Bilan

Des rencontres aux antipodes bientôt possibles sur Tinder

Si vous payez pour des services Premium, l’application étendra votre champ de recherche jusqu’à l’autre bout du monde. Bien au-delà des 300 kilomètres réglementaires de la version gratuite.

Valorisée à 5 milliards de dollars, Tinder a fonctionné jusqu'ici sans modèle économique permettant de dégager des revenus. L'introduction de fonctionnalités payantes doit changer la donne.

Dès novembre, l’application Tinder offrira la possibilité de faire défiler sur son écran de smartphone des profils Facebook localisés à l’autre bout du monde, et non plus seulement dans un rayon de 300 kilomètres.

Sean Rad, l’un des cofondateurs de Tinder a annoncé le projet lors du sommet Forbes Under 30, consacré aux entrepreneurs de moins de 30 ans les plus prometteurs. “Nous allons ajouter des fonctionnalités que nos utilisateurs nous réclament depuis fort longtemps”, a déclaré l’Américain devant la presse internationale. La rumeur fait état de services payants permettant de se faire recommander des bars et des restaurants où organiser une rencontre. En outre, un outil de planification devrait faciliter les rendez-vous en fonction des déplacements prévus chez une génération Y toujours plus mobile.

Vu le caractère hautement addictif de Tinder, cette nouvelle possibilité va encore démultiplier le temps passé sur l’application, puisque l'utilisateur pourra alors passer en revue un nombre stratosphérique de profils. Si le temps consacré à des activités sportives et culturelles par les abonnés risque à nouveau de diminuer, les concepteurs se féliciteront d’augmenter le temps de cerveau humain disponible à monnayer.

Lancée en septembre 2012 par quatre Américains, Tinder allie la géolocalisation aux possibilités offertes par Facebook pour présenter à l’utilisateur des profils qui lui correspondent, à proximité du lieu où il se trouve. Le principe de base rappelle Facemash, le premier site de Mark Zuckerberg alors étudiant à Harvard, qui permettait de classer les filles en deux catégories : “hot or not”. Tinder affiche une photo surplombant un cœur ou une croix. On peut balayer l’écran du doigt vers la droite (swipe right) ou vers la gauche (swipe left), suivant que l’on souhaite ou non retenir un profil. Le contact – le « match » - est établi lorsque deux utilisateurs se sont mutuellement sélectionnés, sans savoir au préalable qu’ils avaient été retenus par l’autre.

Valorisée à 5 milliards de dollars 

En deux ans, l’application est devenue un phénomène de société. Disponible en 24 langues, Tinder compterait déjà ses utilisateurs par dizaines de millions. La société se refuse à révéler un chiffre exact d’abonnés, mais donne une idée de la progression de leur nombre en indiquant avoir enregistré un million de nouveaux utilisateurs pour les seuls États-Unis, pendant les 60 jours couvrant la fin de 2013 et le début de 2014. Actuellement, 1,2 milliard de profils Tinder se succèdent chaque jour sur des écrans de smartphone aux quatre coins du monde.

Valorisée depuis le printemps dernier à 5 milliards de dollars (vous avez bien lu), Tinder n’a toujours pas dégagé de bénéfices mais fonctionne à bas coûts, toute sa publicité se faisant par le bouche à oreille. La firme a fonctionné sans business model permettant de dégager un revenu jusqu’à l’introduction de fonctionnalités payantes cet automne. Une probable IPO réalisée en temps voulu rendra sans doute ses fondateurs millionnaires.

Inspiré par l’application de rencontres pour les gays Grindr, Tinder a fait passer aux oubliettes d’autres réseaux moins efficaces et moins conviviaux tels que OKCupid et autres Meetic. Tinder est devenu un modèle de référence sur le marché des rencontres amoureuses où les clones pullulent dans différentes niches, comme par exemple Luxy, le « Tinder sans les pauvres » réservé aux nantis.

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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