Bilan

Chris Dancy est l'homme le plus connecté au monde

Avec 300 à 700 capteurs connectés à son corps tous les jours et tous les gadgets de la wearable technology sur lui, Chris Dancy est certainement l'être humain le plus relié au monde. Il a même créé un concept à partir de son expérience: l'Inner-Net.
  • Chris Dancy est régulièrement invité sur les plateaux de télévision pour expliquer sa démarche.

    Crédits: Image: Fox News
  • En un an, Chris Dancy a perdu 45kg en s'appuyant sur les données collectées par les capteurs pour changer ses habitudes de vie.

    Crédits: Image: Chris Dancy

Il est tombé dans les objets technologiques tout petit: dès son enfance il avait une montre-calculatrice au poignet. Désormais, il a non seulement des Google Glass sur le nez, mais aussi une smartwatch au poignet, un bracelet connecté, un capteur de mouvements au bras,... Sans même compter les vêtements truffés de sondes et d'électronique ou les nombreux dispositifs intelligents qui équipent sa maison. Christopher Dancy affirme sur son site internet être l'homme le plus connecté au monde.

Au total, il aurait entre 300 et 700 capteurs en tous genres reliés à son corps chaque jour, aussi bien pendant son sommeil que lorsqu'il fait du sport, conduit, téléphone, cuisine ou travaille. Leur objectif? Collecter un maximum d'informations sur lui, son organisme, ses habitudes de vie, les analyser ensuite et trouver des solutions pour améliorer ses comportements. Ce mode de vie, il l'a même théorisé et conceptualisé: c'est l'Inner-Net, un réseau électronique de réalité assistée où les dispositifs seraient mis au service de l'individu pour lui permettre de tirer le maximum de chaque instant de la vie.

Perte de poids et code couleurs

En l'espace de quelques mois, son apparence a radicalement changé. Jusqu'en 2012, ce «nerd extrême» négligeait son look et avoisinait les 100kg. «Toute ma vie, j'ai eu du mal à perdre du poids, à dormir… J'ai aussi retrouvé le temps de méditer», glisse-t-il dorénavant. Aujourd'hui, il soigne son image, de sa coupe de cheveux à sa silhouette (il a perdu 45kg) en passant par ses vêtements et même le design des objets connectés qu'il porte. Ainsi, il a adopté un code couleurs: les neuf accessoires qu'il porte en permanence sur lui sont «soit blancs, quand ils servent à donner des informations, soit noirs, quand ils en collectent».

La passion de Chris Dancy pour les objets connectés l'a conduit à truffer son environnement de capteurs, de sa cuisine à sa voiture en passant par son lit. Même son chien Rocco a été équipé: «Comme moi, Rocco a longtemps eu des kilos en trop. Et puis il ne peut pas s'empêcher de chasser les chats. J'ai besoin de le surveiller avec un GPS», explique-t-il.

Le plus gros challenge pour lui est de penser à recharger les batteries de cette armada de capteurs, tous très gourmands en énergie. «C'était fatigant au début, mais tout fonctionne ensemble et je n'ai finalement pas grand-chose à faire au quotidien. Ma vie est réglée. Le plus compliqué, c'est sûrement de devoir recharger tous ces éléments», reconnaît-il.

Vendre ses données pour vivre

Température, lumière, humidité, pression atmosphérique, mais aussi respiration, tension artérielle, rythme cardiaque, vitesse de marche, habitudes alimentaires...: aucun détail de sa vie n'échappe aux capteurs qu'il porte ou dans l'environnement desquels il évolue. Mais l'un des thèmes majeurs reste la santé et le bien-être.

C'est d'ailleurs dans ce domaine qu'il envisage les prochains développements du secteur. «Durant les deux prochaines années, les technologies connectées devraient rester confinées au marché de la santé», affirmait-il récemment dans un entretien accordé à la BBC. A plus long terme, il envisage une assistance de tous les instants, comme une lumière bleue qui s'allumerait dans le vestibule pour prévenir la personne qui va sortir des riques de pluie ou encore un GPS intégré aux chaussures et qui vibrerait au niveau de la semelle pour prévenir la personne de la direction à prendre.

Actuellement, Chris Dancy est sans emploi. Une situation qui ne l'inquiète pas plus que ça car, selon lui, le travail pourrait devenir «optionnel ou occasionnel» à l'avenir: les revenus des gens pourraient provenir partiellement des données personnelles collectées selon le concept Inner-Net et revendues à des sociétés commerciales. A court terme et avant que ce modèle ne se répande, il espère cependant intéresser de grandes entreprises technologiques à son concept afin de le développer à grande échelle.

 

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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