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Dragon V2, le module de transport d'astronautes de SpaceX

Elon Musk, propriétaire de la firme SpaceX, a dévoilé le module Dragon V2 qui pourra prochainement transporter jusqu'à sept astronautes dans l'espace. La fin de la dépendance au Soyouz pour les Américains.
  • Après le transport de produits, SpaceX lance un module de transport de personnes avec son Dragon V2.

    Crédits: Image: Robyn Beck/AFP
  • Elon Musk a présenté ce nouveau vaisseau en fin de semaine dernière.

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  • Le module pourra remplacer la capsule Soyouz qui est la seule à pouvoir transporter les occupants de la station spatiale internationale depuis l'arrêt du programme de navettes de la NASA.

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  • Des pied retractables doivent permettre au module Dragon V2 de se poser partout sur Terre à la manière d'un hélicopère et donc sans piste d'atterrissage comme les anciennes navettes américaines.

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  • Pour Elon Musk, la présentation du Dragon V2 tombe à pic avec les tensions entre Russie et Etats-Unis.

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  • Depuis trois ans et le dernier vol d'Endeavour, les Américains devaient passer par la Russie pour envoyer des astronautes dans l'espace: le Dragon V2 pourra d'ici trois ans mettre fin à cette dépendance.

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  • Sept astronautes pourront prendre place dans le Dragon V2.

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  • Garrett Reisman, ancien astronaute américain, est engagé au sein de SpaceX dans le programme de développement du module Dragon V2.

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Depuis trois ans, les Américains dépendent des Russes et de leur module Soyouz pour envoyer des astronautes dans la Station spatiale internationale (ISS). La mise au rebut des dernières navettes (Endeavour a volé en mai 2011) a marqué le retrait des USA du domaine des vols habités. La NASA ayant jeté l'éponge, Elon Musk y a vu une belle opportunité pour sa société SpaceX. Il a donc engagé le deuxième volet du projet Dragon: après le module de transport de marchandises pour ravitailler l'ISS, place au Dragon V2 qui transportera des astronautes.

En toute fin de semaine dernière, Elon Musk a donc présenté lui-même le module, à Hawthorne, Californie, siège de SpaceX. Le Dragon V2 sera capable de transporter jusqu'à sept astronautes et sera «rapidement réutilisable», selon Elon Musk. Tournant le dos aux parachutes qui freinaient ce type de module, le Dragon V2 va freiner à son retour dans l'atmosphère en utilisant des rétropropulseurs. Ce faisant, «il pourra se poser n'importe où sur Terre avec la précision d'un hélicoptère», selon le patron de SpaceX.

«Pas besoin de trampoline»

Pour Elon Musk le Drago V2 «représente vraiment un grand saut technologique», mais sa présentation intervient aussi à un moment crucial: la crise ukrainienne a ravivé les tensions russo-américaines et le vice-premier ministre russe, Dmitri Rogozine, a été jusqu'à suggérer «que les Etats-Unis utilisent un trampoline pour acheminer leurs astronautes à l'ISS», si le transport des Américains par le module Soyouz devenait réellement problématique. En guise de clin d'oeil, Elon Musk a répondu via Twitter que «le trampoline ne sera pas nécessaire», soulignant par là même que «le moment de dévoiler le nouveau Dragon V2 que SpaceX a développé avec la NASA est opportun».

Mais si la présentation intervient aujourd'hui, il devrait falloir encore trois années de développement au minimum d'ici à ce que les premiers astronautes américains puissent embarquer dans le module et décoller vers l'espace.

 

Concurrence dans l'aéronautique aux USA

Fierté américaine (même si Elon Musk est sud-africain), le programme Dragon V2 représente aussi une formidable opportunité économique pour la firme de celui qui a multiplié les annonces fracassantes ces derniers mois (Hyperloop, création 3D avec des gants, développements de la Tesla): les douze missions de transport de fret entre la Terre et l'ISS ont été conclues pour un montant d'1,6 milliard de dollars. Un secteur ouvert à la concurrence avec un autre contrat signé par la NASA avec un concurrent de SpaceX, Orbital Sciences Corporation, dont la capsule Cygnus ravitaille également l'ISS, pour un montant d'1,9 milliard de dollars.

Dans le domaine des vols habités, SpaceX fait face à la concurrence de Boeing, Sierra Nevada et Blue Origin: ces quatre sociétés ont été sélectionnées par les autorités américaines pour développer un module de transport de personnes dans le cadre d'un partenariat public/privé.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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