Bilan

Des clones de Zalando se multiplient

Des sites de vente de confection en ligne ont été lancés dans les pays émergents par Rocket Internet, la maison mère allemande qui affiche des ambitions mondiales.

Le comité exécutif de Rocket: Peter Kimpel, Oliver Samwer (CEO) et Alexander Kudlich.

Crédits: Dr

Jumia dans 11 pays d’Afrique, Jabong en Inde, lamoda en Russie, Lazada au Brésil. Autant de compagnies qui fonctionnent sur le même modèle que le vendeur de confection en ligne Zalando, actif en Suisse et en Europe. Toutes ces firmes ont la même maison mère: le groupe allemand Rocket Internet, présent dans 110 pays, de l’Arabie saoudite aux Philippines. Rocket Internet l’annonce sans détour sur son site: «Notre mission est de devenir la plus importante plateforme hors des Etats-Unis et de la Chine.» Soit le numéro trois mondial derrière Amazon et Alibaba.

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Lancé en Suisse en 2011, Zalando a été conçu à partir de l’exemple du site américain Zappos. Avec pour modèle économique de reproduire les formules qui ont démontré leur succès ailleurs, Rocket se profile dans les applications pour taxi (Easy Taxi), la fintech (Lendico, Zencap, Paymill), l’épicerie en ligne (Foodpanda), le tourisme (TravelBird) ou encore l’ameublement (FabFurnish) et les voitures d’occasion (Carspring). Tous les sites fonctionnent à partir de la même plateforme électronique. Rocket se distingue par un savoir-faire de pointe dans l’internet mobile, qui est le vecteur principal du web dans les pays émergents dépourvus de réseaux fixes. 

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Rocket s’adapte à toutes les situations. Les livraisons peuvent se faire à moto, voire à vélo, et les payements sont effectués en cash. Par l’intermédiaire de sa filiale Africa Internet Group (AIG) basée à Paris, Rocket s’avère un acteur moteur de l’essor économique de ce continent. AIG y construit des infra-structures de base pour la communication et la finance, avec des partenaires comme le groupe français Orange ou le géant allemand de l’assurance AXA. 

Accumulation de pertes

Créé en 2007 par l’actuel CEO Oliver Samwer et ses frères Marc et Alexander, Rocket emploie aujourd’hui 30  000 collaborateurs sur les six continents. Or, si les sociétés du portefeuille accroissent leurs ventes à grande vitesse, la plupart restent non rentables et le groupe accumule les pertes. Les titres Rocket ont perdu la moitié de leur valeur depuis leur introduction à la Bourse de Francfort en 2014, pour une valorisation qui culmine aujourd’hui à quelque 4 milliards d’euros. Au bénéfice d’injections de fonds souvent fournies par le groupe et ses actionnaires eux-mêmes, Rocket continue à investir en disant miser sur le long terme. Le marché commence à trouver le temps long.   

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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