation et la recherche et ont embauché plus de personnel dans ces domaines. Parmi les autres effets positifs, les auteurs de l'étude notent des relations plus intenses entre les centres de recherche et les entreprises concernées.

Critique sur le principe «premier arrivé premier servi»

Les auteurs du rapport conviennent que les contraintes de temps ont pesé sur les experts de la CTI et ses services administratifs afin de mettre le programme en action le plus vite possible. Mais, en dépit de ces conditions difficiles, ils évaluent comme «bonne à très bonne» la conduite du dossier, avec des procédures jugées «efficaces». L'organisation de 34 réunions d'évaluation des projets présentés dans un laps de temps très court est salué par le KOF, dont la seule critique d'importance réside dans le principe «premier arrivé premier servi», qui a abouti au rejet de 500 dossiers.

Plus de deux ans après la fin des évaluations par la CTI, l'évaluation du rôle de celle-ci est positive. Son président Walter Steinlin peut donc légitimement se réjouir que «la CTI a(it) créé des incitations appropriées et (que) cela a(it) eu un effet d'entraînement très fort entre les entreprises et leurs partenaires de l'enseignement supérieur, aboutissant à des réseaux étendus et densifiés et donc désormais en mesure de répondre rapidement et efficacement aux besoins de l'économie. L'objectif principal du projet initial a donc été atteint».

Ce rapport positif et même élogieux sur certains points conforte le choix fait par le Parlement dès le printemps 2012 d'allouer une enveloppe supplémentaire de 40 millions de francs pour soutenir l'innovation et les passerelles entre entreprises exportatrices et centres de recherche. Pour cette deuxième phase, 247 dossiers de candidature ont été déposés et 120 ont été retenus pour 38 millions de francs de soutien.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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