Bilan

Glassdoor: gare au TripAdvisor de l'emploi!

Salaires, ambiance, compétences des managers... La start-up californienne déballe tout grâce à des avis anonymes. Active en Suisse depuis 2015, la société vient de passer le cap du milliard de dollars de valorisation.
  • Fondée en 2007, Glassdoor vient de passer le cap d'un milliard de dollars de valorisation.

  • Le CEO Robert Hohman a travaillé chez Microsoft et Expedia avant de fonder Glassdoor.

  • Le président du conseil Richard Barton a précédemment cofondé la plateforme immobilière Zillow.

Et une nouvelle licorne ! La start-up Glassdoor a levé 40 millions de dollars début juin, ce qui lui permet de rejoindre le club des sociétés non cotées en bourse valorisées à plus d'un milliard de dollars.

Glassdoor ? Sorte de TripAdvisor des entreprises, le site publie les évaluations anonymes des employés concernant les CEO, les salaires, les entretiens d’embauche, l’ambiance de travail et des photos des locaux. Les avis sont publiés de manière anonyme. La plateforme renseigne sur les postes ouverts ainsi que les entreprises qui recrutent et propose à l’utilisateur des jobs qui pourraient l’intéresser en fonction de son profil.

Si les employeurs peuvent s’offusquer des commentaires négatifs publiés à leur endroit et y répondre, ils n’ont aucun pouvoir de censure. Le site représente pour eux en contrepartie l’opportunité de pouvoir cibler les meilleurs candidats. L’essor international actuel de Glassdoor atteste de la vitalité du marché virtuel de l’emploi, tandis que Microsoft vient d’acquérir LinkedIn pour la somme record de 24,2 milliards de dollars au début juin.

Lire aussi: Comment optimiser son profil LinkedIn

Glassdoor a été fondée en 2007 à Mill Valley dans la Silicon Valley par l’actuel CEO Robert Hohman, un ancien d’Expedia, le cofondateur de Zillow et actuel président Rich Barton et un autre ancien d’Expedia, Tim Besse. Le site accumule 12 millions d’avis sur quelque 500 000 compagnies dans sa banque de données.

Gratuite pour les utilisateurs, la plateforme - qui ne divulgue pas de chiffre - gagne de l’argent en vendant aux entreprises la possibilité d’améliorer leur profil et un meilleur accès à l’actualisation des informations. Quelque 4000 firmes utilisent déjà ces services, ce qui fait écrire à TechCrunch que Glassdoor dispose encore d’un fort potentiel de croissance sur la base du business model existant.

La société a annoncé en mai dernier le recrutement de 400 collaborateurs à Chicago et la construction d’un cinquième centre, après Londres, Dublin, Canton (Chine), l’Ohio qui suppléent au siège de San Francisco.

C’est une nouvelle ère qui s’ouvre au niveau de la transparence au sein des entreprises. L’échelle des salaires est ainsi révélée au grand jour, ainsi que les travers du management ou les dysfonctionnements internes. Impossible à filtrer par l’employeur, ce canal force les firmes à appliquer les valeurs qu’elles revendiquent en public.

Sur TripAdvisor, la quantité d’avis vient atténuer l’impact des opinions les plus extrêmes. Force est de constater que, une fois l’outil utilisé à large échelle, la synthèse des opinions fournit des informations pertinentes sur la réalité. Si les similarités entre les deux sites se confirment, Glassdoor va bousculer les règles sur le marché de l’emploi comme TripAdvisor l’a fait dans l’hôtellerie.

Lire aussi: Comment TripAdvisor étend son empire

Fin 2015, Glassdoor a lancé des activités en Suisse, en français et en allemand. Ce marché est le onzième ouvert en dehors des Etats-Unis. Malgré des débuts en toute discrétion, le site recueille déjà des dizaines de milliers d’avis, tandis que la plupart des entreprises y figurent déjà, des multinationales aux PME en passant par les organisations internationales, les administrations publiques, les universités et les EPF.

A titre d’exemple, Nestlé suscite 1122 avis. Au registre des avantages, un utilisateur indique : « Les gens sont très amicaux, haute conscience sociale de l’entreprise, travailleurs fiers ». Une autre signale, côté inconvénient : « Trop d’administration, lourde et inefficace. Hiérarchie complexe. Trop de copinage. Peu ou pas de créativité. »

Nestlé affiche une note de 3,5 étoiles sur une échelle qui va d'une à cinq et se situe ainsi dans la moyenne. A seulement trois étoiles, on trouve SGS, UBS ou Trafigura (négoce de matières premières). Au-dessus de la moyenne, l’Etat de Genève et Expedia obtiennent 4 étoiles et Rolex se place parmi les meilleurs employeurs avec le record de 4,2 étoiles.

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

Du même auteur:

CFF: Comment éviter le scénario catastrophe
L’omerta sur le harcèlement sexuel existe aussi en suisse

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."