Bilan

eSMART remporte le Prix Strategis 2015

La solution connectée développée par la start-up lausannoise pour surveiller et commander les équipements énergétiques d’un logement a séduit le jury du concours.

De gauche à droite: Jérôme Ramelet (chef des ventes), Fabrizio Lo Conte (CEO) et Laurent Fabre (COO).

Crédits: Jorma Mueller

Voilà trente ans, la notion de domotique s’apparentait à des concepts de science-fiction, au même titre que les voitures volantes. Mais depuis l’ère des smartphones connectés au monde vingt-quatre heures sur vingt-quatre, la domotique est devenue une réalité à la portée de tous. C’est ce que semble avoir récompensé le jury du Prix Strategis 2015 en accordant la première place de cette édition à eSMART, une start-up lausannoise qui révolutionne le concept.

Fabrizio Lo Conte et Laurent Fabre, les deux cofondateurs, ont imaginé un module qui s’implante derrière les prises et se branche dessus. «Tout a démarré en 2009; Laurent et moi étions en doctorat au sein du laboratoire d’électronique générale de l’EPFL», se souvient Fabrizio Lo Conte. Conscients que les solutions de domotique alors proposées exigent des travaux de câblage et se révèlent extrêmement coûteuses, ils imaginent une solution connectée avec un réseau de modules qui communiquent entre eux.

Au centre du dispositif: une interface de contrôle et de commande, sous la forme d’un écran tactile, qui informe l’utilisateur sur les équipements électriques, le chauffage ou encore l’interphone, mais diffuse aussi divers flux d’informations comme la consommation d’eau froide, la météo, les horaires des transports en commun ou les dates de ramassage des déchets, voire un fil d’informations de la RTS.

Connectés entre eux, les modules sont aussi reliés au web. «L’utilisateur peut télécharger une application sur son smartphone et tout surveiller ou piloter depuis l’endroit où il se trouve. Si un visiteur sonne à l’interphone, il peut même répondre à distance», détaille Fabrizio Lo Conte. Autre révolution: le monitoring en temps réel des consommations de l’habitat. 

Soutenus par l’EPFL qui leur demande d’équiper de nombreux laboratoires dès 2012, les deux cofondateurs concourent dans différents défis liés à l’innovation et, rapidement, les promoteurs immobiliers les contactent: «Le fait que notre solution soit facile à installer, donc peu coûteuse et permette un monitoring en direct a séduit des investisseurs bien au-delà du créneau du haut de gamme», affirme Fabrizio Lo Conte. Aujourd’hui, eSMART équipe plus de 400 logements et même un appart-hôtel à Carouge.

Fin 2014, Fabrizio et Laurent se sont lancés à l’assaut de la Suisse alémanique. Et le Prix Strategis tombait à pic, avec sa renommée et sa couverture médiatique, pour se faire connaître outre-Sarine. Mais déjà, d’autres objectifs apparaissent à l’horizon: Paris, Dubaï…

Quant aux ambitions des géants du high-tech dans la domotique, elles ne font pas peur aux deux start-upers: «Les solutions proposées par Samsung ou Google sont destinées aux particuliers bricoleurs alors que la nôtre doit être installée par un professionnel et est bien plus durable et fiable. Quant au HomeKit d’Apple, il connectera les différents systèmes entre eux et eSMART peut s’y intégrer facilement», assure Fabrizio Lo Conte.

Bcomp et InSphero sur le podium

Le potentiel énorme, et la démarche des deux cofondateurs a donc séduit les membres du jury du Prix Strategis. Devançant sur le podium les start-up Bcomp (qui développe des matériaux haut de gamme à partir de fibres naturelles) et InSphero (qui analyse des tissus pour prévoir des effets secondaires de traitements médicaux), eSMART succède à LESS, Dacuda, Housetrip, jobup.ch ou encore LeShop. Autant de fleurons de l’innovation helvétique révélés lors du concours organisé par l’association HEC Espace Entreprise à Lausanne.  

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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