Bilan

Hyetis sort la première smartwatch suisse

La première montre intelligente entièrement suisse est sortie des ateliers de Hyetis. La start-up, établie à Gland (VD), a su damer le pion aux géants horlogers helvètes.
  • La Red Line Alpha Pro est, selon son concepteur, le Genevois Arny Kapshitzer, «la première montre réellement intelligente».

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  • Vue de face. la montre contient un contrôleur de pulsations cardiaques, un capteur de saturation du sang, un thermomètre, un calculateur de pas, un GPS et des contrôles pour la gestion des messages reçus ainsi que de la musique présente sur votre smartphone.

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  • Arny Kapshitzer, CEO de Hyetis (avec une partie de l'électronique de sa smartwatch).

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  • Un ingénieur présente la Hyetis Alpha (série RedLine) sur un écran.

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«Une montre intelligente, c'est avant tout une montre qui donne l'heure... toujours. Sans pile et sans batterie.» C’est autour de ce constat simple qu’est née la Red Line Alpha Pro, la première smartwatch suisse mais surtout, selon son concepteur, le Genevois Arny Kapshitzer, «la première montre réellement intelligente».

Car pour le patron de Hyetis, les géants de l’électronique que sont Samsung ou Apple n’ont pas produit des montres, mais «des mini-tablettes à porter au poignet, toujours dépendantes de la charge de leur batterie et de leur grand frère téléphone. Nous cherchions la quadrature du cercle: l’indépendance totale et la connexion immersive que permet la technologie actuelle», ajoute Arny Kapshitzer, actif depuis de nombreuses années dans l’horlogerie traditionnelle.

Carbone et étanche

La solution? Marier le meilleur des deux mondes. D’un côté donc, un mouvement mécanique automatique très compact, éprouvé et de fabrication suisse, l’ETA 2671. De l’autre, une électronique développée par le St-Gallois Escatec, selon les spécifications de Hyetis. Au milieu, une dizaine de très jeunes ingénieurs chargés de marier les deux univers et de concevoir une couche logicielle maison.

Basé sur Unix, le système d’exploitation de la montre pilote les différents capteurs, affiche les résultats et assure la connexion bluetooth avec votre téléphone (Androïd ou iOS). Seront entre autres présents: un contrôleur de pulsations cardiaques, un capteur de saturation du sang, un thermomètre, un calculateur de pas, un GPS et des contrôles pour la gestion des messages reçus ainsi que de la musique présente sur votre smartphone.

Entièrement habillée de carbone et étanche, l’Alpha coûtera 3950 dollars, premier prix. Les courageux qui ont investi plus de 1000 francs en crowdfunding et qui ont été à plusieurs reprises priés d’attendre, «recevront une Hyetis Alpha en attendant la future Crossbow», relève encore Arny Kapshitzer pour qui cette smartwatch «est la proposition la plus novatrice et la plus équilibrée du marché».

500 000 montres par an

La cible, justement? «Les gens qui veulent une vraie montre du XXIe siècle, qui tiennent à être connectés et ont les moyens de l’être. «La gestion de la croissance sera cruciale», relève encore Arny Kapshitzer, qui estime à un million les investissements consentis.

«Nous pourrons bientôt en fabriquer 2000 à 50 000 par an, mais personne ne peut dire quel sera l’état du marché dans quelques mois.» Pour l’heure, il stagne, mais pour le patron de Hyetis, «c’est surtout parce qu’aucune proposition vraiment innovante n’a été faite jusqu’ici».

Charles-André Aymon

<p>Journaliste</p>

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Observateur toujours étonné et jamais cynique du petit monde genevois, Charles-André Aymon en tire la substantifique - et parfois horrifique - moelle depuis une quinzaine d’années. Tour à tour rédacteur en chef de GHI puis directeur général de Léman Bleu Télévision, il aime avouer à demi-mot n’avoir pas envie de se lancer en politique «parce qu’il ne déteste pas assez les gens». Ce regard mi-amusé, mi-critique permet au lecteur de passer indifféremment du détail au général et ainsi de saisir, même dans les péripéties locales, quelques-unes des ficelles qui meuvent le monde. 

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