Bilan

«Israël devient une Scale-up Nation»

Daniel Roditi a créé, avec le soutien financier de la famille Berda, un nouveau fonds dédié aux jeunes pousses technologiques israéliennes.

Daniel Roditi s’est associé avec Liron Azrielant pour fonder Meron Capital.

Crédits: Nir Slakman

Malgré la pandémie, les levées de fonds dans la technologie en Israël ont connu une croissance inédite ces derniers mois. Avec un financement de 12,3 milliards de dollars obtenu au cours du premier semestre 2021, les startups israéliennes ont récolté en six mois davantage de capitaux que durant toute l’année 2020.

Daniel Roditi connaît bien cet écosystème. Il a travaillé à Genève dans une banque privée avant de s’installer en Israël pour se consacrer au capital-risque. Il vient de clôturer un deuxième fonds, destiné uniquement aux startups israéliennes. Parmi les investisseurs figure Port Noir, family office genevois de la famille Berda (active en Suisse principalement dans l’immobilier).

Quelles sont les différences entre les écosystèmes suisse et israélien?

Daniel Roditi En Israël, il y a une culture très entrepreneuriale. C’est un pays où les gens ont l’habitude et l’envie de prendre des risques. En Suisse, j’ai le sentiment qu’on valorise davantage des carrières dans de grandes entreprises. Cette éclosion d’une multitude de startups a généré un cycle vertueux capable de donner naissance à de nouvelles jeunes pousses. Les entrepreneurs réinvestissent dans l’écosystème et guident les nouveaux entrepreneurs.

Israël est reconnu pour ses meilleures performances dans la technologie algorithmique au profit d’autres sociétés (à l’exemple de Captcha, clés USB, etc.). Ce sont souvent des sociétés efficientes en capital et qui ont su bien résister à la pandémie.

En juin dernier, des startups israéliennes ont été cotées au Nasdaq ou ont fusionné pour un total de 38 milliards de dollars. Israël n’est plus seulement un pays de startups...

Effectivement. On parle désormais de Scale-up Nation. Jusqu’à présent, en Israël, la tendance était à la création de petites structures, rapidement revendues. Près de 600 startups sont créées chaque année. Désormais, de plus en plus de grosses entreprises prennent forme. Elles dépassent le milliard de dollars de chiffre d’affaires, voire les 10 milliards de dollars. Au cours du premier semestre 2021, 30 nouvelles licornes sont nées en Israël, portant leur nombre total à 84.

Quels sont les secteurs dans lesquels vous investissez, via vos deux fonds?

Nous repérons les startups très tôt, souvent même avant qu’elles n’aient vu le jour. Ces jeunes pousses ont pour la plupart été créées par des entrepreneurs issus d’unités d’élite de l’armée israélienne dont mon associée Liron Azrielant est elle-même issue, en tant qu’officière.

Notre premier fonds a investi dans 16 startups, dont quatre sont passées par un processus d’acquisition. Nous recherchons essentiellement des sociétés B2B et des sociétés actives dans la cybersécurité, l’intelligence artificielle, la biologie computationnelle, les technologies médicales ou la fintech.

Comment avez-vous convaincu le family office de la famille Berda?

Je connais Alexandre Berda depuis l’enfance. Liron Azrielant et moi-même avons créé Meron Capital en 2016, en lançant un premier fonds de 50 millions de dollars. Forts de ce premier succès, nous avons décidé d’en lancer un second. Au vu de notre relation avec la famille Berda, il était clair qu’elle allait y occuper une place importante.

Bloch Ghislaine NB
Ghislaine Bloch

Journaliste

Lui écrire

Ghislaine Bloch a découvert le monde de la vidéo et du reportage dès son adolescence. Après l'obtention d'un master à la Faculté des Hautes Etudes Commerciales de l'Université de Lausanne, elle démarre sa carrière à L'Agefi où elle effectue son stage de journaliste. Puis elle rejoint le quotidien Le Temps en 2004 où elle se spécialise dans les sujets liés aux start-up, à l'innovation, aux PME et à la technologie. Des thématiques qu'elle continue de traiter chez Bilan depuis 2019.

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