Bilan

L'Estonie sera le premier pays au monde à offrir une résidence virtuelle

Profiter des services d'un pays sans y vivre, sinon par le biais du web: c'est ce que va proposer l'Estonie, qui va être le premier pays au monde à offrir une résidence virtuelle aux citoyens étrangers qui le souhaitent.
  • L'Estonie a été plongée dans le web par plusieurs dirigeants successifs, dont l'ancien premier ministre Andrus Ansip.

    Crédits: Image: Raigo Pajula/AFP
  • Son travail en faveur des technologies numériques a valu à Andrus Ansip d'être candidat au poste de commissaire européen en charge du marché numérique: les autorités de l'UE sont en train de valider sa candidature.

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  • L'Estonie a été un des pays pionniers pour les formalités et procédures administratives en ligne, comme le vote à distance.

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Accéder à des services bancaires en ligne, suivre des cours, bénéficier du système de santé, mais aussi et surtout profiter de la l'homologation prochaine de la signature en ligne, instaurée par l'Estonie et que l'Union européenne va reconnaître comme valable au même titre que la signature traditionnelle pour des documents officiels: la e-résidence ou résidence virtuelle est une nouvelle possibilité de se rattacher à un pays qu'explore l'Estonie en avant-première mondiale.

Cette possibilité s'inscrit dans le cadre du programme e-estonia, lancé par les autorités du pays balte pour faire de leur pays un modèle en matière de technologie et de services connectés. Conscients des difficultés rencontrées pour voyager efficacement et du temps perdu dans les moyens de transports, les responsables estoniens ont souhaité faciliter les opérations à distance. Leur initiative vise notamment les entrepreneurs engagés en affaires avec des sociétés estoniennes, qu'ils soient clients, fournisseurs ou actionnaires de celles-ci, mais aussi les étudiants suivant des enseignements dans les écoles estoniennes ou encore les touristes.

Une initiative dédiée au business

Siim Sikkut, conseiller spécialisé en technologie auprès du gouvernement estonien, ne cache pas que son pays a mis en place cette possibilité pour développer le business: «Une fois l'identité digitale créée, les personnes qui auront souscrit à cette possibilité pourront, tout comme les résidents "traditionnels" estoniens, utiliser les services bancaires, entrer en affaires avec l'administration ou les services de l'Etat ou diriger une société», explique-t-il. Et le tout sans même se déplacer dans le pays balte à chaque fois qu'une formalité administrative doit être accomplie.

Attirer les compétences sans obliger ces personnes à s'installer en Estonie: c'est l'objectif prioritaire des décideurs politiques baltes. Pour faciliter leur implantation, Siim Sikkut annonce qu'«E-residency sera lancée sous forme d'une plateforme dédiée aux services numériques pour un public mondial, sans priorité aux Estoniens, pour tous ceux qui souhaitent mener leur business et leur vie dans l'environnement digital le plus pratique».

Andrus Ansip, du gouvernement à l'UE

Pour obtenir cette e-résidence, une procédure provisoire va être mise en place qui va obliger les candidats à se rendre à une reprise sur place, pour se soumettre à quelques formalités basiques dans un poste de police ou auprès d'un guichet des douanes ou des gardes-frontières estoniens. Mais une procédure simplifiée est attendue pour fin 2015, qui ne nécessitera plus de se rendre en Estonie, mais juste d'effectuer un passage dans une ambassade ou un consulat estonien n'importe où dans le monde. Cette deuxième phase verra également l'offre de services s'étoffer en plusieurs phases, avec une première extension dès début 2015.

L'offre de cette e-résidence intervient alors que l'un des principaux initiateurs de la politique pro-active de l'Estonie en direction du web et des technologies numériques, l'ancien premier ministre Andrus Ansip, qui a quitté son fauteuil de chef du gouvernement en mars, est en passe de devenir le nouveau commissaire européen en charge du marché numérique. Conscients de son volontarisme et de l'avance prise par le petit pays balte dans ce domaine, les élus du Parlement européen (qu'Andrus Ansip a rejoint lors des élections de juin) ont validé sans encombre son dossier lors des auditions des derniers jours.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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