Bilan

Drones et agriculture: Gamaya remporte le Prix Strategis 2017

Gamaya est née sur le campus de l’EPFL. Avec ses caméras de télédétection, elle se distingue parmi 5 finalistes et obtient 50'000 francs.

L'équipe de Gamaya (de gauche à droite): Dragos Constantin (co-fondateur et CTO), Igor Ivanov (co-fondateur et COO) et Yosef Akhtman (fondateur et CEO). 

L’histoire de Gamaya démarre dans un laboratoire académique lausannois pour se poursuivre sur les grandes surfaces agricoles de pays comme le Brésil. La société fondée en 2015 est un spin-off de l’EPFL.

A sa tête, Yosef Akhtman, fondateur et CEO, entouré des deux co-fondateurs Igor Ivanov (COO) et Dragos Constantin (CTO). Leur spécialité, la détection aérienne de problèmes touchant les récoltes sur les champs pour effectuer un diagnostic à grande échelle des cultures (maladies, ravageurs, mauvaises herbes), ceci dans le but d’accroître le rendement des récoltes et de favoriser la durabilité de l’agriculture commerciale. Leur premier marché est le Brésil. «Nous ciblons les plus grands pays agricoles où l’on trouve des fermes industrielles à grande échelle», explique le chef des opérations Igor Ivanov. Au-delà du Brésil, la startup visera les Etats-Unis, l’Argentine, le Canada, la Russie, ainsi que l’Ukraine.

La technologie de télédétection par imagerie aérienne est issue d’un ensemble de projets de recherche environnementaux menés par Yosef Akhtman entre 2011 et 2015, dont le projet “Leman-Baikal”, un programme d’études suisso-russe pour la préservation des ressources d’eau douce, lors duquel le fondateur a développé avec son équipe le concept de caméra hyperspectrale miniature, embarquée sur un ULM ultraléger, ou un drone, et capable de décomposer des images en multiples bandes spectrales.

Phase de commercialisation

La startup basée dans l’Innovation Park de l’EPFL réunit nombre d’ingrédients attrayants. Son outil de prédilection, le drone, connaît un essor phénoménal. Et son secteur d’activité, l’agriculture avec une vision économique et durable, a le vent en poupe. C’est avec ces atouts que, le 3 mai 2017, Gamaya a remporté le 24ème Prix Strategis organisé à l’UNIL par l’association HEC Espace Entreprise. « Nous entrons en phase de commercialisation au Brésil, souligne Igor Ivanov. Nous utiliserons la somme gagnée pour faciliter notre développement sur ce marché, qui sera notre objectif toute cette année ». La startup, qui doit investir intensément dans l’outil technologique, devrait générer un cash flow positif d’ici 2 à 3 ans, indique le responsable des opérations, d’origine russe et titulaire d’un MBA des HEC St Gall.

Le Prix Strategis profite également aux étudiants qui l’organisent. « Pour moi, côtoyer ces startups est probablement l’un des plus gros atouts pour un étudiant sortant des HEC », estime Philippe Lenoir, responsable du Prix depuis l’année dernière. Évoquant le travail du jury du Prix Strategis, composé d’experts industriels et financiers, Philippe Lenoir note que «quelques entreprises ont été un peu frileuses à donner des informations, surtout lorsqu’elles sont dans des rounds de financements ».

Mais les organisateurs jouent la carte de la transparence en faisant signer des chartes de confidentialité à tous les membres du jury. Le moment clé du concours est le pitch final des startups, évoque-t-il: «Le jury arrive avec des informations et des idées préconçues, mais la qualité de la présentation joue un très grand rôle, et le degré d’implication de la startup dans le Prix, puisque les candidats doivent satisfaire les 3 critères que sont l’innovation, la réalisation et l’expansion ».

Philippe Lenoir veut faire un Master en comptabilité-finance dès l’année prochaine. «J’ai vraiment été intéressé par le milieu entrepreneurial, que j’ai découvert avec le Prix Strategis. J’aurais moins peur aujourd’hui de me lancer, ou de travailler dans des fonds d’investissement liés à ce domaine». 

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan.

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