Bilan

Ces Suisses qui devaient participer à la grand messe du mobile

Le Mobile World Congress devait ouvrir ses portes du 24 au 27 février. L’événement qui réunit les plus grands acteurs du monde des télécommunications a été annulé en raison de la propagation du coronavirus. Plusieurs startups suisses avaient été choisies pour s’y rendre.

Crédits: DR

C’était l’occasion pour elles de briller dans un monde extrêmement concurrentiel: les startups suisses qui faisaient partie de la délégation devront prendre leur mal en patience. Une dizaine d’entre elles devaient faire le déplacement au Mobile World Congress, qui est l’événement incontournable pour le secteur des télécommunications. A Barcelone, autant Huawei, Samsung que Sony ont pour habitude de révéler leurs derniers smartphones. Une délégation helvétique était prévue pour aller dans la capitale catalane du 24 au 27 février, mais l’événement est finalement annulé. Le coronavirus s’est propagé, et les organisateurs ont préféré annulé leur congrès pour éviter de répandre la maladie.

Le programme Venture Leaders Mobile continue cependant. Il est organisé par Venturelab et soutenu par Vischer, Swisscom ainsi que Switzerland Global Enterprise. «Nous serons à Barcelone» affirme Ignacio Barrios Banos, CEO de Kido Dynamics. La partie foire est bel et bien annulée, mais les entrepreneurs suisses vont tout de même rencontrer des clients et partenaires potentiels.

Cinq Romands sur dix

Sur les dix startups initialement choisies pour se rendre à Barcelone, cinq venaient de Suisse romande. Il y avait notamment CREAL3D, fondée par Tomas Sluka. La start-up basée à Saint-Sulpice a mis au point une technologie de lunettes intelligentes. Elle parle d’un certain inconfort des lunettes actuellement sur le marché. Un inconfort qui «freine toute l’industrie de la réalité virtuelle et de la réalité mixte». Alexander Krasov, CEO et cofondateur de CREAL3D, croit fermement à son idée. «Les lunettes intelligentes sont destinées à devenir notre assistant de tous les jours dans tous les domaines, de la cuisine à la neurochirurgie.» Il ajoute: «Cela n’est cependant pas possible avec les casques actuels qui utilisent des écrans plats car ils ne montrent des images qu’avec une illusion 3D stéréoscopique sans profondeur optique, et offrent donc une expérience visuelle désagréable». Sa start-up travaille donc sur une technologie qui permet de créer des images virtuelles en 3D réelle comme un hologramme, et qui sont donc naturelles pour la vision humaine.

Tomas Sluka, l'un des fondateurs de CREAL. Crédits: Venture Leaders.
Ignacia Barros Banos. Crédits: Venture Leaders.

Du côté de Kido Dynamics, l’accent est mis sur les données et leur traitement. Son fondateur Ignacio Barrios Banos résume: «On utilise les données liées aux téléphones portables, qui représentent l’image la plus précis de la mobilité humaine. En respectant les plus strictes principes de sécurité et de vie privée, (RGPD), nous facilitons pour les gouvernements, sociétés privées et grandes boites, toute l’information relié à la mobilité des personnes, et nécessaire pour la planification, exploitation et opération des infrastructures, soit autoroutes, aéroports, destin touristique ou centres commerciales.»

Parmi les autres Romands, il y a EcoRobotix. La start-up basée à Yverdon-les-Bains travaille sur des robots solaires complètement autonomes. Le but est d’effectuer le travail habituellement réalisé par les humains. L’utilisation d’un robot permet d’éviter la confrontation aux produits chimiques répandus sur les cultures. Les fondateurs de cette start-up espéraient rencontrer des partenaires stratégiques potentiels à Barcelone.

Aurélien Demaurex, au sein d'EcoRobotix. Crédits: Venture Leaders.
Fabien Jordan, fondateur d'Astrocast. Crédits: Venture Leaders.

Les Lausannois d’Astrocast s’attaque aux nanosatellites. Ils veulent permettre une communication entre des appareils qui ne peuvent actuellement pas se connecter et les réseaux. C’est pourquoi la start-up a des partenaires comme Airbus, l’ESA et Thuraya.

Enfin, ScanTrust faisait également partie de la sélection. La start-up représentée par Ricardo Garcia opère au niveau des chaînes d’approvisionnement. Son code QR breveté permettent aux marques de sécuriser numériquement leurs produits. Les consommateurs et utilisateurs peuvent ensuite vérifier les produits et en savoir davantage sur leur histoire.

Ricardo Garcia, ScanTrust. Crédits: Venture Leaders.

Pas de World Mobile Congress… conséquences ?

De manière générale, les startups suisses restent sereines suite à l’annulation du World Mobile Congress. Alexander Krasov estime que d’autres salons existent dans le monde. Même si celui de Barcelone est l’un des plus grands d’Europe, il faut rester positif. «Il y a d’autres opportunités» lâche-t-il. Il faut dire que l’annulation est prononcée en raison d’une épidémie de grande ampleur. Ce n’est pas comme s’il s’agissait de manquements ou d’une mauvaise organisation. Certains acteurs tentent toutefois de se faire rembourser les frais engagés. Selon Euronews, le manque à gagner est très important à Barcelone. Le média parle de quatre millions d’euros que les chauffeurs de taxis catalans ne gagneront pas, avec une réduction de 30 à 40% de leur volume de travail durant ces cinq jours. Aussi, le président d’une association réunissant des acteurs du secteur de la viande affirme à Euronews que bon nombre de fournisseurs seront incapables de vendre la viande qui était destinée au congrès. «Ils estiment qu’entre 20 et 25% devront être jetés.»

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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