Bilan

iPhone, iPod, iPad,... pourquoi Apple n'a pas choisi iWatch

Pour quelle raison Apple n'a pas choisi pour sa smartwatch le même type de nom que pour ses autres produits? Le nom Apple Watch a pris la place du nom iWatch et rompu une tradition maison.
  • La smartwatch rompt avec les codes d'Apple par son nom, qui abandonne le préfixe i.

    Crédits: Image: Apple
  • Une startup de Fresno entendait développer via le crowdfunding une smartwatch baptisée iWatch, mais le projet a écoué.

    Crédits: Image: BERRI
  • Faute de pouvoir facilement racheter partout dans le monde le nom de la marque iWatch, Apple a choisi d'appeler sa smartwatch Apple Watch.

    Crédits: Image: DR

Depuis la fin des années 1990, Apple nomme (presque) tous ses appareils de la même manière: l'ordinateur fixe a été baptisé iMac, le lecteur de MP3 nommé iPod, le smartphone est devenu iPhone et la tablette iPad. Seuls quelques produits ont échappé au préfixe i, comme l'ordinateur portable baptisé MacBook.

En septembre dernier, lors de la keynote tant attendue, l'ensemble des observateurs s'attendait à voir Tim Cook poursuivre la politique de dénomination entamée par son prédécesseur Steve Jobs et dévoiler au monde entier une «iWatch». Or, le CEO d'Apple a finalement présenté une smartwatch baptisée «Apple Watch».

Pourquoi une telle rupture symbolique? Le nouveau CEO voulait-il imprimer sa marque sur la nouvelle ligne produits et rompre avec les pratiques de son mentor. La théorie a été envisagée par certains, mais jugée peu probable au regard de la filiation voulue entre les deux dirigeants d'Apple.

Une smartwatch par crowdfunding

La raison est finalement bien plus prosaïque. Une histoire de marque déposée, comme souvent dans l'horlogerie. Dès septembre 2012, ls startup de Fresno OMG Electronics (aujourd'hui disparue) avait déposé la marque iWatch. L'objectif était de créer une smartwatch en finançant le projet via le site de crowdfunding Indiegogo. Le projet a été déposé sur la plateforme de financement participatif et OMG Electronics ambitionnait de réunir 100'000$ en deux mois.

Or, au 25 octobre 2012, seuls sept contributeurs avaient été séduits et 1434$ réunis. Soit moins d'1,5% du total espéré. Le projet a donc été abandonné. Pourtant, la protection a perduré quelques mois de plus aux Etats-Unis. Une situation complexe.

Mais iWatch semble avoir été une marque très demandée depuis plusieurs années. Dès 2007, une société newyorkaise nommée M.Z.Berger & Co tente de déposer la marque iWatch aux Etats-Unis. Mais sa tentative échoue du fait de l'opposition du Swatch Group, qui a argumenté sur la confusion possible pour les clients de Swatch.

C'est au sein de l'Union Européenne que la marque iWatch est la mieux protégée. Depuis le 3 août 2008, la société Probendi détient les droits et avertit sur la homepage de son site web que des actions seront prises contre toute personne ou entité cherchant à s'approprier le nom qu'elle détient.

Les précédents de l'iPhone et de l'iPad

Contrairement à l'«affaire Apple Watch», avec un croquis déposé depuis 1985 par Leonard Timepieces, Probendi a immédiatement réagi au projet de smartwatch signée Apple. «Probendi Limited est la seule entité légalement habilitée à utiliser le nom iWatch pour des produits tels que l'Apple Watch au sein de l'Union Européenne, et prendra immédiatement toutes les mesures approrpriées sur le plan légal pour s'opposer à tout usage non autorisé du terme iWatch par qui que ce soit pour ce type de produit», avertit la société.

Certes, par le passé, Apple avait conclu un accord avec Cisco pour le droit d'utiliser la marque iPhone, puis avec deux sociétés (l'une taïwanaise, l'autre chinoise) pour les droits du terme iPad. Mais la firme à la pomme avait alors affaire à des interlocuteurs ouverts au dialogue et pas forcément conscients des success stories qui allaient découler des commercialisations du smartphone et de la tablette. Pour la smartwatch, les appétits allaient être aiguisés. Et devoir négocier sur plusieurs continents avec des startups, un groupe horloger suisse et une société affirmant d'emblée ses droits pouvait sembler plus ardu que lors de ces épisodes précédents. 

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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