Bilan

L'heure H pour les montres connectées n'a pas encore sonné

Ces montres électroniques connectées à un smartphone avaient connu des débuts en fanfare. Mais les résultats ne sont pas au rendez-vous. La technologie n'est peut-être pas encore assez mûre, selon les experts.

Les montres connectées actuelles accumulent encore de nombreux inconvénients que le progrès technologique pourrait éliminer dans un futur proche.

Présentées il y a seulement trois ans comme LE bouleversement technologique à venir après le smartphone, les montres connectées ont du mal à se faire une place, comme en témoignent les derniers lancements timides.

Les débuts s'étaient faits en fanfare pour ces montres électroniques connectées à un smartphone permettant notamment de voir depuis son poignet les appels reçus, les messages ou les notifications des réseaux sociaux, sans sortir son téléphone de sa poche.

En 2015, les livraisons mondiales de smartwatches ont été multipliées par huit en un an, atteignant 40,3 millions d'unités, selon le cabinet Gartner.

Mais le rythme semble se ralentir considérablement, avec la livraison de seulement 60,4 millions de montres anticipée pour 2016, puis de 66,3 millions en 2017.

On est bien loin des 349 millions de smartphones livrés sur le seul premier trimestre.

"En 2014-2015, nous avons vu de nombreux groupes se lancer sur le marché des smartwatches. (...) Cette année, on observe qu'ils rallongent la période de remplacement des produits, car je pense que peu d'entre eux ont eu un réel succès" avec leurs montres connectées, explique Ian Fogg, analyste chez IHS.

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Ainsi, si Samsung a bien choisi de dévoiler la troisième version de sa montre Gear et Acer sa ZenWatch 3 au salon high-tech IFA de Berlin, qui a fermé ses portes mercredi, d'autres grands noms comme Sony ou Huawei sont venus cette année sans nouvelle montre.

Celui qui fait souvent la pluie et le beau temps dans l'univers de la high-tech, Apple, a promis aux acheteurs de la deuxième version de sa rectangulaire Apple Watch, dévoilée mercredi soir à San Francisco, de pouvoir chasser les petits monstres du jeu à succès "Pokemon Go" avec, mais aussi d'aller nager.

Pour rencontrer un public plus large que celui restreint des fans de high-tech, les fabricants doivent proposer plusieurs avancées technologiques, passant par une taille moins volumineuse et une batterie plus durable, considère Ian Fogg.

"Ce n'est pas du tout un marché en train de mourir, mais c'est un marché qui doit faire encore des progrès sur les aspects technologiques", à la fois sur "la connectivité et l'autonomie", abonde Jean-Raoul de Gélis, directeur général de Sony Mobile France.

"Une smartwatch qui doit être rechargée tous les jours, cela devient vite agaçant", estime-t-il.

Sony a présenté à l'IFA le concept d'une montre, FES Watch U, dont l'écran court non seulement sur le cadran mais aussi sur le bracelet, permettant de changer l'apparence totale de la montre en un clic.

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Avec sa Gear S3, Samsung promet maintenant trois à quatre jours d'autonomie et un écran toujours allumé. Mais son diamètre de 46 millimètres reste imposant.

Pour le chinois Huawei, les smartwatches doivent aussi cibler le domaine de la santé. "Les objets high tech portables évoluent dans la bonne direction, mais il y a peut-être une petite limite technologique dans le calcul des informations du corps" (pression sanguine, cholestérol, etc.), explique Kevin Ho, président de la division téléphones, de passage à Berlin.

Apple veut lui séduire les sportifs avec un modèle de l'Apple Watch Series 2 conçu avec Nike, un GPS autonome et une forte résistance à l'eau. "Ces capacités fitness accrues et le partenariat avec Nike vont continuer de faire avancer les ventes d'Apple Watch, mais sans créer le succès d'une véritable nouvelle catégorie de produits", comme l'iPhone il y a neuf ans, analyse Ian Fogg.

Entré tôt sur le marché de la montre connectée, le coréen Samsung veut désormais présenter ses smartwatches d'abord comme des montres. La ronde Gear S3 avec trotteuse et dateur doit ainsi son apparence à un designer de l'horloger suisse Hublot.

"Les horlogers traditionnels cherchent à introduire de plus en plus d'électronique dans leurs montres classiques. Nous, nous rapprochons notre montre connectée de la montre dite classique", souligne Guillaume Berlemont, directeur marketing produits mobiles chez Samsung France.

"D'ici deux ans environ, le marché deviendra juste celui de la montre tout simplement."

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