Bilan

Facebook et son service de paiement: attention à la sécurité

Le service de paiement entre les utilisateurs de Facebook via son application Messenger ne devrait pas tarder à arriver en Europe.

Les étapes pour effectuer le paiement

1. Démarrer la conversation

2. Taper l'icône "$", entrer le montant souhaité à envoyer

3. Appuyer sur Pay dans la zone en haut à droite et ajouter la carte de crédit pour envoyer l'argent

Crédits: Crédit : Facebook

Facebook a annoncé la nouvelle ce mardi 17 mars. via un communiqué sur son site internet. Une contre-attaque suite au lancement de Snapcash par le service de messagerie éphémère Snapchat en novembre 2014. Mais une demie surprise tout de même, Facebook aillant recruté David Marcus, président de PayPal en juin 2014. 

Disponible pour le moment qu'aux Etats-Unis, le service se veut entièrement gratuit, et très simple d'utilisation. Une petite icône "$" apparaitra dans l'interface Messenger, où il suffira simplement de l'appuyer, introduire le montant et envoyer (voir l'illustration ci-dessus).

Cependant, le service n'est pas entièrement instantané. Facebook précise dans son communiqué qu'il faudra compter entre un et trois jours pour que le virement soit effectif. 

Procédures qui se veulent extrêmement simples

Lors de la première utilisation, il faudra ajouter les numéros de sa carte de crédit Visa ou MasterCard. Ensuite, il faudra créer un code PIN pour "ajouter une sécurité supplémentaire la prochaine fois que l'argent est envoyé". Facebook annonce que les utilisateurs d'Apple vont pouvoir passer par le système d'authentification Touch ID. Le géant californien rappelle, mais sans le rendre obligatoire, la possibilité d'ajouter une nouvelle étape dans le processus d'authentification appelée le service d'approbation de connexion

Le nouveau service sera déployé progressivement sur les appareils Android, iOs, mais aussi pour les ordinateurs.

Questions de sécurité

Avec près d'un million de transactions effectuées au quotidien selon leurs chiffres, Facebook cherche à rassurer les utilisateurs. Le réseau social s'engage à "utiliser un nombre certain de logiciels et du matériel informatique conformes aux standards les plus stricts de l'industrie". Ils précisent que le système de paiement serait placé dans un environnement "sûr", séparé des autres parties du réseau Facebook, doublé par une surveillance et des contrôles accrus. De plus, ils annoncent qu'une équipe de spécialistes anti-fraude examineront les achats "suspicieux".

Des questions en suspend 

C'est surtout la gratuité du service qui est loin de convaincre. Le journaliste Kurt Wagner du site web Re/code, spécialisé dans le high tech, a interrogé Steve Davis, le product manager de Facebook en charge du service de payement. Ce dernier confirme la gratuité, précisant que "nous ne voulons pas faire du profit sur les paiements, et que l'argent pour le moment se fait sur d'autres services". Le journaliste avance tout de même l'hypothèse que le réseau social pourrait s'octroyer des commissions, sur des achats précis et sponsorisés comme les tickets de cinéma ou un cadeau offert à un contact. Facebook n'a pas souhaité répondre sur ce sujet selon l'article. 

Mais attention

Pour Stéphane Koch, spécialiste en sécurité de l'information , "il faut être extrêmement prudent avec des services de paiements qui prônent la simplicité, cela donne une fausse impression de sécurité. Je ne connais pas le système interne de Facebook, mais normalement, les niveaux de sécurités doivent être multiples".

Autre sujet extrêmement délicat, le risque de blanchiment d'argent. "Si déjà avec des établissements financiers, on n'arrive pas à résoudre cette question, comment espérer traiter près d'1.4 milliards de profils ? Et surtout combien de personnes vont s'activer à surveiller les transactions ?". Le spécialiste indique notamment le risque que des transactions frauduleuses, aux montants modestes, passent sous le radar des contrôles.

"On fixe un montant minimum, 2000$ par exemple aux Etats-Unis. Les fraudeurs vont donc naturellement envoyer des sommes moindre pour passer inaperçus". Enfin, Stéphane Koch rappelle que la société californienne n'est pas exempt de failles de sécurité, ni de bugs.

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