Bilan

L'élection présidentielle américaine se jouera sur Snapchat

Obama est devenu président des Etats-Unis en 2009 grâce, notamment, à un recrutement précurseur de soutiens et d'électeurs sur Facebook. En 2016, l'application Snapchat doit jouer un rôle tout aussi déterminant que le réseau de Mark Zuckerberg il y a 8 ans.
  • Afin de séduire le jeune électorat, Hillary Clinton fait campagne sur Snapchat.

  • Donald Trump est moqué sur Snapchat notamment avec cette figurine coiffée de sa frange, lancée par son concurrent républicain Ted Cruz.

  • A côté des coulisses de la campagne, Hillary Clinton tente un contenu politique sur Snapchat.

Un enjeu majeur de l’élection présidentielle américaine de 2017 est de mobiliser les jeunes électeurs, afin qu’ils votent, voire s’engagent dans la campagne. En 2008, Obama avait conquis la nouvelle génération grâce à Facebook. En 2016, c'est Snapchat qui s'impose comme le meilleur vecteur pour s’adresser à cette population. Selon l’Institut Nielsen, les utilisateurs de cette application sont âgés à 86% de moins de 35 ans.

Créée en 2011 par deux étudiant de Stanford, Snapchat permet de diffuser photos et vidéos qui disparaissent une fois visionnées. Le réseau qui couvre aujourd'hui l'actualité et le divertissement revendique 200 millions d’utilisateurs, dont la moitié se connecte quotidiennement. Evaluée à quelque 16 milliards de dollars, la firme est l’une de ces fameuses licornes de la Silicon Valley, ces compagnies non cotées pesant plus d’un milliard.

Lire aussi: La seconde vie de Snapchat, le Facebook des jeunes adultes

Comptant sur le soutien traditionnel des jeunes, les démocrates sont en première ligne. Hillary Clinton a ouvert un compte où on la voit prendre le café ou en meeting. Mais la candidate a espacé ses publications ces derniers temps.

« Nous pourrions publier les mêmes contenus tous les jours », explique Emmy Bengtson, la directrice de sa campagne numérique au Guardian. L’équipe Clinton use de Snapchat pour faire passer des messages politiques, montrer les partisans célèbres et attaquer l’adversaire. Lorsque le républicain Donald Trump s’est déclaré pour l’interdiction de l’avortement, l’équipe Clinton a publié une « story » raillant le slogan du milliardaire : « Make America Great Again ». La séquence recensait tous les points de son programme jugés inacceptables.  

Inactif sur son compte SnapChat, Donald Trump est en revanche abondamment moqué sur le réseau. Son concurrent républicain Ted Cruz a lancé avec le slogan « Where is Ducking Donald » le logo d’un canard en plastique coiffé de la célèbre frange de Trump.

Trump passé à un filtre Snapchat et vomissant l’arc-en-ciel a aussi fait le tour du web.

Les snappeurs se moquent aussi volontiers d'Hillary Clinton, grâce aux filtres de l'application.

A 74 ans, le candidat de gauche Bernie Sanders se profile comme le plus actif sur le réseau, avec une équipe qui poste quotidiennement un compte-rendu de la journée de quelques secondes. Une démarche payante de la part d’un politicien, écologiste avant l’heure, adulé par la jeune génération. Le septuagénaire bénéficie de la plus grande communauté de « snappeurs », selon Snapchat qui ne publie pas le nombre d’abonnés contrairement à Facebook ou Twitter.

Les vidéos sont le plus souvent tournées par son conseiller Shannon Jackson, tandis que le conseiller digital explique au Guardian: « Le contenu n’a rien à voir avec ce que nous publions sur Facebook ou Twitter. L’idée est de montrer les coulisses de la campagne. »

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Le « post » de Bernie Sanders le plus populaire est celui où il met des paniers au basket avec ces petits-enfants dans le New Hampshire. 

Les candidats peuvent aussi financer des « geofilters » disponibles dans certaines régions que les utilisateurs peuvent intégrer dans leurs photos. Bernie Sanders en fait un abondant usage en fonction de ses déplacements, comme ici à New York.

Snapchat, c’est aussi le règne de la concision. Les vidéos standard durent 10 secondes. Snapchat dispose d'une rédaction propre et produit aussi ses propres news en résumant les débats présidentiels en quelques minutes de best-of. Les 18 à 24 ans ont été deux fois plus nombreux à suivre le premier débat républicain sur l’application qu’à le regarder à la télévision.

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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