Bilan

L’art numérique entre dans les entreprises

C’est le bureau bâlois iart qui concevra l’animation multimédia du siège de Schindler. Il se personnalisera en fonction des visiteurs.

MegaFaces lors des JO de Sotchi: les selfies des visiteurs sur une façade cinétique.

Crédits: Dr

Le nouveau siège du groupe Schindler à Ebikon réservera une inauguration spectaculaire à ses visiteurs en 2018. Le fabricant d’escalators et d’ascenseurs a fait appel à iart, une entreprise particulièrement créative, pour concevoir l’animation multimédia de son centre visiteurs. Grâce aux technologies de l’internet des objets, celui-ci pourra se personnaliser en fonction du profil de ses visiteurs afin de leur offrir une expérience immersive présentant tel ou tel aspect de l’entreprise.

Pour iart, cette première grande commande «corporate» marque un tournant important. Elle fait entrer l’art numérique dans l’univers des entreprises. Iart est née à Bâle, en 2001, de la transformation du hobby de son fondateur, Valentin Spiess, en start-up. En relation depuis son adolescence avec un groupe d’artistes qui inclut des créatrices comme Pipilotti Rist, le jeune ingénieur les aide grâce à ses talents techniques. «Mon credo est d’utiliser la technologie comme une forme d’expression», explique-t-il. L’Exposition nationale de 2002 va lui servir de tremplin en prenant part à l’installation multimédia du cube de Jean Nouvel.

Selfies géants

De 2001 à 2011, l’entreprise va continuer de multiplier les réalisations, mais sa clientèle reste essentiellement publique avec, en particulier, celle des musées comme celui des transports de Lucerne. Avec l’extension de ses services, de la conception des projets à leur mise en œuvre, le monde de l’entreprise commence cependant s’ouvrir à ses 40 employés. 

Iart réalise ainsi toute la partie multimédia du Musée Mercedes-Benz à Stuttgart.Philips l’embauche aussi pour trouver des applications à sa technologie d’éclairage OLED. 

MegaFaces, une façade qui projette des visages géants en relief à partir de selfies commandés par un opérateur télécoms pour les JO de Sotchi, lui donne enfin une visibilité mondiale en 2014.

Après Schindler, des architectes stars viennent de faire appel aux artistes numériques d’iart pour la façade d’un building à Hongkong. 

Fabrice Delaye
Fabrice Delaye

JOURNALISTE

Lui écrire

Fabrice Delaye a découvert Internet le 18 juillet 1994 sur les écrans des inventeurs du Web au CERN. La NASA diffusait ce jour-là les images prises quasi en direct par Hubble de la collision de la comète Shoemaker-Levy sur la planète Jupiter…Fasciné, il suit depuis ses intuitions sur les autoroutes de l’information, les sentiers de traverse de la biologie et étend ses explorations de la microélectronique aux infrastructures géantes de l’énergie.

L’idée ? Montrer aux lecteurs de Bilan les labos qui fabriquent notre futur immédiat; éclairer les bases créatives de notre économie. Responsable de la rubrique techno de Bilan depuis 2006 après avoir été correspondant de L’Agefi aux Etats-Unis en association avec la Technology Review du MIT, Fabrice Delaye est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’EPFL.

Membre du jury des SwissICT Awards, du comité éditorial de la conférence Lift et expert auprès de TA-Swiss à l’Académie Suisse des Arts et des Sciences, Fabrice Delaye est l’auteur de la première biographie du président de l’EPFL, Patrick Aebischer.

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