Bilan

Cette technologie qui a simplifié les cours

Les métiers changent sans arrêt pour s’adapter aux nouvelles technologies, et les formations qui vont avec aussi. Tour d’horizon des grandes transformations du secteur.

Une révolution: la formation à distance via les Mooc.

Crédits: Shutterstock

Hier, il y avait les certificats papier. Aujourd’hui, certaines institutions transmettent leurs diplômes à l’aide de la blockchain. C’est la preuve que le paysage de la formation a largement changé au cours des dernières décennies. L’ère numérique a apporté son lot de nouveautés aux apprentissages et cours traditionnels. Ces derniers, qui imposaient des allers-retours à la bibliothèque, se sont mués en classes virtuelles. Wikipédia est devenu un acteur clé de l’enseignement. A noter également la montée en force des thèmes du genre 
et de l’environnement. Les universités et hautes écoles se sont adaptées aux préoccupations et au mode de vie de leurs étudiants. Tour d’horizon.

Se former depuis chez soi

L’une des principales révolutions du monde académique depuis les années 90 réside en la création des Mooc (Massive Open Online Course). Ces cours virtuels permettent à tout un chacun de se former sans devoir se déplacer à l’autre bout du monde. Certaines des universités et écoles les plus prestigieuses au monde offrent cette possibilité. Pierre Dillenbourg, professeur à l’EPFL et spécialiste de la question des Mooc, confiait en 2013 à Bilan: «Nous avons 250 000 Américains qui ont ouvert nos cours en ligne. Parfois sans même savoir où est la Suisse.»

Classe d’élèves genevois en 1904. Depuis lors, les écrans ont remplacé le tableau noir.

Comme l’indique son nom, un Mooc est destiné à un grand nombre de personnes. Une autre manière d’apprendre a aussi vu le jour sous la forme des Spoc, pour Small Private Online Course. Encore une fois, l’idée est de profiter des outils numériques pour enseigner. Ainsi, la formation en finance délivrée par le Swiss Finance Institute avait par exemple lancé son propre cours à la rentrée 2018. La forme? Des vidéos d’une durée moyenne de sept minutes. 

A noter que ce type de formation est de plus en plus reconnu, surtout au niveau des employeurs. Les Mooc offrent aujourd’hui la possibilité de payer pour obtenir un certificat «vérifié» attestant de la réussite du programme. Le problème de vérification existe bel et bien. «Etablir l’authenticité d’un diplôme ou d’un certificat n’est pas chose aisée. Cela veut dire que le recruteur doit connaître l’institution, ce qu’elle offre, leurs formats de certificats et même leur système de notation», estime Vivek Anand, CEO de Workonomix.

Certificats en ligne

Plusieurs établissements de formation mettent en place des certificats numériques. Le but est de se libérer du format traditionnel en papier pour permettre aux personnes formées de disposer de leurs attestations de réussite en tout temps. Au centre des tentatives pour instaurer ces documents officiels: la blockchain. 

David Goldenberg, fondateur de CVTrust, a incorporé cette technologie dans sa plateforme Smart Certificate il y a quelques années. «La plateforme a évolué à travers le temps afin de répondre aux attentes de tous les établissements.» 

Toute personne qui a obtenu son diplôme peut se connecter et télécharger le PDF ou l’extraire pour l’ajouter à ses réseaux sociaux. Si la blockchain permet d’assurer à elle seule l’intégrité du document (via l’horodatage), elle ne se suffit pas à elle-même et reste dès lors l’une des composantes pour une sécurité maximale. 

«Tenant compte des faux en matière de diplômes et d’attestations d’étude, le but est de réduire les risques au maximum», ajoute David Goldenberg. François Fischer, chargé du développement sur le marché suisse, souligne l’intérêt pour les ressources humaines: «Aujourd’hui, beaucoup de RH passent par des tiers de confiance pour la vérification. Et lorsque l’on recrute parmi 300 à 500 candidats, cela coûte cher en temps et en argent.»

Chaque institut de formation y va de sa solution, mais l’homogénéité n’est pas un problème pour François Fischer. Le spécialiste des ressources humaines estime que tant que les fichiers restent authentiques et sécurisés, ainsi que facilement vérifiables, peu importent la manière et l’interface utilisées par les formateurs. Le plus important reste de disposer d’une solution qui répond précisément aux attentes des utilisateurs, tant du côté de l’établissement et des recruteurs que du côté des diplômés eux-mêmes.

L’Université de Genève développe de son côté sa propre solution, à travers un projet pilote. L’expert indépendant Jörn Erbguth constate que de nombreux cas de falsification sont apparus au cours des dernières années. Un problème qui mérite selon lui une solution. «Il y a de plus en plus d’appels à l’Université pour voir si la personne a un vrai diplôme. L’Université doit ensuite vérifier et tout ce processus a un coût que l’on veut éviter», résume-t-il. 

D’où l’intérêt de se tourner vers une solution en ligne. La solution de l’Unige mise elle aussi sur la blockchain. Une technologie qui permet de facilement gérer les révocations. «Il suffit d’ajouter une entrée», affirme l’expert. 

«Chaque vérificateur peut suivre les étapes pour vérifier si le certificat a été altéré, affirme Vivek Anand. Plusieurs universités ont un projet pilote sur cette approche. L’Etat de Singapour a défini un standard appelé «OpenCerts» qui va être utilisé par tous les instituts du monde pour soumettre des certificats numériques vérifiables et inaltérables.»

Thèmes nouveaux

En ce qui concerne les thématiques dans les sphères académiques, l’un des grands chevaux de bataille de notre époque est celle du développement durable. Autant en géographie que dans les écoles de commerce et d’industrie: l’environnement est au centre des préoccupations. Un autre domaine qui revient régulièrement est celui de l’intelligence artificielle et de ses dérives de machine learning.
A l’aube des premières villes autonomes, il y a fort à parier que la mobilisation des étudiants et les formations dans ce secteur vont s’accentuer. 

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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