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Des start-up romandes à la découverte de la Silicon Wadi

La Fondation Nomads emmène une délégation suisse au DLD Tel Aviv Innovation Festival, grand-messe technologique au cœur de la capitale économique israélienne.

La Fondation Nomads emmène une délégation suisse au DLD Tel Aviv Innovation Festival, grand-messe technologique à Tel Aviv. 

Pôle technologique, Tel Aviv talonne désormais de près la Silicon Valley. La scène innovante de la métropole israélienne est soutenue par des investissements importants en capital-risque et de nombreux incubateurs. Les start-up y développent des compétences de pointe qui aiguisent l’appétit de Google et autres géants de la tech.

Basée à Genève, la Fondation Nomads a pour ambition de développer et de promouvoir l’innovation dans l’arc lémanique, en stimulant la collaboration active avec d’autres hubs. L’écosystème dynamique israélien et sa proximité en font un partenaire stratégique pour la région lémanique.

C’est pourquoi elle emmène une délégation suisse au DLD Tel Aviv Innovation Festival, grand-messe qui rassemble au cœur de la capitale économique israélienne, du 25 au 29 septembre, des centaines de venture capitalists, startups  et multinationales du monde entier. La délégation est composée d’une trentaine de membres parmi lesquels des entrepreneurs, consultants, politiciens et académiques.

Des startup romandes sélectionnées

En partenariat avec Bilan, la Fondation Nomads a également mis en concours plusieurs places au sein de cette délégation, à destination des startups romandes. Avec comme objectif pour elles: s’inspirer de la « Start-up Nation » et nouer de potentiels partenariats. Sur la base d’un dossier, huit jeunes pousses parmi les plus prometteuses ont été sélectionnées pour faire partie du voyage. Actives dans la fintech, la medtech ou encore dans les services numériques, certaines parmi elles font partie de la dernière édition des « Start-up dans lesquelles investir » de Bilan.

Les lauréats

DomoSafety propose un service de maison intelligente pour sécuriser la vie des personnes âgées. Dosepharma a développé un robot pour faciliter la prise de médicaments. Museek a fondé un réseau social pour musiciens. PersonalCare Systems a créé un système de téléassistance intelligente. Spooklight Studio a lancé une app qui permet de créer des courts métrages en réalité augmentée. Sportunity est une plateforme d’intermédiation sportive réunissant athlètes, entraîneurs et infrastructures. WeCan.Fund a établi une plateforme de prêts participatifs. Yalty a mis au point un logiciel spécialisé dans les ressources humaines.

Sur quels critères ces start-up ont-elles été choisies?

Pour Sabrina Cohen-Dumani, directrice de la Fondation pour la formation professionnelle et continue (Genève) et présidente de la Fondation Nomads, « l’équipe de fondateurs, le facteur disruptif et la taille du marché » constituent les trois critères principaux.

« L’originalité, l’unicité, la valeur ajoutée, le potentiel commercial, ajoute Eric Blum, vice-président Food & Beverages chez Signals Analytics et membre du jury. J’ai aussi concentré mes choix sur des projets qui selon moi et mes connaissances peuvent intéresser les Israéliens et leur écosystème. »

Sophie Blum, vice-présidente Marketing de P&G Europe, mentionne « l’originalité de l’idée, l’impact potentiel, l’équipe. Dans un deuxième temps, l’état d’avancement du prototype et la présence d’au moins un client ».

Pour Benjamin Nuchowicz, entrepreneur autodidacte et investisseur dans la finance et le private equity depuis 25 ans, « l’impact positif sur la société, l’expérience et les profils des fondateurs, les potentiels de rentabilité, et la vitesse à laquelle ils vont dépenser leurs liquidités » font partie des critères de sélection majeurs.

Membre fondatrice de la Fondation Nomads, Tania Nuchowicz s’est essentiellement penchée sur le « niveau d’avancement du projet et les aspects créatifs et innovants de l’idée ». « J’ai également fixé mes critères de sélection dans l’objectif d’obtenir une diversité de domaines des startups », ajoute-t-elle.

Les choix du consultant Edmond Haïat se sont portés sur des technologie innovantes « permettant d’améliorer la vie du plus grand nombre, soit en apportant plus de qualité, confort ou simplicité dans la vie quotidienne ; soit en faisant un pas vers le futur, et ouvrant ainsi la voie à de nouveaux développement ».

« Dans tout projet de start-up, je me base à 40% sur le talent, à 40% sur la personnalité et à 10% sur le projet. Je crois qu’il est important de savoir si quelqu’un a un bon cœur », expose Patrick Zanello, entrepreneur dans les médias et la publicité.

L’investisseur spécialisé dans le private equity Fulvio Maccarone, lui, se concentre sur « des considérations de stade de maturité du produit ou concept, l’implication financière et l’engagement personnel de l’entrepreneur et le marché final avec un potentiel existant intéressant ».

«Je trouve particulièrement stimulant lorsque la connaissance scientifique, l’amélioration technique et la dynamique socio-culturelle économique se croisent au sein d’une startup innovante, et qu’ainsi le progrès se dessine», explique de son côté Irma Danon, journaliste et membre du Conseil d’administration de la Fondation Nomads.

Yoram Ben Zvi, expert de l’entrepreneuriat et du développement des entreprises high-tech, s’est lui concentré sur les entreprises qui rassemblent « l’innovation technologique et une vision globale. Ces entreprises pourraient beaucoup bénéficier du DLD Festival à Tel Aviv et représenter la Suisse pour mener une plus forte collaboration entre les deux pays ».

Fathi Derder, conseiller national vaudois, et Pascal Eichenberger, directeur de La Gestion Electronique S.A, complètent le jury qui a sélectionné les huit start-up lauréates. 

 

Comment améliorer les conditions-cadres ?

Bilan et la Fondation Nomads ont aussi sondé les participants au concours sur les conditions-cadres pour l’entrepreneuriat en Suisse.

La taxation sur les stock options s’avère être un poids de taille pour quelques-unes des start-up interrogées. Tout comme les frais de notaire dans le cas d’augmentations de capital, par exemple, ou plus globalement les lourdeurs bureaucratiques qui ralentissent le développement des entreprises. « Il faut simplifier les démarches administratives – autorisations, TVA, impôts, assurances… - qui plombent le temps et l’argent des entrepreneurs », déclare un jeune entrepreneur.

Plus globalement, même si l’environnement académique et économique est plutôt avantageux, il manque une culture de l’innovation concrète. « L'aversion au risque et l’absence de culture de l'échec est un frein. Il faut modifier notre vision sur ceux qui essayent, puis échouent… Rome ne s'est pas construite en une journée, il faut essayer pour réussir », pointe une start-up.

La région romande regorgerait pourtant d’opportunités qui n’ont pas été encore pleinement saisies. « Obtenir un accès plus facile aux multinationales, qui sont si nombreuses dans la région, pourrait réellement constituer un tremplin pour les partenariats potentiels. »

Un grand nombre de participants au concours relève le manque de diversité parmi les investisseurs basés en Suisse qui se concentrent beaucoup sur le biotech et le medtech, au détriment des IT par exemple. Un start-upper souligne que l’écosystème fournit un soutien solide pour le démarrage d’une entreprise. « En revanche, ajoute-t-il, il devrait être plus présent pour les phases qui suivent pour éviter que les entrepreneurs ne quittent la Suisse pour obtenir du financement. »

 

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