Bilan

Impact Hub, l’esprit Google au cœur de Zurich

L’incubateur de start-up Impact Hub s’est associé à de grandes entreprises pour offrir à de jeunes talents un écosystème complet en faveur de l’innovation. Une antenne a ouvert à Genève.

A Zurich, l’Impact Hub disposera dès cet automne de quelque 250 places de travail.

Crédits: Urs Westermann

Flurin Capaul  sourit: «No wife, no kids, no car. J’ai le profil pour créer une start-up.» Après avoir travaillé quinze ans dans une grande banque suisse à New York et Singapour, l’ingénieur en informatique de 36 ans a quitté son job pour lancer la société Boonea. Il a développé un modèle qui permet aux entreprises de quantifier la valeur de leurs relations avec d’autres sociétés et de monétiser celles-ci.

«Je me suis installé ici, à l’Impact Hub, dès les débuts du projet. L’avantage es de bénéficier d’un cadre de bureau sans en avoir tous les frais et de rencontrer d’autres entrepreneurs. Les échanges sont très fructueux.» 

Les locataires de l’Impact Hub sont déjà plusieurs dizaines alors que les travaux de transformation de l’ancienne Ecole des beaux-arts (ZHDK) se termineront seulement cet automne. «Nous offrons quelque 250 places de travail sur 1700 m2. Les locataires s’inscrivent pour un nombre de jours variable par semaine. L’objectif est de créer ici un écosystème idéal pour l’innovation», indique Céline Tykve, porte-parole.

Un premier Impact Hub, avec 70 postes de travail, avait été créé avec succès en 2010 dans l’Ouest zurichois. Ce début d’année, Impact Hub a fusionné avec Colab, un autre incubateur orienté vers le logiciel, et s’est alors étendu dans de nouveaux locaux dans le centre, offerts gracieusement par la Ville et le Canton pour une durée de quatre ans.

Plusieurs success stories

L’Impact Hub a déjà généré une première success story avec urbanfarmers.com. Active aujourd’hui en Suisse et aux Pays-Bas, cette start-up, lancée en 2011, installe des potagers sur le toit des maisons. Issue de Colab, la fintech Klimpr est quant à elle connue pour son système de paiement de particulier à particulier sur smartphone.

Le nouvel Impact Hub est aménagé dans l’esprit de la culture Google. Grand open space que les occupants investissent en amenant leur ordinateur portable. Dans la cafétéria, décorée à partir de mobilier récupéré, règne une ambiance très berlinoise, à la fois créative et branchée.

L’opération compte deux partenaires, l’opérateur historique Swisscom et SIX, la société qui gère la Bourse suisse, qui soutiennent financièrement l’opération aux côtés de diverses fondations. «Nous sommes en discussion avec d’autres compagnies qui souhaitent s’impliquer», dévoile Céline Tykve. Il s’agit d’une tendance lourde. Les grands groupes reconnaissent maintenant à large échelle que l’innovation est à chercher en dehors de leurs murs chez de nouveaux acteurs et s’impliquent dans la promotion des start-up.

«Dans les grandes entreprises, les processus sont souvent longs, de même que les délais avant d’accéder au marché, reconnaît Jürg Schneider, à la communication du groupe SIX. L’Impact Hub offre un environnement plus flexible qui favorise l’innovation. Nous apportons de notre côté notre expertise technique.»

«Il est dans la stratégie de Swisscom de promouvoir le creuset d’innovation local, renchérit Christian Neuhaus, porte-parole de Swisscom. Notre collaboration avec l’Impact Hub passe par des événements et des workshops communs. Les cadres de Swisscom peuvent aussi bénéficier d’un programme qui a pour but de stimuler leur esprit d’entreprise et de leur faire découvrir d’autres méthodes de développement au contact des jeunes locataires.» 

Une filiale de l’Impact Hub a ouvert ce printemps à Genève dans le quartier des Grottes. Il s’y déroule tout le mois de septembre un work-shop sur les possibilités offertes par l’impression en 3D. 

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan et community manager pour le site bilan.ch, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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