Bilan

George Soros veut offrir internet à l'humanité

Un projet d'une ONG américaine, soutenu par George Soros, prévoit de déployer une centaine de minisatellites afin d'offrir un accès internet aux populations du monde qui en sont privées.
  • Le web serait diffusé à l'échelle planétaire via une centaine de minisatellites de forme cubique.

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  • Ces petits satellites proposeraient un accès à une version de base d'internet, avant de passer à une phase plus poussée au cas où des entreprises de communication se joindraient au projet et à son financement.

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  • Le web serait accessible en version allégée depuis n'importe quel smartphone sur la planète.

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«Internet connecte le monde entier», «Le web a fait de la planète un village global». Ces affirmations souvent répétées masquent parfois le fait que près de 40% de la population mondiale n'a pas accès au réseau. Pour ces trois milliards de Terriens, souvent issus de pays en développement ou vivant dans des régimes dictatoriaux, la toile n'est au mieux qu'un objectif lointain, au pire une notion totalement inconnue.

Pour remédier à cet état de fait, une ONG américaine, Media Development Investment Fund, a développé le projet Outernet. Le principe en est simple: envoyer dans l'espace une centaine de petits satellites de forme cubique, les «cubesats», pour offrir à ces populations privées de connexion un accès basique au net. Harlan Mandel, directeur général de Media Development Investment Fund, explique qu'Outernet est «un projet révolutionnaire qui outrepassera la censure, assurera le respect de la vie privée et offrira un accès universel à l'information, y compris à ceux qui se trouvent hors de portée géographique du réseau aujourd'hui, ou bien qui n'ont pas les moyens de se l'offrir».

Dans le viseur de l'ONG, aussi bien des paysans maliens que des habitants de mégapoles chinoises ou encore des ouvriers agricoles cubains ou nord-coréens. Car, affirme Harlan Mandel, l'accès au web via Outernet sera possible sans matériel sophistiqué mais à partir d'un simple smartphone. Cette simplicité permettrait donc de dépasser les écueils liés au coût du matériel informatique traditionnel, mais aussi de déjouer largement les pièges de la censure ou des interdictions. Car, professent-ils, «le droit à la connaissance est un droit fondamental».

Des essais dans la station spatiale internationale

Leur projet a trouvé une oreille attentive en la personne du milliardaire philanthrope américain George Soros, qui a décidé d'investir plusieurs millions de dollars dans le financement du projet. Un appel aux dons et legs a été lancé pour la phase initiale du projet, car les concepteurs auront besoin de réunir plusieurs dizaines de millions de dollars d'ici le lancement programmé des premiers satellites de 10cm d'arête début 2015. En attendant, les initiateurs d'Outernet ont prévu de présenter en juin 2014 les prototypes de leurs cubesats, avant de déposer un dossier de tests auprès de la NASA en septembre, afin que la station spatiale internationale puisse procéder à des expérimentations en orbite.

Entre janvier et juin 2015, la centaine de minisatellites pourrait être déployée, avant d'envisager dans un deuxième temps une augmentation des possibilités. Car, dans un premier temps, l'accès au web se fera dans une version allégée: moteur de recherche, sites d'information, programmes pédagogiques et diffusion de messages d'urgence en cas de catastrophe naturelle notamment (éruption volcanique, tusnami, séisme...). Si des investisseurs se montrent ensuite intéressés à développer une offre plus conséquente, Outernet pourrait monter en gamme à l'horizon 2020.

 

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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