Bilan

Google rachète une start-up d'anciens étudiants tessinois

Une start-up née d'un programme universitaire tessinois vient d'être rachetée par Google pour 500 millions de dollars. Le programme universitaire de Lugano est salué par la firme américaine.
  • Google vient de racheter DeepMind, une startup basée à Londres et dont plusieurs dirigeants et cadres ont effectué une partie de leurs recherches à Lugano.

    Crédits: Image: AFP
  • La startup a investi 500 millions de dollars pour acquérir cette société spécialisée dans les recherches au croisement de l'intelligence artificielle et des neurosciences.

    Crédits: Image: DR

Être l'objet d'une bataille entre Google et Facebook: nombre de créateurs de start-up rêveraient de ce sort. C'est ce qu'a vécu Shane Legg. Cet ancien étudiant de l'Université de la Suisse italienne, qui a réalisé son doctorat sous la houlette du professeur Juergen Schmidhuber, a ensuite fondé DeepMind à Londres, en compagnie de Demis Hassabis et Mustafa Suleyman.

DeepMind a basé son activité sur les technologies au croisement de l'intelligence artificielle et des neurosciences, en particulier dans les techniques d'apprentissage. La société se base sur les dernières technologies informatiques et sur les découvertes récentes des chercheurs spécialisés dans le système nerveux humain pour mettre au point des algorythmes destinés à faciliter les apprentissages et l'assimilation de connaissances.

Grâce à des algorithmes très élaborés, les réseaux assimilent des millions d'images en guise d'instruction puis se basent sur cette bibliothèque pour apprendre et appliquer les connaissances acquises à de nouvelles images. Les moteurs de recherche, le diagnostic médical, les véhicules sans pilote pourraient tirer profit de ces recherches à court ou moyen terme.

Le rôle du professeur Schmidhuber

Or, les recherches menées par cette startup doivent beaucoup au laboratoire de Juergen Schmidhuber: Shane Legg et trois autres collaborateurs de DeepMind (Alex Graves, Daan Wierstra et Tom Schaul) ont fait partie des programmes menés au sein du groupe de recherche consacré au deep learning auprès du laboratoire pour l’intelligence artificielle IDSIA, institut conjoint de l'USI et de la SUPSI, à Lugano.

«Les réseaux neuronaux artificiels (neural networks, NN) s’inspirent du fonctionnement du cerveau humain, et sont capables d'apprendre à accomplir des tâches complexes à travers un processus adaptatif», explique Juergen Schmidhuber, qui cite un des NN développés par ses équipes et qui est devenu le meilleur moyen de comprendre des textes manuscrits rédigés en français, arabe et chinois.

Si le groupe de Juergen Schmidhuber planche depuis 1989 sur cette thématique, les récompenses se sont multipliées ces dernières années. «Depuis 2009, nos recherches ont remporté neuf premiers prix de concours internationaux très compétitifs, dédiés à la reconnaissance visuelle. Dans certains cas, elles ont été les premières à offrir des prestations supérieures aux aptitudes humaines. Ce qui m'a plus particulièrement frappé, c'est que Shane ait pu parvenir à un résultat financier aussi important en sachant allier son esprit d'entreprise et ses connaissances dans le domaine du deep learning».

Alors que Google est engagé dans un très ambitieux projet de voiture sans conducteur, les recherches menées par DeepMind pourraient se révéler décisives. Et le rôle de l'université tessinoise est salué jusqu'à Stanford: «Le laboratoire de Juergen Schmidhuber a récemment obtenu de remarquables résultats en matière de reconnaissance des panneaux de signalisation par les véhicules», explique Andrew Ng, directeur du laboratoire d'intelligence artificielle de l'université de Stanford et responsable laboratoire du projet Large-scale deep learning chez Google.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

Du même auteur:

Offshore, Consortium, paradis fiscal: des clefs pour comprendre
RUAG vend sa division Mechanical Engineering

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."