Bilan

Darius Rochebin, une agence de comm’ à lui tout seul

Acteur influent sur les réseaux sociaux, le présentateur du Téléjournal est un geek heureux.
Darius Rochebin envoie ses derniers messages sur Facebook alors que le générique du Téléjournal a déjà commencé. Crédits: keystone/Salvatore di Nolfi

« Ne bougez Madame Widmer-Schlumpf, vous apparaissez à l’écran. » « Très bien, je reste comme un soldat ! » Le 29 mai dernier, Darius Rochebin a eu cet échange surprenant avec la ministre des finances venue présenter l’accord fiscal avec les Etats-Unis au Téléjournal. Comme il le fait souvent, le présentateur a photographié les écrans de contrôle à ce moment-là. Puis il a posté sur sa page Facebook l’image et rapporté le dialogue. Une intervention qui a créé le buzz.

Présentateur du Téléjournal de 19h30 de la Radio Télévision Suisse (RTS) depuis 1988, Darius Rochebin s’est imposé ces dernières années comme acteur incontournable des réseaux sociaux. Avec 24 000 fans sur sa page Facebook et près de 5000 followers sur Twitter, la moindre de ses déclarations suscite une cascade de commentaires et de partages.

Créer la connivence

Très doué pour se mettre en scène, le journaliste pose toujours avec les prestigieux invités de son talk-show "Pardonnez-moi". Il se prend aussi en photo lorsqu’il est à Cannes pour une interview ou au Vatican pour un duplex. Le Genevois accompagne ensuite les illustrations d’une ligne de texte teinté d’humour qui crée la connivence avec le public. « Darius Rochebin, c’est une agence de communication à lui tout seul », commente un professionnel des réseaux sociaux.

L’homme de médias bénéficie d’une immense popularité si on en juge par les échanges publiés. « Détrompez-vous. Je reçois aussi des commentaires négatifs. Sur Twitter, certains pointent systématiquement mes faiblesses, d’habitude en messages privés. Les réseaux sociaux sont un formidable outil de sondage. Après les émissions, je reçois immédiatement des retours. Si je fais une erreur, je reçois le correctif dans la minute. »

La publication de photos de paysage que lui envoient ses fans constitue une autre déclinaison de son art. Ces clichés superbes marqués par les conditions météo amassent moult commentaires. « Cet exercice est très populaire auprès des Suisses de l’étranger », poursuit-il.

Facebook plus familial

« Twitter est surtout un réseau pour des professionnels comme les journalistes et les politiques. Facebook a un côté plus familial. C’est là qu’on entre en contact avec une mère au foyer », observe Darius Rochebin.

Volontiers taquin, le présentateur photographie les collaborateurs à quelques secondes de leur passage à l’antenne. « Je ne cherche jamais à les piéger mais plutôt à les mettre en valeur. Je suis d’avis que l’on n’a rien à craindre de la transparence. Au contraire » Lui-même passe ses derniers messages alors que le générique est déjà lancé et garde son smartphone branché durant l’émission.

Croquer la miss météo

Darius croque aussi les coulisses du Téléjournal et publie les portraits des collaborateurs au travail, du réalisateur à la miss météo. Souvent, d’ailleurs, la miss météo. « Je considère qu’à côté des informations factuelles, les contenus plus conviviaux se justifient aussi. Cela permet de partager des émotions. »

« Un jour, j’ai publié la photo du texte des titres que j’allais prononcer. Les téléspectateurs ont adoré. L’un m’a écrit qu’il s’était appliqué à les lire en même temps que je les disais. » Le journaliste s’enthousiasme : « Je suis fasciné par le degré de décence des interventions. Les dérapages sont rarissimes. »

Enfin, Darius ne fait pas que son « personnal branding » sur les réseaux. Il se montre aussi généreux en lancement pour d’autres émissions de la RTS, clins d’œil amicaux à ses collègues et recommandations d'articles d’autres médias, dont ceux de bilan.ch.

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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