Bilan

En Suisse romande, l’effet MassChallenge

La première édition de l’accélérateur de start-up a eu un impact direct pour la région lémanique avec des relocalisations, des créations d’emplois et un écosystème qui se met en place.

MassChallenge accompagne les jeunes pousses dans les phases sensibles de leur croissance.

Crédits: Special Moments Photography

Les chiffres de la première édition de MassChallenge Switzerland ont de quoi donner le tournis: 450 start-up candidates, 68 retenues (issues de 14 pays) au terme des sélections, 13 récompensées, et plus de 15 millions de dollars collectés en levées de fonds (dont 8,4 pour des sociétés suisses). Dès son premier millésime suisse opéré par la Fondation Inartis, l’accélérateur américain qui accompagne et soutient les jeunes pousses dans les phases sensibles de leur croissance a frappé fort. Mais cette réussite n’est pas née d’une culture hors-sol: MassChallenge a su s’appuyer sur de solides partenaires locaux.

Lire aussi: MassChallenge couronne ses startups et dope l'économie suisse

Pour Stefan Dobrev, directeur du Portfolio Management Corporate Innovation chez Nestlé, «MassChallenge nous donne l’opportunité de montrer aux start-up notre intérêt pour l’innovation et les solutions nouvelles, alors que nombre d’entre elles ne pensaient pas forcément à nous avant pour leur business». S’il assure que Nestlé «peut investir si nécessaire», la recherche de partenariats lui semble plus intéressante: «Certaines apps ou certains algorithmes mis au point par des start-up peuvent être stratégiques pour nos marques.»

Si l’engagement de Nestlé avec MassChallenge s’est concrétisé dès cette première édition suisse de l’accélérateur, d’autres partenaires helvétiques ont été encore plus précoces. Ian Roberts, CTO de Bühler, avait découvert MassChallenge à Boston et avait été séduit: quelques mois plus tard, une équipe du constructeur saint-gallois de machines-outils allait bénéficier du coaching, des conseils, rencontres, ateliers et accompagnements de MassChallenge. «Ils sont revenus avec une nouvelle mentalité, plus audacieuse, créative, collaborative, et l’ont diffusée auprès de nombreux collègues», se réjouit Ian Roberts. Toutefois, de Boston à Renens, la donne n’était pas la même: «La plus grande question était de savoir si les mentors et les sociétés allaient venir… et elles sont venues», se félicite le CTO de Bühler.

Lire aussi: MassChallenge mise sur l'innovation en Suisse

«Nous avons senti que travailler avec cet écosystème suisse pourrait nous permettre de construire un hub vraiment intéressant pour faire grandir des start-up et les aider à passer de jeunes pousses prometteuses à des sociétés en pleine croissance», renchérit Diane Perlman, chief marketing officer pour MassChallenge. A l’instar du berceau du Massachussetts, pas question de se limiter à des start-up locales: «Nous travaillons partout dans le monde avec des scouts qui repèrent les start-up avec le plus de potentiel. Et nous voyons des partenaires stratégiques nous rejoindre», constate Diane Perlman, déjà tournée vers l’édition 2017 

«Une visibilité inespérée»

Parmi les jeunes pousses ayant bénéficié du programme cette année, Versantis est une spin-off de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich qui s’apprête à révolutionner le traitement des maladies hépatiques. «MassChallenge nous a apporté énormément de contacts à l’international, avec beaucoup d’experts et des investisseurs, sans oublier une visibilité inespérée pour une société aussi jeune que la nôtre», se félicitent Meriam Kabbaj et Vincent Forster, deux des cofondateurs de Versantis. Au terme de ces quelques mois passés à Renens et en plus de cet accompagnement personnalisé, la jeune pousse zurichoise a aussi été couronnée en novembre : elle et machIQ (qui s’est installée en Suisse) ont reçu un prix de 100 000 fr., qui les aidera dans leur croissance, mais marque surtout la reconnaissance d’un écosystème résolument tourné vers l’audace.  

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

Du même auteur:

Offshore, Consortium, paradis fiscal: des clefs pour comprendre
RUAG vend sa division Mechanical Engineering

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."