Bilan

Des solutions pour ne plus gaspiller d’eau

A l’heure du Covid-19, les lavabos truffés de capteurs ou économisant l’eau connaissent un succès grandissant.

Le système créé par la biennoise Smixin permet d’économiser 90% d’eau et 60% de savon.

Crédits: Smixin

Depuis le début 2020, l’hygiène des mains constitue l’un des gestes essentiels face au Covid-19. Il y a d’un côté les gels désinfectants et, de l’autre, le traditionnel lavage des mains avec du savon et de l’eau. Cette pratique banale connaît pourtant, elle aussi, son lot d’innovations. Quelques startups suisses proposent des solutions pour optimiser ce geste tout en économisant sa consommation d’eau.

Ainsi, la startup vaudoise Droople parie sur des compteurs intelligents. Elle a signé un contrat avec l’Ecole Vivalys, à Ecublens (VD), afin de mesurer automatiquement le niveau d’hygiène des mains des élèves. «Depuis la mise en place de ce système, nous avons observé une tendance à la diminution des absences dues à diverses maladies infantiles. En cette période de pandémie, cette solution a prouvé son utilité», écrit l’école dans un communiqué.

Comment fonctionne cette technologie? «Chaque chasse d’eau et chaque lavabo est équipé de capteurs qui mesurent le débit et la température», explique Ramzi Bouzerda, directeur et cofondateur de Droople. Les données récoltées sont affichées en temps réel sur un écran à l’entrée des toilettes et sur le site internet de l’école. Le système permet de connaître précisément la consommation d’eau, le niveau d’hygiène des mains, le temps de lavage ou encore l’énergie utilisée pour chauffer l’eau. «Les élèves obtiennent un score sur dix. S’ils ont passé plus de 20 secondes à se laver les mains, ils ont généralement une bonne note», relève avec le sourire Ramzi Bouzerda. Les écoliers connaissent aussi leur impact sur le CO2 de l’énergie nécessaire à chauffer l’eau. «Pour les enfants, c’est aussi une source d’apprentissage.»

La startup espère intéresser d’autres écoles mais aussi des lieux de passage importants comme les aéroports, les hôtels ou les grands magasins. «Nous sommes en discussion avec un géant dans le commerce de détail en Suisse, note le fondateur de Droople. Les capteurs permettent de mieux gérer le nettoyage en fonction de l’affluence ou de mieux régler les débits d’eau ou les vannes d’eau chaude.» Ramzi Bouzerda clôture actuellement une levée de fonds de 1,2 million de francs. Lorsqu’une chasse est mal réglée, elle consomme 20 mètres cubes d’eau par an, soit 60 francs par année. Notre solution permet de réduire 25% des coûts.»

Droople vise également le secteur de la maintenance. Le système peut être particulièrement utile aux chauffagistes et aux installateurs sanitaire. Cette solution peut prévoir quand les filtres des fontaines à eau ou ceux des machines à café doivent être changés.

Chez McDonald’s et KFC

Autre innovation dans le lavage des mains, celle proposée par l’entreprise biennoise Smixin, spin-off de Creaholic - entreprise fondée par Elmar Mock, un des inventeurs de la Swatch. Après plusieurs années de recherche, la PME est parvenue à développer une tête de mélange associant eau, air et savon, avec une telle précision que le sentiment d’abondance est le même qu’avec un robinet classique. Son système permet une économie de 90% d’eau, de 60% de savon et de 60% de papier pour sécher les mains.

«Nous avons posé une trentaine d’installations dans les écoles à Berne», note Marcel Pordes, senior business development manager. D’après les essais de Smixin, un lavage des mains nécessite
1,2 litre d’eau – à noter que lors de ces mesures, le robinet a été fermé lorsque la personne se frottait les mains. La présence d’un économiseur d’eau sur le robinet permet de passer à 0,8 litre. Mais la startup biennoise va encore plus loin. Sa solution ne requiert que 0,1 litre d’eau, soit un facteur 10 de réduction.

Désormais, Smixin cartonne. Le Covid-19 incite de plus en plus de commerces ou d’écoles à installer des lavabos à l’entrée de leur commerce pour garantir une meilleure hygiène tout en maîtrisant leurs coûts. La société a conclu un partenariat avec CWS, spécialiste des solutions d’hygiène professionnelle. En outre, elle a installé plusieurs milliers de stations de nettoyage des mains à travers le monde, dans des écoles à Dubaï, sur des bateaux de croisière, mais également chez McDonald’s et KFC à Hongkong.

La société vaudoise Droople équipe les chasses d’eau et les lavabos de capteurs. (Crédits: Droople)

Une application qui envoie des rappels et donne des statistques

Il existe également des applications, telle Hand Wash, disponible sur les montres connectées du constructeur coréen Samsung. Celle-ci propose un compte à rebours de 25 secondes afin de suivre les recommandations de l’OMS qui préconise 20 secondes au minimum de lavage. Son intérêt repose sur le fait de programmer des rappels et des alarmes afin que l’utilisateur se lave les mains à intervalles réguliers. Hand Wash chronomètre, suit les habitudes des utilisateurs au fil du temps et fournit des statistiques sur les évolutions de manière hebdomadaire.

Enfin, citons encore le robinet The Drop, conçu par Patrick Houriet et fabriqué en collaboration avec le Centre de technologies microtechniques de Saint-Imier (BE). Il s’agit d’un robinet écosanitaire en forme de goutte, très économe en eau. Il est essentiellement destiné à des pays ou des lieux où l’eau est difficile d’accès. Le système permet de se laver les mains avec moins d’un décilitre d’eau. Le robinet s’installe facilement, même sur un bidon, un jerricane ou un petit réseau d’eau. Avec 10 litres d’eau, on peut procéder à 150 lavages de main.

Bloch Ghislaine NB
Ghislaine Bloch

Journaliste

Lui écrire

Ghislaine Bloch a découvert le monde de la vidéo et du reportage dès son adolescence. Après l'obtention d'un master à la Faculté des Hautes Etudes Commerciales de l'Université de Lausanne, elle démarre sa carrière à L'Agefi où elle effectue son stage de journaliste. Puis elle rejoint le quotidien Le Temps en 2004 où elle se spécialise dans les sujets liés aux start-up, à l'innovation, aux PME et à la technologie. Des thématiques qu'elle continue de traiter chez Bilan depuis 2019.

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