Bilan

Chats et chiens consultent aussi en ligne

Le marché de la télémédecine vétérinaire prend son envol dans les pays nordiques. En Suisse, la tendance démarre, avec notamment Mystetho.

En Suisse, 300 000 propriétaires d’animaux seraient prêts à consulter en ligne.

Crédits: FamVeld/Getty images

La télémédecine connaît une croissance fulgurante, portée par les périodes de confinement liées au Covid-19. Les animaux ne sont pas en reste. Les consultations vétérinaires en ligne sont de plus en plus plébiscitées par les propriétaires de compagnons à quatre pattes. La tendance devrait s’accélérer, étant donné la forte hausse des demandes d’adoption ou d’achat d’animaux domestiques ces derniers mois, constatée par la Société protectrice des animaux.

Aux Etats-Unis, plus d’un ménage sur deux était déjà propriétaire d’un compagnon à poils ou à plumes avant le Covid-19. Ce chiffre a progressé de 4% durant la pandémie, engendrant une augmentation des ventes de nourriture, d’accessoires et de jouets et de soins vétérinaires.

Plusieurs sociétés proposant de la télémédecine vétérinaire sont sur les rangs, notamment le leader mondial du secteur, l’entreprise suédoise FirstVet. Cette dernière, qui a levé 65 millions de dollars depuis sa création en 2016, est présente dans tous les pays nordiques, ainsi qu’en Grande-Bretagne, en Allemagne et aux Etats-Unis. Elle veut petit à petit s’attaquer au reste de l’Europe.

24 heures sur 24 et 7 jours sur 7

Le modèle de FirstVet consiste à nouer des partenariats avec des compagnies d’assurances qui rendent le service gratuit pour ses membres. La plateforme est actuellement utilisée pour plus de 7 millions d’animaux de compagnie, avec un service disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. La société affirme qu’environ 65% des appels sont résolus sans qu’il soit nécessaire de consulter en réel. Quant aux frais, ils se chiffrent à 29 francs en semaine (9 h-18 h) et à 43 francs en dehors des heures de bureau. «Nous ne voulons pas remplacer les cabinets physiques mais en sommes complémentaires, a déclaré à TechCrunch, son directeur David Prien. Notre objectif principal est d’être le premier point de contact naturel pour les propriétaires d’animaux.»

Startup genevoise

Autre plateforme de télémédecine vétérinaire: le français Linkyvet. Le client peut chatter avec le vétérinaire sur WhatsApp et filmer son animal avec son smartphone en suivant les indications du vétérinaire. La startup, fondée en 2018, s’est tournée vers les vétérinaires – et non les propriétaires d’animaux – pour inciter les clients à télécharger l’application.

Qu’en est-il de la Suisse? La médecine vétérinaire constitue un marché gigantesque. On compte environ 300 000 propriétaires d’animaux qui seraient prêts à consulter en ligne.

Une startup genevoise s’est lancée dans ce créneau. Fondée par Daniel Pereira et Pierre Starkov, elle a développé l’application Mystetho Veterinary tout en ouvrant un cabinet vétérinaire fin 2020 à Genève. Les deux entrepreneurs ont surtout développé un stéthoscope connecté. Les propriétaires d’animaux ont la possibilité d’enregistrer et de partager avec le vétérinaire les bruits du cœur et des poumons de leur compagnon. «Nous pouvons voir l’animal par visioconférence tout en écoutant son cœur et sa respiration à distance afin de se faire une première idée de son état de santé», explique Pierre Starkov. Ce stéthoscope connecté, développé avec l’aide du CSEM à Neuchâtel, contient des capteurs de vibration sonore. Il se connecte au smartphone et envoie les informations au vétérinaire à distance. «Il permet de déceler des signes qui peuvent indiquer une pathologie sous-jacente», ajoute Pierre Starkov qui visait initialement une application médicale humaine. Sa startup a déjà vendu plus de 750 stéthoscopes connectés en moins d’une année. Elle espère en commercialiser 5000 en 2021.

Bloch Ghislaine NB
Ghislaine Bloch

Journaliste

Lui écrire

Ghislaine Bloch a découvert le monde de la vidéo et du reportage dès son adolescence. Après l'obtention d'un master à la Faculté des Hautes Etudes Commerciales de l'Université de Lausanne, elle démarre sa carrière à L'Agefi où elle effectue son stage de journaliste. Puis elle rejoint le quotidien Le Temps en 2004 où elle se spécialise dans les sujets liés aux start-up, à l'innovation, aux PME et à la technologie. Des thématiques qu'elle continue de traiter chez Bilan depuis 2019.

Du même auteur:

ADC Therapeutics va entrer en Bourse
Andrea Pfeifer: AC Immune «mise surtout sur la prévention face à Alzheimer»

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Merci de votre inscription
Ups, l'inscription n'a pas fonctionné
Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."