Bilan

En forme olympique, Apple fait de son patron un milliardaire

Neuf ans après avoir été nommé à la tête d'Apple, Tim Cook a rejoint le club très fermé des milliardaires grâce à l'envolée de la marque à la pomme à Wall Street.

Le bonheur d'Apple fait celui de Tim Cook, 59 ans, dont la plus grande partie de la fortune provient des actions qui lui ont été accordées depuis ses débuts chez Apple, en 1998.

Crédits: AFP

L'entreprise a reculé en Bourse mardi, au même titre que les autres géants de la tech, mais sa capitalisation s'élève à 1870 milliards de dollars, ce qui en fait le groupe américain le plus cher, devant Amazon, Microsoft et Alphabet, la maison mère de Google et YouTube.

Apple pourrait bientôt devenir la première entreprise américaine à dépasser la barre des 2000 milliards de dollars.

Encore plus que ses concurrents, Apple a vu son chiffre d'affaires et ses profits grimper à la faveur du confinement.

"Apple a très bien réussi à développer ses plateformes pour atténuer le fait que les ventes de l'iPhone ont plafonné, en créant des produits pour accompagner son smartphone et des services pour l'améliorer", explique Avi Greengart du cabinet Techsponential.

Philanthropie


Le bonheur d'Apple fait donc celui de M. Cook, 59 ans, dont la plus grande partie de la fortune provient des actions qui lui ont été accordées depuis ses débuts chez Apple, en 1998.

Dans un document transmis au gendarme boursier américain en janvier, il était précisé qu'il possédait 847'969 titres d'Apple, ce qui correspond à environ 371 millions de dollars au cours de clôture de mardi (437,50 dollars).

Selon les calculs réalisés par Bloomberg à partir de documents réglementaires et d'analyse de la performance du marché, le directeur général a également reçu 650 millions de dollars de précédentes ventes d'actions, de dividendes et de diverses compensations financières.

Son salaire annuel était de 3 millions de dollars en 2019 et s'assortissait d'un bonus de 7,6 millions de dollars.

Sauf en cas d'une dégringolade à Wall Street dans les prochains jours, M. Cook devrait aussi recevoir 560'000 actions supplémentaires avant la fin du mois.

Il s'est engagé en 2015 à faire donation de la plus grande partie de sa richesse, qui pourrait être inférieure aux estimations si le dirigeant avait réalisé des actions philanthropiques sans les divulguer publiquement.

Loin de Bezos


Quoi qu'il en soit, Tim Cook reste loin du haut du classement des milliardaires de Bloomberg, dominé par le patron d'Amazon Jeff Bezos avec 186 milliards de dollars, suivi du co-fondateur de Microsoft Bill Gates (121 milliards de dollars) et du PDG de Facebook Mark Zuckerberg (99,7 milliards de dollars).

Mais ces célèbres dirigeants ont participé à la création de leurs entreprises respectives.

M. Cook "n'a rien inventé, mais il a tenu le gouvernail d'une main ferme, pilotant le bateau et conservant la culture d'entreprise", indique Laura Martin de Needham & Company.

"Son grand mérite est d'avoir su faire fructifier les inventions de Steve Jobs", ajoute-t-elle.

Avant de rejoindre Apple, Tim Cook a occupé des positions chez IBM, Intelligent Electronics et Compaq. Il a succédé, en août 2011, au charismatique fondateur Steve Jobs, dont il était jusqu'alors le bras droit.

Au moment du décès de M. Jobs, en octobre 2011, Apple valait environ 350 millions de dollars à Wall Street.

Futur


Les experts sont partagés sur la question de savoir si Apple peut encore agrandir son empire.

Pour Daniel Ives, de Wedbush Securites, Apple "a une opportunité comme il ne s'en présente qu'une fois par décennie dans les 12 à 18 prochains mois", estimant que plus d'un tiers des iPhone en circulation dans le monde pourraient être remplacés par des modèles plus récents.

L'avenir de l'entreprise passe nécessairement par la Chine, où la marque fabrique et écoule une grande partie de ses produits.

Les tensions entre Washington et Pékin, notamment la menace de l'administration Trump d'interdire aux Etats-Unis les applications TikTok et WeChat, possédées par des groupes chinois, font craindre à certains experts des répercussions négatives pour la marque.

"Si Apple ne peut pas proposer WeChat, il lui sera difficile de vendre des iPhone en Chine, car il s'agit quasiment d'un système d'exploitation secondaire", observe M. Greengart.

La firme aurait cependant les moyens de faire face à d'éventuelles représailles chinoises, tant elle est implantée dans le pays, juge l'expert.

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