Bilan

Ces Suisses qui ont conquis la Silicon Valley

Entrepreneurs, designers ou capital-risqueurs, de nombreux Helvètes exercent des postes clés et influents dans la Silicon Valley, capitale mondiale de l’innovation. Présentations.
  • Yves Béhar (FuseProject) 

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  • Claude Zellweger (studio One & Co) 

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  • Lukas Scherrer (Shibuleru)

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  • Urs Hoelzle (Google)

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  • Louis Perrochon (eBay)

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  • Daniel Graf (Google puis Twitter)

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  • Aymeric Sallin (NanoDimension)

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  • David Marcus (Facebook)

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  • Tony Schneider (Wordpress) 

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  • Thomas Odermatt (RoliRoti). 

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L’esprit d’entreprise et d’innovation souffle sur la Silicon Valley, et ce vent d’audace réussit aux Helvètes. Les Suisses s’y distinguent dans de nombreux secteurs: la haute technologie, bien sûr, mais aussi le design, la nanotechnologie, et même… la rôtisserie mobile! Innovation, audace, vision et rupture avec les modèles traditionnels sont les maîtres mots de ces réussites. Même l’architecture de San Francisco reflète une certaine vision suisse: le Musée d’art moderne, bâtiment emblématique de la ville, est l’œuvre de Mario Botta.

Parler des Suisses en Californie sans parler de design serait impossible. Il y a bien sûr la superstar: Yves Béhar. Le Lausannois a été désigné par le magazine Forbes comme le designer industriel le plus influent au monde. Il est le fondateur de la compagnie FuseProject. Et il a compté parmi ses clients les leaders mondiaux de la tech comme Apple, Google ou Samsung.

Yves Béhar est à l’origine de nombreux projets innovants comme le «One LapTop per Child», le bracelet de quantified self «UP» de Jawbone ou encore la plateforme de jeux en open source Ouya. Bref, cette usine à idées n’arrête pas d’innover. Présent partout, Yves Béhar soulève avec talent des fonds et de l’enthousiasme pour tous ses projets.

Mais il n’est pas seul. Le designer industriel Claude Zellweger, vice-président du studio One & Co, est aussi bardé de prix internationaux. Il se distingue depuis de nombreuses années pour ses collaborations avec Microsoft, Dell ou encore Sony. Son studio, qui emploie 50  personnes, a été racheté par son plus gros client: HTC. Les smartphones qu’il dessine comptent parmi les plus belles réussites en matière d’ergonomie et de simplicité.

Dans le design à San Francisco, Lukas Scherrer est un autre designer à suivre de près. Après son succès en qualité de senior designer chez IDEO, il est maintenant le fondateur de Shibuleru. Il a créé des produits pour de nombreuses compagnies classées dans Fortune 500.

Diplômés de l’ETHZ ou de l’EPFL

Poussées par des directeurs visionnaires, les écoles comme l’ETH de Zurich et l’EPFL d’Ecublens figurent désormais en tête des meilleures hautes écoles européennes. Reflet de cette excellence académique, il n’est pas rare de trouver des diplômés d’écoles suisses dans des positions stratégiques de la Silicon Valley.

Urs Hoelzle est vice-président des infrastructures chez Google et au bénéfice du titre honorifique maison «Google Fellow» ou Super Googleur. Diplômé de l’ETH de Zurich, puis professeur de computer science à l’Université de Santa Barbara, le Zurichois exerce un rôle clé pour le moteur de recherche. Il est clairement mentionné dans le livre de Douglas Edward I’m feeling lucky, les confessions d’un employé Google: «Sans Urs, les infrastructures de Google n’auraient pas tenu deux ans… Urs est la personne clé qui permet à Larry et Sergueï d’avoir la tête à d’autres choses.» 

Egalement issu de l’ETH Zurich, Louis Perrochon a rejoint eBay cette année, en qualité de vice-président de l’ingénierie, après onze ans passés chez Google. Il y a dirigé les équipes d’ingénieurs derrière de nombreux projets phares comme Google Maps, Google Earth, YouTube et le marché Android. Il a aussi travaillé sur le système de paiement Google Wallet; eBay attend de Louis Perrochon qu’il insuffle une nouvelle vision stratégique pour cette plateforme de commerce mondial.

Autre parcours au sommet pour Daniel Graf. Parmi ses succès, il a été à la tête de Google Maps depuis 2012 et responsable de son arrivée sur l’iPhone. Cette année, il a été débauché par Twitter en qualité de vice-président produit. Mais les dirigeants du réseau social ne l’ont gardé que six mois (ce qui fait deux changements à ce poste chez Twitter en moins d’une année). Reste un Daniel Graf à qui Google doit des réussites globales pour son service de cartes GPS.

Dans la Silicon Valley, les Suisses qui comptent ne s’illustrent pas seulement dans la haute technologie. Alumni primé de l’EPFL pour son esprit d’entreprise, Aymeric Sallin, fondateur et CEO de NanoDimension, est aussi reconnu comme un leader dans l’innovation en Californie. En 2010, le gouverneur de la Californie, Arnold Schwarzenegger, l’a distingué comme une des 20  personnes clés de la Silicon Valley. La firme d’Aymeric Sallin, nanodimension, est un leader dans le capital-risque pour les nanotechnologies.

Entrepreneur dans l’âme, David Marcus, diplômé de l’Université de Genève, est courtisé par les plus grands pour ses talents reconnus en entrepreneurship, ainsi que pour sa vision et son expertise dans le paiement mobile. Il est l’un des dirigeants les plus influents de la nouvelle révolution de la finance mobile. Après avoir dirigé PayPal en qualité de CEO, David Marcus a récemment rejoint la direction de Facebook Messenger.

Mark Zuckerberg a une vision pour la monétisation des applications de messagerie et David Marcus la partage. Il pourrait aider Facebook à atteindre son but: créer un système de proximité pour l’échange d’argent en éliminant les intermédiaires, via la messagerie instantanée.

Avec sa carrière stratosphérique, le superinvestisseur zurichois Toni Schneider fait aussi partie des grands noms incontournables de la Silicon Valley. C’est le CEO de WordPress, un outil de blogging au succès planétaire: sa société fait partie des 10 sites les plus visités au monde. Toni Schneider a aidé à la fondation de TrueVentures, une des plus importantes sociétés de capital-risque dans la Silicon Valley. Les sociétés dans lesquelles il injecte des millions pèsent maintenant des milliards.

Toni Schneider a créé Oddpost, achetée par Yahoo! pour 30 millions de dollars. Il a ensuite cofondé Sphere, un moteur de blogging acquis par AOL pour une somme avoisinant les 25 millions de dollars. Avec son parcours couronné de succès, il est considéré comme l’un des meilleurs CEO de start-up de la Silicon Valley. Il a su pourtant rester simple et naturel, comme en témoigne son blog personnel toni.org. Il y raconte sa vie, sa passion de l’automobile et des  énergies propres et son quotidien, celle d’un «Swiss guy in San Francisco».

Le roi des food trucks

Les Suisses innovent aussi dans des secteurs plus inattendus, comme la rôtisserie. Thomas Odermatt est un pionnier des food trucks, une industrie en plein boom dans la Silicon Valley. Le Zurichois, qui descend de trois générations de bouchers, explique qu’il s’est expatrié en toute connaissance de cause: «J’ai fait des recherches approfondies en 2002 sur les food trucks aux Etats-Unis. A l’époque, il n’y avait ni qualité ni ingrédients locaux, j’y ai vu l’opportunité de créer un business model en rupture avec ce qui existe.» $

Aujourd’hui, il est à la tête de RoliRoti, la compagnie leader dans le secteur des food trucks. Il sert 40 marchés chaque semaine dans la baie de San Francisco. Et Thomas Odermatt a encore de l’appétit: «Dans un avenir proche, nous allons créer un autre business model innovant dans la livraison des «ready to eat» pour la région.»

Thomas Odermatt aime la région pour sa culture progressiste: «Nous pouvons y démarrer des tendances qui gagneront tout le pays.» L’esprit de l’innovation souffle donc fort sur la baie de San Francisco pour tous les entrepreneurs. Et certains Suisses savent bien gonfler leurs voiles pour avancer dans ce vent.  

Didier Bonvin

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