Bilan

Et si vous ne veniez plus travailler?

Favoriser le télétravail comporte d’immenses bénéfices, à la fois pour les banques et pour la société en général.

Il n’est pas rare de passer plus d’une heure dans les transports entre son travail et son domicile.

Crédits: Vanessa Cardoso

Est-il naïf de penser qu’un problème complexe, important, persistant et croissant, sur lequel se penchent de nombreux experts, puisse être jugulé, voire en partie résolu à l’aide d’une solution simple et accessible? Ça n’est pas seulement naïf mais également utopique! Pourquoi? Parce que si cette solution existait, elle serait appliquée depuis longtemps! C’est en tout cas la réponse rationnelle que toute personne sensée ferait immédiatement à l’évocation de cet énoncé. Si, comme moi, vous pensez être rationnel et sensé, faites-moi savoir si vous maintenez votre position après la lecture de ces lignes*.

Parlons transports et déplacements professionnels si vous le voulez bien. Pas un jour sans que les médias ne se fassent l’écho de problèmes directement liés à la transhumance professionnelle quotidienne de centaines de millions d’individus qui vont et viennent, en bus, en avion, à vélo, en train, en bateau, en voiture, en Uber, en BlaBlaCar, à trottinette, le plus souvent aux mêmes heures et dans les mêmes directions.

Je veux bien que l’homme soit un animal grégaire qui cherche à tout prix se rassurer grâce à la présence permanente de ses congénères dans son environnement direct. Mais quel est le prix de cette pendularité compulsive? Intuitivement, je dirais que le coût sociétal est gigantesque, sans doute l’un des plus élevés que l’on puisse imaginer à l’échelle de la population humaine. Pire, à lire les projections faites par les experts de la mobilité, ça n’est que le début d’un problème qui ne va cesser d’empirer ces prochaines décennies.

Quel est le problème au juste?

Les villes, leurs centres et plus encore leurs hypercentres, concentrent les activités économiques à forte valeur ajoutée. Les loyers y sont donc élevés. Par conséquent, on y travaille plus souvent qu’on y habite. Et où habite-t-on? En périphérie, évidemment. Et l’éloignement s’effectue donc progressivement, par cercles concentriques, jusqu’à imposer plus d’une heure de transport pour rallier son travail ou son domicile.

On ajoute donc aisément une à deux heures aux huit généralement ouvrées sous nos latitudes. Bien que ce ne soit pas des heures de travail à proprement parler, elles ne sont pas productives non plus car fréquemment constituées de plusieurs modes de transport différents interdisant la concentration pour s’instruire ou communiquer avec autrui.

Ces heures ne sont pas seulement coûteuses en temps mais également en infrastructures qu’il convient d’entretenir et de redimensionner régulièrement. Ce poste, un des plus lourds dans le budget des Etats, ne cesse de croître et d’hypothéquer leur avenir financier. Il convient donc d’imposer plus pour construire plus. Un cercle vicieux. 

Enfin, ce temps passé dans les transports se fait au détriment de la famille, de la culture, du sport, du sommeil, et, in fine, de la santé de chacun. 

Et comme si cela ne suffisait pas, il convient d’ajouter à cette litanie de menaces sur nos sociétés la pollution atmosphérique et sonore engendrée par ces déplacements permanents.

Mais que vient faire le banquier augmenté au milieu de tout ça? 

En quoi pourrait-il bien contribuer à réduire cette liste de menaces? En montrant la voie. En ne venant pas au bureau, par exemple. Ou pas tous les jours. Quatre jours sur cinq pour commencer, puis trois après que l’organisation se soit adaptée, etc. 

Imaginez que tous les employés de banque de ce pays s’organisent pour travailler un jour par semaine depuis leur domicile (ou à proximité immédiate). C’est 20% de trafic en moins instantanément... et 20% d’espace de travail économisé. Et si tout le monde le faisait, cela équivaudrait à 20% de tous les problèmes cités plus haut en moins.

Utopique? Certainement pas. La technologie d’aujourd’hui permettrait d’ores et déjà de faire fonctionner un établissement bancaire en mode survie et pour un temps limité certes, sans déplacer un seul collaborateur grâce au parc d’ordinateurs portables en circulation, et cela avec un niveau de sécurité satisfaisant. La plupart des banques aujourd’hui collaborent avec de nombreux gérants de fortune indépendants qui fonctionnent comme autant de «télétravailleurs» à distance, et cela avec un degré de sécurité et d’efficience élevé.

En conséquence, pour toutes les activités économiques fortement dématérialisées, comme la banque, il est temps de prendre conscience des immenses bénéfices qu’elles pourraient engendrer, pour la société en général, en prenant la simple décision de favoriser le télétravail en leur sein.

Pour cela, il convient de mettre en place un plan d’implémentation progressif qui prenne en compte la dimension technologique évidemment, mais également la formation du management, des RH qui craignent la perte de contrôle des collaborateurs et, enfin, de ces derniers qu’il faut accompagner dans leur organisation à domicile.

C’est dans ce but que Work Cocoon travaille à la réalisation d’un «kit» de télétravail clés en main incluant les points évoqués ci-dessus à l’attention des entreprises modernes et responsables qui entendent participer à l’amélioration de la qualité de vie de chacun tout en gagnant en productivité. 

* Fondateur de Work Cocoon, qui propose des kitsde télétravail clés en main. olivier.collombin@workcocoon.com

Olivier Collombin*

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