Bilan

iTunes Radio secoue le streaming musical

Apple débarque avec ses 500 millions d’utilisateurs sur le marché de l’écoute de musique sans téléchargement. L’étau se resserre sur Pandora, Spotify et les autres acteurs du secteur.
iTunes Radio proposera des programmations sur mesure, générées selon les goûts des auditeurs. Crédits: Gianni Diliberto/fstop/Corbis

Avec l’annonce du lancement cet automne de la radio en streaming iTunes Radio, Apple amorce sa collaboration la plus ambitieuse avec l’industrie de la musique depuis la mise en ligne de son iTunes Music Store il y a maintenant dix ans.

A son catalogue numérique de morceaux vendus à l’unité, l’entreprise de Cupertino ajoute plus de 200 stations radio gratuites, financées par la publicité et qui s’écoutent sans télécharger de fichiers. Avec aussi des programmations sur mesure générées selon les goûts des auditeurs.

Ce modèle n’est pas révolutionnaire. Il se calque sur celui de la web radio Pandora. Cet acteur pionnier du streaming musical, fondé en 2000 et disponible uniquement dans quelques pays dont les Etats-Unis, compte 200 millions d’utilisateurs, dont 70 millions actifs par mois.

Pour Benoît Flamant, directeur gestion tech chez Fourpoints Investment Managers à Paris, Apple va mener la vie dure à Pandora: «Ce type de service, qui n’a pas de barrière à l’entrée, n’a rien qu’Apple ne puisse faire elle-même. Pandora a beau être une des premières à innover dans le streaming, Apple rassemble 500  millions d’utilisateurs dans le monde qui lui sont plutôt fidèles. Au final, pour le géant, ce n’est jamais qu’un service additionnel.»

Basée à Genève et diffusée en streaming dans une centaine de pays, la radio internet Traxx FM est bien consciente de ce que signifie l’irruption du mastodonte sur le marché. «L’arrivée d’iTunes Radio complique les choses, bien qu’elle fût attendue, commente le codirecteur Alexandre de Senger. Pour nous distinguer, nous investissons principalement sur la qualité de la programmation: chaque semaine, quelque 350 nouveaux titres sont programmés sur les 25 stations de radio que nous proposons, soit davantage que la plupart de nos concurrents.»

Accords avec les majors

Les radios en ligne ne sont pas les seules concernées. Accessibles gratuitement ou sur la base d’un abonnement mensuel, les catalogues de morceaux en streaming comme le suédois Spotify, le français Deezer, ou encore Soundcloud et Rdio pourraient aussi se retrouver sur un siège éjectable.

Ce n’est cependant pas l’avis des analystes du cabinet Forrester qui estiment que ces pure players ont finalement peu à craindre d’Apple «à condition que la compagnie ne retire pas soudainement leurs applications de l’App Store».

Pour Mike McGuire, analyste et vice-président de la recherche chez Gartner, «ce qui sera intéressant sur le long terme, c’est d’observer comment les artistes et les majors de la musique vont réagir. D’autant plus que Pandora et les autres services de streaming par abonnement font pression sur les ayants droit pour faire baisser les charges liées aux droits d’auteur.» Une stratégie qu’Apple pourrait vite démonter. D’après le Wall Street Journal, la marque à la pomme a conclu des accords sur les royalties qui profitent davantage aux maisons de disques que ceux noués entre ces dernières et Pandora. De quoi affaiblir les petits acteurs du streaming peu à peu.

Dino Auciello

ANCIEN RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT À BILAN

Lui écrire

Dino Auciello a été rédacteur en chef adjoint à Bilan, responsable de bilan.ch, de novembre 2014 à juillet 2017. Il a rejoint Bilan en 2010, après avoir terminé ses études à l’Académie du Journalisme et des Médias de Neuchâtel.

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