Bilan

Ces applications qui promettent le droit à l’oubli

Messages et photos éphémères permettent de retrouver une intimité perdue sur les réseaux sociaux. Mais attention, ces données laissent tout de même des traces.
Sur Snapchat, les photos s'autodétruisent dix secondes au maximum après leur réception. Crédits: DR

Un e-mail avec une durée de vie prédéterminée? C’est la dernière invention de Microsoft. La compagnie de Bill Gates a déposé, en février dernier, une demande de brevet auprès de l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle qui vient d’être rendue publique. Le concept est simple: l’e-mail s’autodétruit à la date choisie par l’envoyeur. Ce dernier a également la possibilité d’autoriser, ou non, le récepteur à modifier le jour et l’heure de la suppression.

Effacer ses données pour ne pas laisser de trace, le phénomène n’est pas nouveau. Il a commencé il y a deux ans avec Snapchat et ses photos autodétruites dix secondes au maximum après leur réception. Le succès a rapidement grandi et 200 millions de clichés fantômes sont ainsi échangés chaque jour, soit quatre fois plus que sur Instagram.

Notamment utilisé pour échanger des contenus gênants ou sexuellement explicites, Snapchat a ouvert la voie à toute une série d’applications qui prônent le droit à l’oubli. Parmi elles, Burn Note qui permet déjà d’envoyer des e-mails et des SMS éphémères et qui empêche toute capture d’écran. Son créateur, l’entrepreneur new-yorkais Jacob Robbins, a imaginé ce système car il craignait d’envoyer par e-mail des informations confidentielles à ses collaborateurs.

Twitter n’est pas en reste. Lancée par un ancien du réseau de microblogging, une récente application baptisée Twitter Spirit permet de programmer la mort de ses tweets grâce à un hashtag.

Une suppression totale, vraiment?

Le 8 mai dernier, l’entreprise américaine Decipher Forensics a révélé qu’elle avait trouvé une faille dans l’application Snapchat. Les fichiers sont en réalité stockés sur le disque dur du téléphone. Il est par conséquent possible de les récupérer. Snapchat ne s’en cache pas dans ses conditions d’utilisation.

L’application Twitter Spirit pose quant à elle la question de la protection des données. Pour l’utiliser, il faut autoriser Spirit à suivre de nouvelles personnes à la place de l’utilisateur, à mettre à jour son profil et même à poster des tweets à sa place.

Pour l'heure, la suppression totale des données et la protection de la vie privée sur internet semblent être des idéaux difficiles à atteindre.

Leila Ueberschlag

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