Bilan

Etes-vous quantifié?

Ils comptent leurs pas et les calories de leurs assiettes grâce à leur smartphone. Cette pratique du «food-logging», de plus en plus plébiscitée par les personnes actives, va s’amplifier.
  • L’application Foodvisor estime les calories et les nutriments des repas pris en photo.

    Crédits: Dr
  • Le miniscanner de DietSensor mesure par infrarouge les glucides, lipides et protéines.

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Rythme cardiaque, sommeil, alimentation ou poids, les applications sur smartphone savent capter toutes nos données biologiques. Les centaines d’applications liées à la santé témoignent de ce mouvement en pleine expansion surnommé le «soi quantifié» ou «quantified self». Ici, l’utilisateur mesure ses données vitales grâce à une application (le plus souvent gratuite) sur son smartphone.

Cette «app» peut être associée à des capteurs externes (payants) comme les bracelets connectés, les podomètres ou même les scanners. Après le succès phénoménal des contenus culinaires sur internet et à la télé, le consommateur confirme son appétit en devenant cette fois acteur de sa propre alimentation grâce à un algorithme. 

Pierre-Yves Dupuy, 52 ans, est un adepte de cette tendance. Directeur commercial chez Procter & Gamble à Genève, il porte tous les jours son podomètre à sa ceinture qui enregistre ses pas et les calories qu’il dépense. Dans sa salle de bains, la balance est reliée à son smartphone en Bluetooth, et il consigne tous les jours les aliments qu’il consomme sur son téléphone avec l’application Fitbit.

Poids, alimentation et activité physique, la vie biologique de Pierre-Yves Dupuy est mesurée et stockée sur internet depuis deux ans. «Avec cette application, j’ai perdu 14 kilos en onze mois. Et cette fois, je maintiens mon poids contrairement au régime que j’avais fait en 2000 où j’avais tout repris par la suite.» Enregistrer quotidiennement les repas dans l’application n’est pas un problème pour cet utilisateur: «Cela ne prend pas plus de trois minutes par jour.

Tous les aliments sont déjà préenregistrés dans une base de données. Il faut cocher les aliments mangés, indiquer leur poids et ne pas oublier les snacks de la journée…» Pratique, mais forcément approximatif car issu d’une base de données théorique. Il n’empêche, Pierre-Yves Dupuy a atteint son objectif: «Je pèse maintenant 78,4 kg. Pour maintenir ce poids, je sais que je ne dois pas dépasser 1800 calories par jour. Il m’arrive de faire des écarts, mais je gère sans problème grâce à l’application.» 

Reprendre son alimentation en main avec le moins de contraintes électroniques possible, c’est le pari que fait Foodvisor. Cette start-up française a lancé une application basée sur la reconnaissance visuelle des aliments. A partir d’une photo envoyée par l’utilisateur, l’algorithme estime les calories et nutriments contenus dans l’assiette. Mais les erreurs peuvent être fréquentes au démarrage. SmartPlate aux Etats-Unis repose sur le même concept de reconnaissance photo. Ces jeunes start-up devancent le géant Google, dont le projet d’analyse nutritionnelle «Iam2calories», annoncé en juin 2015,
tarde à se lancer.

Des solutions très innovantes

La santé et l’alimentation connectée ciblent ceux qui veulent retrouver la forme, mais, surtout, 1,9 milliard d’adultes en surpoids dans le monde (chiffres de 2014). Les maladies associées au surpoids, comme le diabète ou les maladies cardiovasculaires, font l’objet des plus grandes innovations technologiques. 

Ainsi, QardioCore est un capteur cardiaque qui, porté autour de la poitrine, enregistre non seulement les battements du cœur, mais aussi la respiration, la température du corps et les activités physiques du porteur. Toutes ces données peuvent être envoyées par internet chez un médecin ou à la famille. Lancée fin 2016 dans 19 pays dont la Suisse, DietSensor est une autre application nutritionnelle qui se synchronise à un miniscanner de poche capable d’analyser les nutriments contenus dans l’aliment par infrarouge.

Destinée en priorité aux diabétiques, cette solution a l’avantage de mesurer les glucides, lipides et protéines réellement contenus dans l’aliment qui va être mangé et non pas issu d’une base de données standardisée. Quant à la montre française K’Track G, récompensée début janvier par le salon électronique CES à Las Vegas, portée au poignet, elle donne le niveau de glucose dans le sang par une simple pression sans piqûre.

Pour Alexandre Mottet, CEO de Porsche Genève, le «monitoring» électronique offre un réel gain sur la santé: «Avec l’application Fitbit, j’ai diminué mon mauvais cholestérol de 20% et j’ai augmenté le bon de plus de 30% en seulement un an. J’ai perdu 5 kg, mais surtout, j’ai un regain d’énergie et de puissance énorme, je suis devenu un vrai Warrior!» 

Nivez C Photoa
Catherine Nivez

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste en France depuis 1990, d’abord comme reporter et journaliste dans le secteur de la musique, puis dans les nouvelles technologies, internet et l’entrepreneuriat. Après 20 ans en France, j’ai migré en Suisse et à Genève ou je vis et travaille désormais sur ma nouvelle passion: l’alimentation et la santé.

J’ai fait l’essentiel de mon parcours dans l’audiovisuel français (France Inter, France Info, Europe1, ou encore Canal+). Désormais journaliste freelance en Suisse, j’ai signé une série d’articles pour le quotidien suisse-romand Le Temps et travaille désormais pour BILAN où je tiens la rubrique mensuelle « Santé & Nutrition ».

Vous pouvez aussi me retrouver sur mes blogs : www.suisse-entrepreneurs.com, galerie de portraits des entrepreneurs que je côtoie en Suisse, et sur LE BONJUS mon nouveau blog consacré aux jus et à l’alimentation.

Du même auteur:

Philip Queffelec, l’avion dans le sang
Xavier Casile, le pubard de la Suisse

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