Bilan

Connecter les communautés avec les prestataires d’offres

Avec son business basé sur une plateforme de mise en relation et son app pour smartphone, la startup vaudoise Kireego séduit entreprises, écoles, associations, ONG ou de prestigieux clubs de football.
  • Massimiliano Rabbi et Christophe Lukundula, les deux cofondateurs de Kireego et désormais respectivement COO et CEO de la startup.

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  • Pour des entreprises comme Nestlé Suisse, Kireego permet de valoriser ses salariés en leur faisant profiter d'offres auprès des commerçants.

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  • Des clubs comme le Lausanne Hockey Club peuvent renforcer leur communauté en offrant un portail d'offres spécifiques à leurs supporters.

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Sur tous les sites de Nestlé Suisse SA, chaque employé sera bientôt invité à télécharger une app pour profiter de rabais, d'offres et de promotions proposées par les commerçants locaux et validée par leur entreprise. C’est déjà le cas pour les collaborateurs de Philip Morris International, ceux du TCS ou encore les personnes travaillant sur le site de l’EPFL Innovation Park. Les alumnis de l'Ecole hôtelière de Lausanne (EHL) peuvent faire de même pour découvrir des offres proposées exclusivement par les autres alumnis partout dans le monde. Le Mandarin Oriental de Genève propose une app pour les offres réservées à leur «Club des Gourmets». De même pour les futurs abonnés du Lausanne Hockey Club et demain les supporters d'un célèbre club de football des Pays-Bas ou les lecteurs d’un magazine ou membres d’une association ou ONG. Derrière tous ces avantages, un nom: Kireego.

«Pour nous tout a débuté par une plateforme destinée à connecter entre eux les commerçants. Puis nous avons été sollicités par une entreprise qui souhaitait améliorer la gestion des offres destinées à ses employés provenant de divers prestataires et commerces et nous avons alors commencé à imaginer tout ce qu'il était possible de développer», explique Christophe Lukundula, CEO de la startup vaudoise basée au sein des ateliers de la ville de Renens. Au fil des semaines se met alors en place toute une architecture de plateforme bien plus ergonomique, pratique et efficace que les traditionnels listings d’offres exclusives.

Ce «pivot» de l'activité d'une plateforme commerces avec commerces vers un business commerces avec communautés a permis à Kireego de décoller. Le concept est simple: une communauté (association, entreprise, école, club,...) fait appel à Kireego qui va lui permettre de rejoindre la plateforme. Le responsable de la communauté pourra y sélectionner ou inviter des partenaires commerces ou prestataires potentiels et valider, contrôler ou rejeter chaque offre (avec la possibilité d'expliquer aisément son choix pour permettre une nouvelle offre); et les membres de cette communauté sont ensuite invités à accéder à ces offres à travers l’application Kireego qui, une fois activée, se personnalise aux couleurs de la communauté. Comme ici avec l'EHL qui présente son programme pour les alumnis en vidéo.

Pas d'intéressement sur les achats réalisés

Christophe Lukundula, ancien de l'EHL, se défend toutefois d'être «un Groupon pour entreprises»: « Notre modèle économique permet de laisser le choix à chaque communauté de décider des prestataires selon sa stratégie et aux commerces de faire les offres qu’ils souhaitent selon la communauté ciblée. Nous ne « sourçons » aucune offre et tous types de commerce est libre de s’inscrire sur notre plateforme. De plus, nous ne prélevons aucun pourcentage sur les affaires réalisées: notre business model repose soit sur une licence payée par la communauté pour mieux gérer les offres à destination de ses bénéficiaires, soit sur un prix fixe par trimestre payé par les commerçants pour proposer une offre qui figurera sur l'app de telle ou telle communauté – si celle-ci la valide. De plus tout type de commerces et prestataires sont inviter à participer – c’est ainsi que nous avons aussi bien des commerces standards que des banques ou des assurances qui ne feraient jamais d’offre de réduction publique». Sans intéressement sur le chiffre d'affaires réalisé, Kireego peut revendiquer une transparence maximale et un rôle de mise en relation et non d'intermédiaire rémunéré sur les volumes.

Avec une quinzaine de communautés clientes et un millier de commerces partenaires dans la région lémanique, Kireego peut désormais compter sur les expériences utilisateurs pour promouvoir sa solution. Et s'attaquer au développement de nouveaux marchés et de fonctionnalités enrichies. Au niveau géographique, la startup romande veut dorénavant s'implanter solidement en Suisse alémanique, mais démarre aussi des projets au Bénélux (bientôt 700 prestataires) et en Grande-Bretagne (avec un projet potentiel pour une association regroupant des milliers de prestataires); un collaborateur vient d'être recruté pour ce marché. Le Canada va également être exploré, mais via un autre modèle: un agent local indépendant qui touchera une commission sur le chiffre d'affaires généré par la plateforme avec les communautés ou les commerçants et prestataires locaux.

Cette expansion géographique a amené les cofondateurs à développer de nouvelles solutions et de nouveaux usages: «Dans certains pays, il y a des offres qui prennent plus de sens que d'autres, mais la notion de communauté est également différente: en Grande-Bretagne il y a par exemple un peu moins d'intérêt de la part des entreprises pour donner de la valeur à leurs collaborateurs, mais par contre une grande importance accordée par de nombreux groupes à développer le concept de communauté inclusive, en cherchant à monétiser la communauté – ce que notre plateforme leur permet déjà de faire», détaille le CEO.

Aucun tracking individualisé des données utilisateurs

Et c'est là qu'intervient l'un des atouts majeurs de Kireego: la flexibilité de sa solution. Si l'app est toujours la même, quel que soit l'habillage choisi pour telle ou telle communauté, elle peut être constamment adapté et enrichie: «Un commerçant peut créer une carte de fidélité via l'app et créditer le client d'une communauté des points correspondants à ses achats, une entreprise qui dispose déjà d'une app peut y intégrer la nôtre, une communauté peut faire bénéficier à un prestataire qu'elle désire faire participer à son réseau de commerce partenaire d'un ou plusieurs mois gratuits,...», égrenne Christophe Lukundula. A terme, un coaching pour aider les commerçants à mieux cibler et affiner leur offre est également envisagé.

Un autre argument de poids de Kireego réside dans l'absence de tracking individualisé. A l'heure du big data mais aussi du piratage des données, Christophe Lukundula et Massimiliano Rabbi ont délibérément choisi de ne pas pister chaque utilisateur de l'app. «Nous avons des données, comme le nombre d'utilisateurs de chaque communauté qui ont consulté une offre ou qui l'ont actionnée, mais nous ne savons pas de qui il s'agit», assure le CEO. Un choix qui a convaincu plusieurs clients, inquiets de voir les données des membres de leur communauté voir leurs choix enregistrées et décryptés.

Après avoir pris pied à Londres, la prochaine étape du développement de Kireego pourrait passer par la case finance: «Nous ouvrons dorénavant notre capital à des investisseurs ou partenaires, afin de disposer des réserves nécessaires au développement de la plateforme avec ses nouvelles fonctionnalités et à l'extension du marché». Un montant compris entre 500'000 et un million de francs est visé, selon le type d'investisseurs (privé ou institutionnel), afin d'atteindre l'équilibre fin 2016.

Pas de folie des grandeurs toutefois: Christophe Lukundula et Massimiliano Rabbi entendent conserver la démarche d'explorateurs qui est la leur: ne se fermer aucune porte, étudier tous les développements possibles et envisager de nouvelles déclinaisons de cette solution née sur un modèle et qui cartonne désormais sur un créneau inattendu.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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