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IA et humains s’affrontent dans une course de drones

Des pilotes qui affrontent des intelligences artificielles dans une course de drones: c'est l'idée d'AlphaPilot, un projet lancé par Lockheed Martin. L'entreprise américaine - surtout connue en Europe pour son implication dans le secteur militaire - invite la Suisse à participer.

Le pilotage de drone est devenu un sport à part entière, avec une ligue professionnelle aux Etats-Unis.

Crédits: DR

C’est la première fois que la Suisse est invitée à participer à AlphaPilot. Cette course de drones a pour particularité de compter des humains comme des intelligences artificielles comme participants. Elle a été créée en 2018 par Keoki Jackson, Chief Technology Officer de Lockheed Martin - une société mondiale active dans la sécurité et l’aérospatial.

Un laboratoire à ciel ouvert

Loin d’un simple affrontement pour savoir qui est meilleur pilote, l’événement vise à améliorer les drones autonomes. C’est pourquoi chaque laboratoire ou équipe compétent est invitée à développer sa propre IA. Celle-ci sera ensuite testée et devra - sans aucune intervention humaine - battre les professionnels du pilotage. Lockheed Martin et son partenaire de la Drone Racing League (DRL) proposent plus de deux millions de dollars de prix. 250 000 reviendraient à la première équipe qui dépasse un professionnel de la ligue.

Privilégier le civil

Le projet ne séduit pourtant pas les cadres de l’Ecole Polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), qui n’a pas souhaité encourager ses étudiants à participer. Le professeur Francesco Mondada, du laboratoire de systèmes robotiques explique ce choix. «Enormément de concours sont proposés à nos étudiants, et nous préférons les pousser vers ceux en accord avec nos valeurs».

Les valeurs en question sont la durabilité ou encore la gestion de l’énergie. Lockheed Martin insiste sur la séparation entre ses différents domaines d’activité. La société semble surtout connue en Suisse pour son implication militaire, mais elle vise des possibilités de recrutement. Si des étudiants venaient à se faire remarquer, cela pourrait leur ouvrir des perspectives d’emploi. Et ce, sans transfert de technologie puisque ce n’est pas mentionné dans les règles du jeu, selon un communicant de Lockheed Martin.

«On connaît très bien leur domaine d’activité» confirme Jean-Yves Barman, CEO de Smart City Swiss, une société spécialisée dans la sécurité des données. L’un des grands combats de Jean-Yves Barman et de ses collègues consiste à protéger les données. «Les forces de l’ordre s’équipant de drones Chinois de la marque DJI peuvent potentiellement envoyer des informations sensibles comme des données gps via les mises à jour» avertit le CEO.

Pour lui, le nerf de la guerre consiste à trouver comment protéger les données. Aussi, même s’il considère l’EPFL comme un leader en matière de drones, des garde-fous sont encore nécessaires. La question centrale de qui a accès à quelles informations.

Outre les valeurs, la question du temps est aussi centrale pour les étudiants de l’EPFL. «J’en ai vu plusieurs rater leurs études car ils se concentraient sur les concours» regrette le professeur Francesco Mondada. C’est une des raisons pour lesquelles la sélection de concours encouragés est stricte. L’école polytechnique fédérale de Zurich (EPZH) a pris la même décision que l’EPFL. Toutefois, des étudiants de ces deux écoles se sont inscrits au concours.

La Suisse: l’occasion de prouver l’efficacité de la Drone Valley ?

«Nous nous réjouissons de l’opportunité d’ouvrir cette compétition à la Suisse, et plus particulièrement à sa «Drone Valley», et de donner aux innovateurs suisses l'occasion de façonner l'avenir du vol autonome» a déclaré Jonathan Hoyle, vice-président de Lockheed Martin pour l’Europe. Si la course sera sans nul doute impressionnante, elle le sera sans la participation officielle des écoles polytechniques. Les inscriptions sont ouvertes jusqu’à fin février.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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