Bilan

Des chambres du commerce 4.0

Alliées historiques des entreprises, les associations économiques et patronales romandes se réinventent afin d’accompagner le virage numérique de leurs membres.

La CCIG a lancé une application destinée à ses membres. (Crédit: David Huc)

Partenaires autonomes, cantonaux et stratégiques, les Chambres du commerce et de l’industrie (CCI) ont un but commun: promouvoir et soutenir leur tissu économique. Une aide qui a démontré son efficacité lors de la crise Covid-19 où, plus que jamais, les différentes chambres romandes ont pu prodiguer des conseils, informer et défendre les intérêts de leurs entreprises. Et ce, notamment concernant la digitalisation des services, accélérée par le coronavirus. Désormais, vient leur tour de sauter le pas et ainsi finaliser leur mue 4.0.

La Chambre genevoise (CCIG), forte de ses 155 ans d’expérience, juge ce renouvellement nécessaire. «Historiquement, nous sommes un organe de lobbying qui porte la voix économique dans le champ politique. Mais cette attribution s’est progressivement doublée d’un rôle de prestataire de services, multiples et variés, pour les entreprises. Nous sommes plus qu’un simple porte-voix. Nos membres attendent légitimement un retour sur investissement quantifiable de leur cotisation. A cet égard, la dimension digitale, qu’a accélérée la pandémie, revêt une plus-value déterminante», assure Vincent Subilia, directeur général de la CCIG. Pour ce faire, une application vient d’être développée afin de consulter en un clic l’agenda des événements, de s’y inscrire, mais également d’avoir accès aux téléchargements de divers publications et contenus multimédias utiles.

Le point d’orgue de cette plateforme, téléchargeable par tous bien que consacrée avant tout aux sociétés du canton, consiste en un onglet communauté exclusif. Gratuit et accessible avec la nouvelle Cartapulse by CCIG (un badge VIP pour les 2400 cotisants), cet espace se veut une vitrine digitale afin d’échanger et de proposer des services aux autres membres à prix préférentiel. Promotion pour certains ou réseautage pour d’autres, chacun peut y trouver son compte, comme l’indique Pauline Zahlaoui, responsable membres et partenariats de la CCIG: «Notre place de marché est le reflet de la diversité des métiers et des savoir-faire présents à Genève. C’est l’opportunité de nouvelles relations d’affaires et de réduction de leurs coûts.»

Des modèles à suivre

Du côté de Fribourg, à la CCIF, un service de formation a été créé cette année pour apprendre aux membres le métier de digital manager. Un moyen pour eux de devenir des facilitateurs de transition au sein de leur entreprise. D’ici à la fin de l’été, un outil d’audit est également prévu pour évaluer son niveau de digitalisation. «Aujourd’hui, passer le cap du numérique est primordial. L’industriel comme l’artisan ne travaillent plus de la même façon. Ils doivent interagir plus rapidement avec les fournisseurs et leur clientèle», commente Chantal Robin, directrice de la CCIF.

Mais la digitalisation des CCI, c’est aussi une métamorphose à l’interne. «Afin d’être en mesure de conseiller en la matière, il a fallu travailler sur nos propres processus et notre infrastructure», témoigne la porte-parole de la CVCI (Vaud), Fanny Oberson. Télétravail, e-services, webinaires et votes d’assemblée générale sécurisés par la blockchain (initiés par la CCIG): rien n’est trop technologique pour les CCI. A long terme, toutes visent des démarches d’obtention de documents 100% électroniques.

Ces évolutions au sein des chambres romandes reflètent leur volonté de dynamiser leur relation avec les cotisants et de moderniser leur image. «Les entreprises manœuvrent dans un univers en perpétuel changement. Il est normal qu’en tant qu’institutions de soutien nous fassions de même. Nous devons nous adapter pour montrer l’exemple», conclut Pierre-Alain Berret, directeur de la CCIJ.

(Crédits: Dr)
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Julie Müller

Journaliste à Bilan

Lui écrire

Du Chili à la Corée du Sud, en passant par Neuchâtel pour effectuer ses deux ans de Master en journalisme, Julie Müller dépose à présent ses valises à Genève pour travailler auprès de Bilan. Quand cette férue de voyages ne parcourait pas le monde, elle décrochait des stages dans les rédactions de Suisse romande. Tribune de Genève, 24 Heures, L'Agefi, 20minutes ou encore Le Temps lui ont ainsi ouvert leurs portes. Formée à tous types de médias elle se spécialise actuellement dans la presse écrite économique.

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