Bilan

L.E.S.S. remporte le Prix Strategis

La start-up a deux ans mais déjà des contacts avec des géants de l’électronique pour vendre sa solution d’éclairage innovante. Elle s’attaque à un marché de plus de 7 milliards.

Yann Tissot et Simon Rivier ont créé leur start-up en 2012.

Crédits: Martin Heimann

Une start-up romande pourrait devenir l’un des acteurs les plus innovants de l’électronique mondiale. L.E.S.S. (Light Efficient Systems) remporte le Prix Strategis de la plus belle des manières en faisant un carton plein auprès du jury.

Pour le venture-capitaliste Alain Nicod, qui prévoit d’investir dans la jeune pousse, «L.E.S.S. a de quoi changer la donne dans le monde des écrans». Et de vendre dans le futur une solution innovante à des Samsung ou Apple. Rien que ça.

Yann Tissot et son équipe ont développé un concept original pour le rétroéclairage des notebooks et surtout des tablettes, un marché en passe de dépasser celui des PC. L.E.S.S. remplace les traditionnelles LED dont le nombre, la consommation et la nature amènent des contraintes lourdes dans le domaine des coûts et des possibilités techniques comme de fabrication.

«Nous sommes actuellement sur deux marchés, détaille Yann Tissot. D’un côté, celui de la vision industrielle qui pèse 1 milliard de dollars, de l’autre celui du rétroéclairage des écrans qui pèse plus de 7  milliards de dollars.» Sur le premier marché, L.E.S.S. vend déjà ses produits en petites et moyennes séries à des clients, horlogers notamment, pour améliorer leur contrôle qualité.

Gros succès mais une production limitée par les infrastructures modestes de la start-up, qui emploie 5 personnes sur le site de l’EPFL. «Nous organisons notre première levée de fonds pour 2,8 millions de francs, explique l’entrepreneur, afin de passer à une production plus importante, en Suisse et en Europe.»

Pour le marché des écrans, la discussion a débuté avec des partenaires importants aux Etats-Unis et au Japon, et l’ambition de L.E.S.S. est de voir sa solution embarquée dans une famille d’ordinateurs portables en 2016 afin d’imaginer un déploiement plus massif encore.

«Les Japonais sont les meilleurs quand il s’agit d’automatiser un procédé, raison pour laquelle nous nous sommes tournés vers eux comme partenaire de production.»

La solution imaginée par la société basée au PSE consiste dans le développement d’une fibre active du diamètre d’un cheveu par lequel transite un rayon lumineux qui remplace les leds.

Avantage: la technologie made in Switzerland s’avère moins gourmande en énergie, offre des avantages en matière de conception des objets (la flexibilité de la fibre lui permettra de se retrouver dans les écrans courbes ou flexibles), et ses coûts de production sont moindres.

De 5 à 12 collaborateurs

La start-up créée par Yann Tissot et Simon Rivier en 2012 a déjà toute une histoire, celle de ses fondateurs. Le premier a un parcours qui passe par l’EPFL, Oxford, Intel, Oerlikon Space puis la start-up Optotune. Le second est aussi un alumni EPFL passé ensuite par l’Institut Max Born de Berlin.

A eux deux, ils ont cette idée de remplacer une technologie led par une fibre active qui génère et distribue de la lumière blanche. La baisse de consommation par rapport à l’ancienne technologie permet «une augmentation de l’autonomie des outils ainsi équipés ou une augmentation de leur puissance de calcul sur la même batterie».

La levée de fonds recherchée sera la clé dans le développement de L.E.S.S., dont les ressources sont actuellement limitées. Si l’argent rentre et que le calendrier puisse être suivi, la start-up passera de 5 à 12 collaborateurs en fin d’année.

La reconnaissance est acquise, car outre le Prix Strategis elle a reçu plusieurs distinctions et a été sélectionnée par la Confédération pour intégrer le Pavillon suisse lors de la Foire de Hanovre la semaine dernière, un événement couronné de succès. 

Stéphane Benoit-Godet

<p>Rédacteur en chef du Temps, (ex-rédacteur en chef de Bilan)</p>

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Depuis le 1er janvier 2015, Stéphane Benoit-Godet dirige la rédaction du quotidien Le Temps. Il était le rédacteur en chef de Bilan de 2006 à 2015. Auparavant, il a travaillé pour les quotidiens La Tribune de Genève et Le Temps 1998-2003), journal dont il a dirigé la rubrique économique (fin 2000 à mi-2003). Juriste de formation, Stéphane a fait ses études en France à l'Université d'Aix-Marseille III. 

 

 

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