Bilan

Des ultrasons pour recharger les smartphones

Une jeune Américaine a mis au point une technologie permettant de recharger son smartphone sans contact, grâce aux ultrasons. La commercialisation est attendue pour 2016.
  • Meredith Perry travaille sur cette technologie depuis plusieurs années.

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  • Meredith Perry a imaginé un système de recharge sans contact basé sur les ultrasons.

    Crédits: Image: Nick Bilton/The New York Times
  • Un émetteur transforme l'énergie électrique en ultrasons puis le récepteur sur le smartphone capte ces ultrasons et les transforme à nouveau en énergie électrique pour recharger la batterie.

    Crédits: Image: uBeam
  • A terme, cette technologie pourrait permettre de recharger l'ensemble des appareils électroniques sans utiliser un cordon.

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  • Autre avantage du système uBeam: plusieurs appareils peuvent être rechargés en même temps dans la même pièce.

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La recharge sans contact n'est pas une révolution en soi: plusieurs technologies ont été mises au point ces dernières années pour alimenter les batteries des appareils électroniques sans les relier par un fil à une source de courant électrique. Mais jusqu'à présent, l'utilisateur devait tout de même laisser l'appareil sur un socle, ce qui empêchait toute utilisation en mouvement pendant la recharge.

Une astrobiologiste américaine de 25 ans, Meredith Perry, a résolu ce problème et mis au point une technologie permettant de charger son smartphone sans cordon et sans le laisser sur un support. Pour ce faire, elle s'est appuyée sur les ultrasons, comme le décrypte le New York Times.

Des ultrasons au courant électrique

Le principe est simple: un émetteur transforme le courant électrique en son, puis en ultrasons qui sont émis dans une pièce à partir d'une base. L'appareil est lui aussi équipé d'un petit dispositif récepteur qui capte les ultrasons et les transforme en courant électrique afin de recharger les batteries. Si cette technologie ressemble à celle du wifi, elle s'en distingue notamment sur deux points cruciaux: l'absence d'ondes potentiellement néfastes pour la santé (les ultrasons sont présents dans la nature sans impact violent sur la santé humaine), mais aussi l'impossibilité de traverser des parois et cloisons (ce qui permet donc de bouger tout en chargeant le smartphone, mais en restant dans la même pièce).

Meredith Perry travaille sur cette innovation depuis plusieurs années et avait dévoilé les principes qui guidaient sa recherche dès 2012, lors d'une conférence TEDx à Nashville.

Mais c'est seulement au début de l'été qu'elle a pu présenter un prototype de chargeur par ultrasons. Après avoir fondé sa startup uBeam et déposé pas moins de 18 brevets, patentes et licences aux Etats-Unis, elle compte désormais se lancer dans le processus d'industrialisation. Les promesses dévoilées par uBeam pourraient révolutionner l'univers des objets connectés: si une norme standart était adoptée par l'ensemble des constructeurs et des bornes d'émission d'ultrasons disposées en de nombreux endroits, l'autonomie des smartphones serait très largement augmentée. Et le dispositif serait compatible aussi bien avec les smartphones sous Android que sous iOS.

Emetteur et récepteur occupent un volume très réduit: chacun des dispositifs se présente sous la forme d'une plaque de 5mm d'épaisseur. Ce qui peut sembler important au regard de l'épaisseur des smartphones mais cela permettrait de réduire l'encombrement lié aux batteries tout en augmentant considérablement l'autonomie des appareils. Sans compter que ce système permettrait de recharger plusieurs appareils en même temps dans une même pièce.

Un dispositif pour les particuliers, un pour les entreprises

Meredith Perry envisage actuellement de commercialiser deux dispositifs différents: l'un pour les particuliers à intégrer à ses murs (il pourrait être intégré aux parois ou cachés sous des papiers peints) et l'autre pour des entreprises ou collectivités. Il serait ainsi possible qu'une salle de concert, un stade ou une salle d'attente soient équipés, afin que toutes les personnes présentes puissent charger leur smartphone en même temps.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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