Bilan

Genève va accueillir le premier hackaton sur l'alimentation en Suisse

Face au gaspillage et au réchauffement climatique généré par l'accroissement des émissions de gaz à effet de serre, des hackers vont explorer les pistes pour une alimentation durable les 29 et 30 octobre à Genève à l'occasion du premier Foodhack.

Camille Bossel et Arman Anatürk, organisateurs du premier Foodhack Geneva.

Crédits: Image: DR

L'hacktivisme a le vent en poupe. Alors que le terme de hackers s'est progressivement éloigné de celui de pirate informatique en vogue voici une dizaine d'années, la dimension militante s'est affirmée. Le hacker n'est plus seulement ce «nerd» qui s'introduit frauduleusement dans les serveurs et réseaux d'entreprises ou d'administrations pour fanfaronner ou détourner des fonds ou des informations à son seul profit personnel. Désormais, «hacker» se pratique très souvent dans un but politique ou philosophique, pour soutenir une cause ou lutter contre un adversaire, à l'image de ces hackers qui combattent en ligne l'Etat islamique, ou de ces activistes russes qui interféreraient dans la campagne électorale américaine. Cependant, de nombreuses initiatives se focalisent davantage sur des sujets du quotidien ou des préoccupations liées à des tendances de fond.

Lire aussi: Le contre-pouvoir de l’«hacktivisme»

C'est ainsi que l'alimentation n'échappe pas aux hackers. Plusieurs grandes villes du monde ont déjà accueilli un Foodhack, un hackaton dédié à la nourriture. Et c'est Genève qui accueillera le premier événement du genre les 29 et 30 octobre à l'espace Seedspace à La Praille. «En Suisse, 2,3 millions de tonnes de nourriture sont jetées chaque année, et Genève fait partie des mauvais élèves. Nous avons eu envie d'explorer des pistes innovantes pour remédier à cela», expliquent Camille Bossel et Arman Anatürk, cofondateurs de One Roof Events, qui organise ce premier hackaton de Suisse dédié à l'alimentation.

Deux journées pour des solutions innovantes

Pendant ces deux journées de fin octobre, une centaine de développeurs, webdesigners, graphistes, entrepreneurs, esprits créatifs et autres passionnés de codage informatique vont réfléchir, débattre mais surtout créer, coder et développer des solutions innovantes pour lutter contre les excès de déchets. Cependant, l'événement comportera un autre volet consacré aux émissions de gaz à effet de serre. «On n'y pense pas toujours, mais les aliments que nous consommons sont sources d'émissions de carbone, que celles-ci soient issues de leur production ou du transport pour les acheminer jusqu'à nos assiettes», précise Camille Bossel.

Lire aussi: Le premier espace de bio-hacking de Suisse ouvre à Lausanne

Mais avant de se plonger dans ce hackaton, un événement préparatoire aura lieu dès ce vendredi 14 octobre au soir à l'espace Seedspace à La Praille entre 18h30 et 22h. Au programme: une série d'ateliers avec des organisations non gouvernementales et des startups sur les thématiques de la durabilité, de l'agriculture responsable, des déchets liés à la consommation alimentaire,... ainsi que des débats et tables rondes entre les organisateurs et les partenaires (WWF, Eaternity, Oggi, Climate-KIC,...). «L'objectif c'est de préparer le terrain pour le Foodhack des 29 et 30 octobre en explorant des pistes de réflexion qui pourront déboucher à la fin du mois sur des avancées concrètes et des développements intéressants», explique Arman Anatürk.

Avec 24 partenaires déjà embarqués dans l'aventure, ce premier événement du genre fait déjà figure de succès: autorités, ONG, startups, instituts de formation, grands groupes internationaux,... tous ont été emballés par l'initiative de One Roof Events et souhaitent accompagner la prise de conscience et les actions qui pourraient naître lors du Foodhack. Et d'autres grands acteurs du domaine de l'alimentation ont d'ores et déjà signifié leur intérêt pour une prochaine édition. De quoi réjouir les organisateurs. «Mais aussi nous faire réaliser que nous avons un vrai rôle à jouer pour la prise de conscience du grand public et l'exploration de solutions innovantes, sur un mode participatif», complète Camille Bossel.

En attendant, et pour participer à l'événement lui-même ou à sa soirée préparatoire, les heures sont comptées sur le site web de l'organisation. «Nous avons encore quelques places pour des designers, développeurs, graphistes et nous espérons attirer des talents nouveaux pour prendre part à ce mouvement citoyen et responsable qui pourrait faire évoluer les habitudes de tout un chacun», glisse la jeune femme.

Lire aussi: Lifehack, hackathon… Le hacking se décline sur tous les tons

«»

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

Du même auteur:

Offshore, Consortium, paradis fiscal: des clefs pour comprendre
RUAG vend sa division Mechanical Engineering

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

"Tout ce qui compte.
Pour vous."