Bilan

Chez SQLI, l’heure n’est pas à la crise

Derrière les sites de l’e-commerce de Nespresso ou de Visilab se cachent quatre lettres: SQLI, un groupe de service numérique dont la branche suisse est devenue un moteur.
  • Renaud Detcheverry, country manager Switzerland: «Le luxe figure désormais au cœur de notre stratégie.»

    Crédits: Dr
  • Salué par les professionnels, le portail My-Lausanne.ch regroupe une série de blogs.

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Une croissance de 15% du chiffre d’affaires en 2015, des effectifs passés de 80 à 120 collaborateurs en 2016, une nouvelle implantation à Zurich: SQLI ne connaît pas la crise. Si l’entreprise de service numérique (ESN) française est implantée en Suisse depuis 2001, elle vit actuellement une phase d’expansion sans précédent. «Le début des années 2000 était une période compliquée avec l’éclatement de la bulle internet, puis des choix stratégiques de croissance externe surtout», rappelle Renaud Detcheverry, country manager Switzerland.

Pourtant, l’entreprise née en 1990 en même temps que le web a survécu au krach de 2000. Au début du millénaire, elle compte même 1800 salariés entre France, Belgique, Suisse et Maroc. En 2013, Didier Fauque devient directeur général du groupe: «Son arrivée a constitué un virage avec une redéfinition de nos missions: l’ADN de SQLI c’est le digital et nous voulons être leaders dans l’accompagnement de la transformation digitale des entreprises.»

Entre 2013 et 2016, la valeur de l’action a quadruplé et la rentabilité du groupe a été améliorée. Avec ses clients, SQLI veut réellement amener une plus-value et une expertise afin d’accompagner la transition vers les bonnes pratiques de l’univers numérique; à la manière d’un moniteur de ski particulier accompagnant un élève qui découvre les pistes et lui transmettant sa technique avec un accompagnement personnalisé.

Cette relance de l’activité, Renaud Detcheverry l’a vécue de l’intérieur. Alors âgé de 37 ans, il était déjà passé par Capgemini et Deutsche Telekom quand SQLI l’a recruté en 2009. Direction: la Suisse. Quand il arrive, le site de Genève emploie 18 personnes et celui de Lausanne 40. Peu à peu, le Français se familiarise avec le pays, sa culture, développe les contacts et met en place une stratégie de croissance. Depuis trois ans, il en récolte les fruits avec une croissance à deux chiffres de l’activité dans notre pays.

Dernier choix majeur en date: l’ouverture d’une implantation à Zurich au printemps 2016. «Une décision cruciale pour se développer car la plupart des grandes marques ont leur siège à Zurich et l’essentiel du marché IT s’y situe», justifie le country manager. Huit mois après l’ouverture de ses bureaux dans les locaux de la Swiss Startup Factory, l’essai n’est pas encore transformé: «Nous sommes sur un marché que l’on ne connaît pas assez et qui ne nous connaît pas. Il va nous falloir du temps pour comprendre les logiques et gagner en visibilité. Mais les premières ventes ont eu lieu et nous allons muscler le dispositif», assure, très lucide, Renaud Detcheverry.

Des acteurs majeurs de l’économie

Cette première implantation en zone non francophone pour SQLI est suivie de près par la direction du groupe. Et elle intervient à une période où l’entité suisse récolte les fruits de sa stratégie patiemment mise en place. En choisissant de s’appuyer sur trois business units (technologie Java et l’e-commerce, technologie Microsoft, WAX interactive comme agence digitale), SQLI Suisse a su étoffer son panel de compétences et séduire des acteurs majeurs de l’économie de ce côté-ci de la Sarine. 

Parmi les plus belles réussites figurent le portail Fiscalité du canton de Vaud ou encore le site web du numéro 1 suisse de l’optique Visilab, sans oublier «Nespresso, notre premier client, pour lequel nous gérons la plateforme mondiale de l’e-commerce», glisse Renaud Detcheverry. Et SQLI Suisse compte d’autres prestigieux clients comme Philip Morris, la Banque Cantonale Vaudoise (BCV), les Services industriels de Genève (SIG) ou encore le groupe horloger Richemont avec plusieurs de ses marques.

Pour l’horlogerie d’ailleurs, la stratégie est particulière: «Il y a une volonté partagée de ne pas dégrader l’image de marque et le service en magasin qui offre une expérience client à part. Pour les marques horlogères, en plus du développement de la vente en ligne et de la notoriété de la marque grâce aux outils digitaux, nous avons aussi une stratégie drive-to-store afin d’inciter les clients à se rendre en boutique pour déclencher des achats sédentaires.» Et ce Lyonnais d’origine et père de deux enfants l’assure: «Le luxe figure désormais au cœur de notre stratégie.»

Une particularité du marché suisse bien comprise à Paris, assure Renaud Detcheverry: «Nous disposons d’une liberté stratégique assez forte et d’une autonomie au niveau des choix, tout en restant pleinement intégrés au groupe.» Celui qui a dirigé par le passé des unités de 500 employés avant d’intégrer SQLI dit «prendre beaucoup de plaisir à diriger un peu plus de 120 personnes», car il
se sent «pleinement intrapreneur».

Au terme de sept années passées ici, il a désormais une connaissance très fine du marché et des clients. Une expertise précieuse pour la direction du groupe. «Elle nous soutient et nous donne des directions avec des objectifs. Mais je reste autonome pour la stratégie. J’ai ainsi pu ouvrir des unités et en fermer d’autres, restructurer certains services, nous lancer sur certains secteurs et innover dans de nombreux domaines», se félicite le country manager.

Des recrutements à venir

Parmi les projets phares actuels: le portail My-Lausanne.ch, qui regroupe une série de blogs sur le chef-lieu du canton de Vaud. «L’idée était de créer une plateforme où blogueurs d’un jour et réguliers pourraient valoriser leurs contenus; un site basé sur l’expérience, le ressenti, l’émotionnel, et non pas sur l’information», explique Emmanuelle Rose, cheffe de service Digital – Lausanne Tourisme. WAX Interactive, agence de marketing digital de SQLI, s’est plongée dans cette aventure et la plateforme est saluée par les professionnels internationaux du tourisme comme une belle réussite.

Et les mois à venir devraient confirmer cette tendance. De nouveaux recrutements sont à prévoir, tant au niveau de talents aux compétences très spécifiques qu’au niveau de l’assistance et du soutien aux managers d’unités. «Une réorganisation managériale liée à une crise de croissance», sourit Renaud Detcheverry. Une crise pas si désagréable à traverser au regard du contexte économique actuel. 

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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