Bilan

Des taxis révolutionnaires en test à Zurich

La start-up Uber offre un service de limousine sur appel via une application smartphone. L’arrivée de Google dans le capital crée le buzz.
Lancée en 2009, la firme a déjà des activités dans 35 villes dans le monde. Crédits: DR

Un taxi ? Vous ouvrez l’application Uber sur votre smartphone. Celle-ci vous localise, identifie la voiture la plus proche et vous l’envoie. Le prix du trajet est directement débité sur votre carte de crédit. Combien ça coûte ? « A peine plus cher qu’un taxi ordinaire », selon l’entreprise.

Pour avoir accès à ce service, vous avez au préalable ouvert un compte chez Uber. Vous disposez ensuite de facilités d’utilisation similaires à celles offertes par le site de location de vacances Airbnb.

Uber a débuté ses activités en Suisse fin juin à Zurich et organisé l’inauguration officielle le 26 juillet dernier. « Le champion de tennis Stanislas Wawrinka est le premier abonné de la filiale helvétique, se félicite Matt Atkin, d’Uber Zurich. Nous sommes encore en phase test et devons roder notre modèle avant de nous étendre à d’autres villes. Nous devons en priorité engager un responsable pour l’équipe zurichoise. »

Une douzaine de véhicules en service

Uber couvre la région zurichoise avec une douzaine de véhicules mis à disposition par des compagnies partenaires. Les conducteurs sont des pros employés par des sociétés qui proposent des limousines avec chauffeur. « Uber n’est pas une compagnie de taxi à proprement parler mais un intermédiaire qui met en relation des clients avec des loueurs de voitures», précise Matt Atkin.

Si Uber crée aujourd’hui le buzz, c’est qu’au mois d’août, la compagnie a levé 360 millions de dollars pour son développement, dont 260 proviennent du fonds pour l’innovation de Google, Google Ventures. Cet investissement est le plus important consenti jusqu'ici par le géant de Mountain View. On connaît les travaux de la firme sur le développement de voitures sans conducteur qui roulent déjà aux Etats-Unis depuis 2012.

Fondée en 2009 à San Francisco, Uber a connu une expansion rapide. Présente dans 35 villes dans le monde, essentiellement aux Etats-Unis, la firme a aussi débarqué à Shanghai, Singapour, Stockholm ou Paris. Avec des investisseurs poids lourds comme Goldman Sachs et Menlo Capital, Uber figure dans l’édition 2012 du Top 10 des compagnies à suivre de Forbes et se place sixième dans le classement « Fast Company’s Most Innovative Companies 2013 ».

Fondée par un serial entrepreneur

Co-fondateur et CEO, Travis Kalanick (36 ans) est un serial entrepreneur qui a débuté lors de la bulle internet de la fin des années 90 avec le moteur de recherche d’échanges de fichiers « peer-to-peer » scour.net. Créée en 2002, sa seconde compagnie Red Swoosh a été vendue en 2007 pour 15 millions de dollars à la société cotée au Nasdaq Akamai Technologies.

Travis Kalanick s’illustre aussi pour avoir établi le deuxième meilleur score mondial au Wii Tennis, indique le site internet Uber.com. Le Californien a créé Uber avec Garrett Camp, entrepreneur issu de l’Université de Calgary (Canada) qui lui aussi a déjà lancé plusieurs firmes Internet.

Les foudres des concurrents traditionnels

Mais partout dans le monde, Uber s’attire les foudres des services classiques de taxis. Ce fut le cas dernièrement à Paris. Aux Etats-Unis, Uber fait recours contre des interdictions intervenues dans plusieurs villes et Etats. Les firmes Lyft ou Sidecar qui ont lancé des services de covoiturage font l’objet de la même levée de boucliers.

Mais à Zurich, les débuts d’Uber n’entament pas la sérénité de Marianne Ben Salah, présidente de l’association des taxis de Zurich (Taxiberverband Zürich). « Uber est un service de luxe qui s’adresse une clientèle particulière. En outre, les utilisateurs prêts à livrer leur numéro de carte de crédit ne sont pas légion. Croyez-moi, nous avons beaucoup de problèmes plus graves que ce nouveau concurrent. »

 

 

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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