Bilan

Comment gagner sa vie dans le monde virtuel

Il est possible de cumuler des revenus plus ou moins importants grâce à "Second Life", un jeu en ligne inspiré de nos sociétés réelles. Témoignage d'une professionnelle genevoise.
  • Gagner sa vie grâce à un jeu vidéo, est-ce possible ? 

    Crédits: Second Life
  • Sur Second Life, la Genevoise Tanya Broadhurst empoche en moyenne chaque jour la somme de 75 dollars. 

Gagner sa vie grâce à un jeu vidéo, est-ce possible ? Sur Second Life, une plateforme en trois dimensions qui réunit des amateurs de jeux en réseau, chacun peut acheter des objets conçus par d’autres internautes et tenir commerce en ouvrant une boutique virtuelle.

Des milliers d’abonnés monnayent ainsi chaque jour en Linden dollars - la monnaie ayant cours légal dans cet univers fantasque - des biens et des services immatériels auprès d’autres joueurs.

Virtuels en apparence, les gains sont pourtant bien réels. En effet, le Linden peut s’échanger contre des dollars américains sur LindeX, une place boursière virtuelle. Une fois converties en espèces sonnantes et trébuchantes, les sommes échangées permettraient à certains internautes de bâtir de petites fortunes, tandis que d’autres y trouveraient un moyen ludique d’arrondir leurs fins de mois dans la vraie vie.

La Genevoise Tanya Broadhurst, alias Giselle Aristocarnas, empoche en moyenne chaque jour la somme de 20’000 Linden dollars, soit l’équivalent de 75 dollars américains. Sa recette? Une boutique en ligne de vêtements et d’accessoires gothiques virtuels pour les avatars. «Ce jeu offre des possibilités de créations et d'échanges illimités», explique cette ancienne étudiante en lettres. «Passé le cap de la curiosité, je suis restée dans Second Life à titre professionnel.» Son plus beau coup: un canapé cercueil à 3'500 Linden dollars – soit 14$ l’unité – vendu à des centaines d’avatars.

"Interminables heures de travail"

Mais gagner sa vie dans ce monde virtuel n’est pas de tout repos. «Récolter l’équivalent d’un salaire complet grâce à Giselle n’est possible qu’après d’interminables heures de travail», avertit Tanya Broadhurst, qui se consacre 6 heures par jour, sept jours sur sept, à son activité. Quel nouveau canapé ou manteau s’arracheront les avatars l’été prochain et à quel prix? Comment choisir l’emplacement de son commerce virtuel? L’entrepreneur de Second Life doit non seulement inventer sa source de revenu mais aussi convaincre les autres de la valeur de ses créations. Enfin, pour pouvoir mettre au point ces dernières et les importer dans le jeu, une maîtrise parfaite des logiciels d'images tel que Photoshop est indispensable.

Comme dans la vraie vie, le moyen le plus rapide d’accéder à la richesse reste la spéculation immobilière. Ainsi, l’allemande Ailin Graef, alias Anshe Chung, aurait gagné plus d’un million de dollars en achetant de grandes étendues de terrains virtuels qu’elle aurait revendues au prix fort sous la forme de petites parcelles. La simulation de la ville d’Amsterdam quant à elle aurait été rachetée 50'000 $ sur eBay.

D’autres jeux vidéo permettent également des gains juteux. Ainsi, un étudiant est parvenu à vendre sur eBay son avatar de World of Warcraft pour 1200 dollars. De quoi faire rêver toute la communauté geek…

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Amanda Castillo

Journaliste

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Amanda Castillo est journaliste freelance. Elle collabore régulièrement avec plusieurs médias dont Bilan et Le Temps. Ses sujets de prédilection: le management et le leadership.

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