Bilan

Comment EOS a levé 4 milliards de dollars avec son ICO

La compagnie américaine Block.one a réuni une somme record avec la promesse de développer une approche simplifiée de la blockchain. C’est un peu Apple face à Microsoft, à l’époque de la révolution de la micro-informatique.

Après le bitcoin et l'ether, voici EOS, un nouveau protocole qui ambitionne de révolutionner la technologie de la Blockchain.

Une telle somme n’avait jamais encore été réunie dans l’univers des cryptomonnaies. La compagnie américaine Block.one a levé ce printemps 4 milliards de dollars dans le cadre d’un ICO (Initial Coin Offering) afin de développer un protocole baptisé EOS. Il s’agit d’une nouvelle blockchain créée en 2017. Cette somme phénoménale se situe dans le même ordre de grandeur que les plus grosses entrées en bourse (IPO) du monde internet réalisées à ce jour. En 2004, Google avait par exemple levé 1,6 milliards de dollars et Facebook, 16 milliard de dollars en 2012.

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Lancée en juin dernier, la plateforme EOS permet aux développeurs de réaliser des applications la base d’un nouveau protocole de la technologie blockchain. L’enjeu pour le commun des mortels, c’est que si une telle plateforme réunit un consensus suffisamment large, elle pourrait redéfinir les standards de pans entiers de l’industrie. Notamment ceux d’internet ou des applications smartphone.

Il existe parallèlement l’espoir que ces plateformes facilitent les paiements en ligne. Une percée comparable avait été opérée par le système Android de Google. Dans le cas des différents protocoles blockchain, l’innovation n’appartiendrait pas à une seule compagnie mais elle serait la propriété partagée des détenteurs de tokens.

D'autres initiatives dans la cryptovalley de Zoug

La Fondation Ethereum basée Zoug poursuit des objectifs similaires (produire des applications décentralisées qui peuvent évoluer), mais dans des modalités différentes et semble-t-il moins performante. «EOS versus Ethereum, c’est l’équivalent de la rivalité Apple/Microsoft dans les années 1990. Le nouveau domaine, c’était alors la micro-informatique. Tandis que Microsoft privilégiait l’aspect technique, Apple a débarqué avec une interface conviviale. Une approche qui rendait soudain les ordinateurs personnels accessibles à tous», commente Antoine Verdon, cofondateur de la startup Proxeus.

EOS intervient ainsi sur le marché avec la promesse d’aplanir l’accès à la technologie blockchain. Plus de 140 projets sont actuellement en cours de développement sur la blockchain EOS. L'une des plus connues est Everipedia - une encyclopédie qui récompensera les créateurs de contenu avec des jetons natifs. Le programme Everipedia a attiré le co-fondateur de Wikipedia, Larry Sanger, qui a rejoint l’équipe en 2017, en tant que directeur de l'information. Selon ce dernier, l’indépendance de Wikipedia souffre de la centralisation de l'information. « Le plus gros problème aujourd'hui, c'est que l’information est contrôlée par très peu d'acteurs, pour qui les nouvelles les plus salaces et les plus médiatisées sont les plus rapportent le plus. Nous pouvons faire beaucoup mieux », affirme Larry Sanger dans CryptoDisrupt.

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Le fondateur d'EOS, Dan Larimer est un gourou de la blockchain et des cryptomonnaies. L’Américain occupe une position centrale dans la communauté au même titre que le fondateur d’Ethereum Vitalik Buterin. Leurs échanges sur le réseau crypté Telegram Messenger sont très suivis et très commentés. Larimer est également à l'origine du Steemit (STEEM), un réseau social qui récompense les participants qui contribuent à la plate-forme.

Si Ethereum était encore récemment à la base du protocole Blockchain le plus populaire dans le monde, les lignes bougent. Ce printemps, EOS a pris la tête du classement Global Public Chain Technology Evaluation Index publié par le Ministère de l’Industrie et des Technologies de l’information chinois. Se plaçant devant Ethereum et Neo, EOS se distingue dans l’indice selon les critères de la technologie, de l’application et de l’innovation.

 

 

 

 

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan et community manager pour le site bilan.ch, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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