Bilan

Google serait intéressé par un rachat de Twitter

Le cours de l'action Twitter s'apprécie à Wall Street ces derniers jours: la rumeur d'un intérêt de Google à racheter le réseau social provoque une hausse du titre sur les marchés financiers.
  • Et si Twitter intégrait le nid Google? C'est l'option envisagée par de nombreux acteurs des marchés financiers.

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  • Intégrer Twitter à l'écosystème Google représenterait un avantage certain pour la firme de Mountain View.

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Un premier bond de 3,3% en janvier, un nouveau saut de 4% ce mardi 7 avril. Le cours de l'action Twitter a vécu deux épisodes haussiers ces dernières semaines. Et ces deux hausses ont la même cause: le bruit dans les salles de marché comme quoi Twitter serait la cible prochaine de Google.

Ce n'est pas la première fois que le réseau de micro-blogging est annoncé dans le viseur de Google. Par deux fois déjà, en 2009 alors que Twitter émergeait à peine, puis en 2011, des rumeurs de tentative de rachat par la firme de Mountain View avait surgi. La première fois, la société de Larry Page et Sergei Brin aurait été en concurrence avec Microsoft. La seconde fois ils auraient proposé jusqu'à 10 milliards de dollars. Mais ces deux tentatives présumées se sont soldées par des échecs. En janvier dernier, la rumeur avait refait surface., comme c'est analysée dans cette vidéo de CNBC.

Cette fois-ci, comme lors des précédents épisodes, la rumeur gonfle sans s'appuyer sur aucun élément concret nouveau. Ce sont toujours les mêmes faits qui sont rappelés, comme l'épisode Blogger, la première plateforme fondée par Evan Williams et Biz Stone avant qu'ils ne créent Twitter et qu'ils avaient vendue en 2003 à Google.

Twitter valorisé entre 33 et 34 milliards de dollars

Mais la rumeur s'appuie surtout sur cette situation qui se prolonge: la difficulté de Twitter à générer des revenus de nature à faire passer ses résultats des chiffres rouges aux chiffres noirs. Pourtant, derrière l'intouchable Facebook, la plateforme ornée de l'oiseau bleu figure en deuxième position mondiale avec 288 millions de comptes utilisateurs actifs chaque mois. De quoi générer bien des convoitises.

Et malgré les chiffres moyens de l'entreprise, la valorisation de l'entreprise atteint aujourd'hui entre 33 et 34 milliards de dollars selon différents analystes américains. Or, peu de sociétés pourraient dégager suffisamment de cash pour mettre la main sur une telle entreprise. En dehors d'Apple, Microsoft et Oracle, seul Google pourrait avoir les reins assez solides pour s'engager dans une telle opération.

Cependant, sur les 65 milliards de dollars de liquidités détenues par Google, 38,7 milliards sont à l'étranger. Et rapatrier cette montagne de cash pour racheter Twitter obligerait le groupe de Mountain View à s'acquitter d'une importante note fiscale au préalable, de l'ordre de plusieurs milliards de dollars.

Mixer actions et cash

Une autre solution existe toutefois: acquérir Twitter en proposant un mix entre cash et actions, comme Facebook l'a érigé en modèle avec ses récentes acquisitions. Avec une valorisation de 360 milliards de dollars, le moteur de recherches (et ses nombreuses activités développées depuis une décennie) a des atouts pour se lancer dans cette voie.

Mais Google a-t-il intérêt à racheter Twitter? Avec Google+, Larry Page et Sergei Brin ont déjà un réseau social. Avec 300 millions d'utilisateurs mensuels, le réseau made in Google est plus répandu que Twitter (même si la croissance Google+ s'est essoufflée depuis 2013). Mais les chiffres sont trompeurs. Car Google+ entendait se mesurer à Facebook en étant un réseau social généraliste, ambition que n'a pas Twitter, conçu dès le départ comme un réseau social de micro-blogging avec des contenus courts et des liens, focalisé sur l'immédiateté.

Et c'est peut-être justement cette immédiateté et cette réactivité permises par Twitter qui pourraient intéresser Google, dont la plupart des offres sont davantage conçues sur le moyen et le long terme et non sur la réactivité à l'actualité. Alors que Facebook s'oriente de plus en plus comme un fournisseur de contenus et un portail vers des médias, l'intégration de Twitter permettrait à Google de rester dans la course.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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