Bilan

Google domine les olympiades de la robotique

Le DARPA Robotics Challenge qui se tient ce week-end en Californie confirme l’avance de l’entreprise dans la robotique.
  • Le robot humanoïde Atlas d'une filiale de Google sert à six des équipes engagées dans la compétition.

    Crédits: DR
  • Les androïdes doivent effectuer au mieux les huit épreuves semblables à celles rencontrées par un pompier sur le site d'une catastrophe naturelle.

    Crédits: DR

Pendant deux jours, le gigantesque parc d’expositions Fairplex de Pomona en Californie va se transformer en catastrophe de Fukushima virtuelle. Et 25 androïdes conçus par une douzaine d’universités américaines et autant du reste du monde vont s’y comporter comme des pompiers en conduisant un véhicule d’urgence, en se déplaçant au milieu des décombres, en grimpant une échelle ou en manipulant vannes et tuyaux à incendie. Huit épreuves au total, destinées à démontrer qu’un robot peut se débrouiller de manière autonome aussi bien qu’un homme dans l’environnement dynamique d’une catastrophe naturelle. Une olympiade qui va voir le triomphe de Google et de ses investissements récents dans la robotique.

Lancé en octobre 2012 par la Defense Advanced Research Projects Agency, une agence dépendant du Pentagone et dont le budget voisine les 3 milliards de dollars par an uniquement pour financer des projets externes, le Darpa Robotics Challenge s’inscrit dans la continuité d’autres défis techniques menés par cette agence à l’origine d’internet. En 2004, 2005 et 2007, ces DARPA Challenges sur les véhicules autonomes ont en définitive permis à Google d’acquérir les technologies de ces voitures sans pilote. Sera-ce le cas cette fois avec les progrès induits par cette compétition de robotique qui laisse augurer de robots pompiers – mais pourquoi pas aussi policiers ou soldats – dans un avenir proche?

Le mystère Schaft

Sans doute. D’autant plus qu’à la différence des voitures connectées, Google ne va pas récupérer la technologie victorieuse en 2005 – celle développée pour le Touareg Stanley par l’équipe de  l’informaticien allemand Sebastian Thrun  qui menait l’équipe de l’Université de Stanford. Cette fois, six des 25 équipes en lice, dont celle du MIT et de LockheedMartin, ont choisi de développer leurs logiciels d’intelligence artificielle sur la plateforme humanoïde Atlas de Boston Dynamics. Déjà connue pour ses robots s’inspirant d’animaux cette entreprise avait été acquise en décembre 2013 par le géant d’internet.

En outre, Google a, à la surprise générale, décidé de retirer de la compétition le robot Schaft acquis au près d’un spin-off de l’Université de Tokyo. En dépit que celui-ci soit sorti premier de la phase éliminatoire qui s’est tenue en décembre 2013 à Miami. Même si le vainqueur est en définitive coréen ou allemand , un doute va donc demeurer sur la possibilité qu’un androïde gardé dans le plus secret ne soit encore plus proche de ceux de la science-fiction.  Google gagne à tous les coups.

Fabrice Delaye
Fabrice Delaye

JOURNALISTE

Lui écrire

Fabrice Delaye a découvert Internet le 18 juillet 1994 sur les écrans des inventeurs du Web au CERN. La NASA diffusait ce jour-là les images prises quasi en direct par Hubble de la collision de la comète Shoemaker-Levy sur la planète Jupiter…Fasciné, il suit depuis ses intuitions sur les autoroutes de l’information, les sentiers de traverse de la biologie et étend ses explorations de la microélectronique aux infrastructures géantes de l’énergie.

L’idée ? Montrer aux lecteurs de Bilan les labos qui fabriquent notre futur immédiat; éclairer les bases créatives de notre économie. Responsable de la rubrique techno de Bilan depuis 2006 après avoir été correspondant de L’Agefi aux Etats-Unis en association avec la Technology Review du MIT, Fabrice Delaye est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’EPFL.

Membre du jury des SwissICT Awards, du comité éditorial de la conférence Lift et expert auprès de TA-Swiss à l’Académie Suisse des Arts et des Sciences, Fabrice Delaye est l’auteur de la première biographie du président de l’EPFL, Patrick Aebischer.

Du même auteur:

«Le prochain président relèvera les impôts»
Dubaï défie la crise financière. Jusqu'à quand'

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."