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En plein Covid, les livraisons de repas virent au vert

Les livraisons riment rarement avec écologie. Et pourtant, le récent engouement de la population pour la restauration livrée a permis à certains acteurs de sauter le pas.

Les plateformes de livraison de repas pourraient un jour supprimer leurs emballages.

Crédits: Pexels

Gobelets, sacs, emballages, transport... la livraison de repas donne froid dans le dos à tout vrai écologiste qui se respecte. Pourtant, la vague de révolution verte qui submerge l’économie depuis quelques temps semble avoir jusque-là épargné ce secteur.

En effet, depuis le début de la crise Covid, le nombre de commandes sur les plateformes telles que Eat.ch ou Smood ont doublé, voire augmenté de 600% pour Uber Eats, et les restaurateurs affluent pour s’inscrire. Forts de cette croissance accélérée (+10% selon le cabinet de conseil McKinsey), les services de livraison de plats à domicile ont alors décidé de leur propre chef de s’engager pour limiter leur impact écologique.

Les disrupteurs tentent le coût

Une décision risquée car être éco-responsable coûte cher. Pour commencer doucement, le genevois Smood, présent dans 22 villes suisses, a choisi de s’associer avec la startup bernoise reCIRCLE. Ceci afin de proposer une option de livraison dans des contenants réutilisables. «Suite à sa commande, une famille de quatre personnes remplit un sac poubelle de 30 litres entièrement. En termes de déchets, les volumes sont démesurés et représentent potentiellement un frein pour beaucoup de clients», souligne Marc Aeschlimann, son fondateur.

Depuis fin septembre, ces contenants réutilisables fabriqués en Suisse peuvent ainsi être au choix conservés ou bien restitués auprès des quelque 1’300 partenaires du réseau. Autre effort, Smood est également en train de renouveler sa flotte de Smart thermiques en les remplaçant par environ une centaine de scooters électriques.

De son côté, Menu Casa, la filiale de Migros qui livre en Romandie depuis l’année passée, notamment grâce aux services de la Poste, propose quant à elle de collecter les déchets plastiques, retournés dans un sac après utilisation, pour qu’ils soient ensuite triés et recyclés.

Collecter et trier, une technique écartée par Uber Eats qui a préféré agir en amont en demandant à ses 2’300 restaurateurs partenaires de ne plus inclure automatiquement des ustensiles (pailles, couverts etc). Les clients doivent ainsi les demander spécifiquement lors du passage de leur commande. Aussi, «pour limiter l’impact des transports, nous travaillons avec des livreurs qui se déplacent principalement à vélo (70%) ou sur des scooters», ajoute son porte-parole, Pascal Chavent.

Mais le réel disrupteur du marché se nomme L’Unique Livraison. Avec des courses effectuées à vélos, des menus végétariens confectionnés à base de produits locaux, le tout servi automatiquement dans des récipients en verre, la startup créée par trois jeunes entrepreneurs remporte la palme des courses éco-responsables.

Suivre l’exemple des géants

Comme toute avancée majeure, certains acteurs doivent malgré tout attendre que les géants fassent le premier pas pour se lancer à leur tour. C’est notamment le cas de HOP Delivery dont le réseau d’affiliés est encore trop limité pour imposer ce type de pratiques. «Nous attendons que les emballages réutilisables se démocratisent afin que les frais que cela représente pour nos restaurateurs soient acceptés. Bien qu’en ces temps de crise, malheureusement, cela ne fasse pas vraiment partie de leurs priorités», témoigne Vincent Moret, cofondateur de la plateforme détenant la commission la plus basse du marché.

Même écho chez Eat.ch: «En tant qu’acteur de mise en relation entre restaurants et consommateurs, nous encourageons nos partenaires à passer au durable mais en fin de compte, la décision leur appartient», soutient Séverine Linda Götz, porte-parole de l’entreprise. 

En pleine tourmente, il revient donc aux restaurateurs d’accélérer ou de freiner la mise en place de nouvelles mesures durables. Que les écologistes prennent leur mal en patience, la transition généralisée prendra quelques années avant de voir le jour mais c’est décidé, elle est désormais en marche.


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Julie Müller

Journaliste à Bilan

Lui écrire

Du Chili à la Corée du Sud, en passant par Neuchâtel pour effectuer ses deux ans de Master en journalisme, Julie Müller dépose à présent ses valises à Genève pour travailler auprès de Bilan. Quand cette férue de voyages ne parcourait pas le monde, elle décrochait des stages dans les rédactions de Suisse romande. Tribune de Genève, 24 Heures, L'Agefi, 20minutes ou encore Le Temps lui ont ainsi ouvert leurs portes. Formée à tous types de médias elle se spécialise actuellement dans la presse écrite économique.

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