Bilan

Hyperloop pourrait rebooster Swissmetro

Le projet de train subsonique défendu par l’entrepreneur Elon Musk est proche de celui rêvé depuis vingt ans en Suisse. Il faut rouvrir ce tiroir.
Hyperloop. Les convois circuleraient dans un tube partiellement vidé de son air, jusqu’à 1220  km/h. Crédits: Musk/ Keystone

Depuis plus de vingt ans, l’histoire de Swissmetro est jalonnée par les enterrements et les résurrections. Ce projet de train à sustentation magnétique circulant à plus de 500  km/h dans des tunnels partiellement sous vide mettrait Berne à 15  minutes de Zurich ou 10  minutes de Lausanne.

Depuis 2009 et la liquidation de la société Swissmetro, une association Pro Swissmetro tente de continuer à faire vivre le projet. Elle a lancé en juin dernier une pétition en ligne pour mobiliser des Helvètes qui constatent l’encombrement croissant des réseaux de transport du Plateau. Surprise: elle vient de recevoir un soutien inattendu venu de Californie.

Quelques milliards d’écart

Là, le milliardaire Elon Musk a révélé le 12 août dernier un projet assez similaire de train susceptible de relier San Francisco à Los Angeles en 35  minutes. Capable d’atteindre 1220  km/h, cet Hyperloop ressemble beaucoup au concept de Swissmetro puisque, pour atteindre cette vitesse, les convois circuleraient dans un tube partiellement vidé de son air afin d’éviter les frottements.

La principale différence est que le projet américain prévoit des tubes en surface alors que Swissmetro emploierait des tunnels. Cela a un effet sur les coûts: une facture de 6 milliards de dollars pour Hyperloop contre une de 25 milliards de francs pour Swissmetro. Cela dit, cette dernière estimation date de 1997 et ne tient pas compte des progrès technologiques, en particulier dans l’électronique de puissance.

Surtout, Hyperloop va exercer plusieurs influences sur Swissmetro. D’abord, il crédibilise le projet suisse. Cofondateur de PayPal et crédité d’une fortune de 7,7 milliards de dollars construite à partir de zéro en à peine quinze ans, Elon Musk (42   ans) est un entrepreneur aux succès extraordinaires avec le fabricant automobile Tesla ou dans la privatisation du spatial avec SpaceX.

Au point qu’il est le mieux placé pour succéder à Steve Jobs au panthéon des entrepreneurs de la Silicon Valley. De plus, Hyperloop fait de Swissmetro un produit potentiel d’exportation, au-delà de sa capacité à projeter les transports suisses dans le XXIe siècle comme à conforter notre image de pays innovant.

Fabrice Delaye
Fabrice Delaye

JOURNALISTE

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Fabrice Delaye a découvert Internet le 18 juillet 1994 sur les écrans des inventeurs du Web au CERN. La NASA diffusait ce jour-là les images prises quasi en direct par Hubble de la collision de la comète Shoemaker-Levy sur la planète Jupiter…Fasciné, il suit depuis ses intuitions sur les autoroutes de l’information, les sentiers de traverse de la biologie et étend ses explorations de la microélectronique aux infrastructures géantes de l’énergie.

L’idée ? Montrer aux lecteurs de Bilan les labos qui fabriquent notre futur immédiat; éclairer les bases créatives de notre économie. Responsable de la rubrique techno de Bilan depuis 2006 après avoir été correspondant de L’Agefi aux Etats-Unis en association avec la Technology Review du MIT, Fabrice Delaye est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’EPFL.

Membre du jury des SwissICT Awards, du comité éditorial de la conférence Lift et expert auprès de TA-Swiss à l’Académie Suisse des Arts et des Sciences, Fabrice Delaye est l’auteur de la première biographie du président de l’EPFL, Patrick Aebischer.

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