Bilan

Comment l'iBeacon bouleverse l’expérience client

La société genevoise HEY! ambitionne de convaincre les entreprises suisses de se lancer dans l’iBeacon. Ce système de notification pourrait devenir un outil marketing personnalisé redoutable.
  • Alban Perli, Marc Berger, Renaud Terlaud, trois des fondateurs de HEY!.

    Crédits: David Huc
  • Hey! et sa solution iBeacon seront présents au prochain Mobile World Congress de Barcelone. 

    Crédits: David Huc

Une technologie Apple ouverte aux smartphones Android? Les émetteurs iBeacon, ces beacons développés par la marque à la pomme, se distinguent dans sa galaxie de produits. Présentés voilà un an par Tim Cook, CEO d’Apple, et ouverts alors aux développeurs, les iBeacon ont d’abord suscité des questions: utilité, efficacité, traçabilité des utilisateurs… Puis des entrepreneurs se sont lancés dans le développement de solutions.

Renaud Terlaud est de ceux-là. Ce Genevois a suscité une alliance entre SII et la Société Secrète pour marier les avancées technologiques aux potentiels marketing, mais aussi commerciaux et organisationnels. Car les domaines dans lesquels il compte pousser ses iBeacon sont multiples. Ensemble, les deux entreprises ont créé HEY!, une solution innovante pour tous les détenteurs d’un smartphone équipé de la norme Bluetooth 4.0.

«Imaginez un commerçant qui souhaite cibler sa clientèle avec des offres particulières. Le client aura donné ses centres d’intérêts à un programme de fidélité 2.0, et, lorsqu’il passera à proximité d’un bien correspondant à ses préférences, il recevra une notification sur son smartphone», explique Renaud Terlaud.

Concrètement, la solution se présente sous la forme de balises iBeacon (les émetteurs), chacune équipée d’un identifiant universel unique, et d’une app. Celle-là est activée quand le porteur du smartphone entre dans une zone proche d’un émetteur. Le rayon d’action peut être réglé entre 70 mètres et 10 centimètres, avec trois secteurs distincts. «Dans un grand magasin, on peut imaginer un iBeacon par zone d’intérêt (chemises, pantalons).

Tandis qu’un boulanger pourra simplement utiliser un iBeacon pour signaler aux passants sa promotion du jour: il s’agit d’offrir aux clients une information non intrusive mais en temps réel et au bon endroit au bon moment», précise Raphaël Martin, dirigeant de la Société Secrète et chargé de la facette marketing au sein de HEY!

Les iBeacon présentent des avantages notables, dont le réveil des applications, des notifications de proximité, le fait de fournir une information contextualisée ou encore une localisation intérieure. Pour arriver à ce résultat, les équipes ont travaillé au développement pendant plus de dix mois.

Une première solution B2B (business à business) a été mise sur pied, avant que HEY! ne se tourne également vers le B2C (business à client). Et là les domaines d’utilisation sont légion. «Imaginez un musée où chaque œuvre serait équipée d’un iBeacon: le visiteur, à son arrivée, pourrait choisir un parcours à sa guise, qu’il soit chronologique, thématique, chromatique…», glisse Renaud Terlaud.

La vague des iBeacon

D’une durée de vie de deux ans, les iBeacon sont déployés depuis fin 2013 dans plus de 250 Apple Store aux Etats-Unis. Ils ont vu un véritable écosystème se mettre en place lors du premier semestre 2014 outre-Atlantique, avec des centaines d’entreprises impliquées dans le développement de solutions, mais aussi la gestion et l’administration des flottes d’iBeacon.

En Europe, le développement reste embryonnaire. Mais promis à de beaux développements. Raphaël Martin évoque, pêle-mêle, des centres de congrès, des grandes écoles et universités, des multinationales installées dans de vastes campus: toutes ces situations où localisation et information sont des données cruciales. «A l’hôpital, le médecin pourrait avoir la fiche du patient affichée instantanément sur sa tablette quand il s’approche du lit de celui-là», propose-t-il.

Mais l’iBeacon n’est pas uniquement un outil au service du client final. Chaque interaction entre l’app d’un smartphone et l’émetteur peut être enregistrée avec l’accord de l’utilisateur. Si ces données sont anonymisées, l’administrateur n’en reçoit pas moins un rapport qui lui permet de réorienter et d’affiner sa communication et ses stratégies marketing en fonction des choix de ses clients.

Pour profiter au maximum de cette vague naissante et faciliter l’usage du système par les entreprises et les commerçants, HEY! a développé une structure capable de mener toutes les étapes du projet, de l’étude fonctionnelle, technique et stratégique pour l’app dédiée à la mise au point d’une interface administrateur. Une technicité qui a valu aux Genevois d’être sélectionnés par AlpICT pour être présents sur le Pavillon Suisse du prochain Mobile World Congress de Barcelone, la grand-messe des technologies mobiles, en mars 2015.

Les solutions mises au point par HEY! ont déjà rencontré un certain écho dans l’univers du marketing. Des demandes émanant de clients du Moyen-Orient sont sur le bureau de Renaud Terlaud. Des dossiers européens aussi. Mais les associés de SII et la Société Secrète entendent donner la priorité au marché suisse. Epic, un restaurant de Plan-les-Ouates, a récemment été équipé et son app activée, pour offrir des services aux clients.

D’autres solutions sont en phase de travail avec des stations de ski, des organisateurs de congrès et de foires et des commerçants. «De la PME à la multinationale, nous pouvons nous adapter à tous les interlocuteurs. Ce qui va varier, outre le budget  (de quelques milliers à plusieurs centaines de milliers de francs), c’est le temps nécessaire au développement d’une solution appropriée et unique, qui ira de deux semaines à plusieurs mois selon la complexité requise», assure Renaud Terlaud.

La concurrence n’a pas attendu. Plusieurs sociétés étrangères ayant une présence en Suisse se sont aussi lancées sur le créneau. Mais HEY! affirme disposer d’une connaissance du marché, des consommateurs et des interlocuteurs helvétiques de nature à lui conférer un avantage concurrentiel.

Après le lancement de la première app pour le restaurant de Plan-les-Ouates, la jeune société vise une quinzaine de contrats d’ici fin 2014. Avant sans doute une explosion du marché en 2015.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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